Européennes: entre espoir et frustration, les militants de Benoît Hamon espèrent une surprise
"J'ai l'impression qu'on va passer le bac": à quelques heures du scrutin européen, militants et sympathisants bretons de la liste...

Européennes: entre espoir et frustration, les militants de Benoît Hamon espèrent une surprise

"J'ai l'impression qu'on va passer le bac": à quelques heures du scrutin européen, militants et sympathisants bretons de la liste...
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Par Laurent GESLIN

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"J'ai l'impression qu'on va passer le bac": à quelques heures du scrutin européen, militants et sympathisants bretons de la liste Génération.s de Benoît Hamon réunis vendredi à Rennes espéraient qu'une surprise aurait lieu dimanche en rêvant d'un score supérieur 5%.

Militants, sympathisants ou simples électeurs, ils étaient 500 à être venus des quatre coins de la Bretagne pour soutenir Benoît Hamon pour ce dernier meeting.

Sur les visages, des mines réjouies. "Comment sont les militants ? Ils sont à fond! Dans les voitures ça sent encore la colle, parce qu'on colle tous les jours jusqu'à minuit", déclare Louis, 71 ans, un militant venu de Lorient.

Le sondage Ipsos publié jeudi, qui crédite la liste Génération.s de 2,5 à 3% des suffrages, est dans toutes les têtes et les militants regrettent les débats de cette campagne européenne qui ont tourné à l'affrontement entre La République en marche et le Rassemblement national.

"On n'allume plus la télé. Regarder Macron sur les réseaux sociaux qui va intervenir avec des jeunes? Pourquoi tout serait terminé pour nous et lui il a tous les droits ?", s'interroge Claudine, 65 ans de Lorient également.

A l'image des autres militants interrogés par l'AFP, cette retraitée de la fonction publique hospitalière, ancien membre du PS, espère que la liste Génération.s franchira le seuil des 5% pour faire son entrée au Parlement européen et former un groupe parlementaire "Printemps européen".

Pour elle, Benoît Hamon, c'est cet homme "honnête et clair qui n'a pas dévié" depuis la présidentielle", qui a su parler de maltraitance dans les Ehpad.

- tordre le cou aux sondages -

Tous partagent cet crainte de l'échec, dont Benoît Hamon a dit qu'il tirerait les conséquences s'il a lieu. ll a annoncé vendredi soir qu'il s'attellerait dès lundi à "préparer l'unité de la gauche" dans la perspective de la présidentielle de 2022.

"J'ai l'impression qu'on nous demande de passer le Bac", confie sur le ton de la boutade Fanny, 46 ans, venue de Vannes. "Evidemment on est plein d'espoir", souligne cette femme investie depuis plus d'un an dans la campagne, qui a fait beaucoup de "boîtage", de tractage, animé des café-débats dans sa ville.

"Il y a une frustration. La campagne a démarré très tard. On était déjà sur les starting blocks, quand il y a eu le bilan du grand débat, et il faut dire qu'on n'a que très peu de temps de parole", regrette-t-elle.

Assis dans la salle, Arnaud Chavagne n'exclut pas que les résultats du scrutin tordent le cou aux sondages. "On se doute bien qu'on ne va pas arriver en tête, mais il peut y avoir une surprise", dit cet homme de 40 ans séduit par le programme social de Hamon, le revenu universel, sa proposition de taxer les robots qui détruisent de l'emploi.

Pour ce sympathisant, élu de l'agglomération rennaise, qui voté Hollande et "sait ce que cela fait d'être trahi", le mouvement gagne encore à être connu. "Le parti socialiste n'est pas Benoît Hamon et Benoît Hamon n'est pas le parti socialiste", résume-t-il. "Il y a encore peut-être un peu de confusion dans les têtes des gens, avec 34 listes, pour qu'ils puissent s'y retrouver dans tout ça".

Acclamé par les militants à son arrivée dans la salle, Benoît Hamon a appelé une dernière fois ses électeurs à se mobiliser, sur les réseaux sociaux pour convaincre les abstentionnistes. "Un électeur sur trois qui va voter dimanche se décide là. Les sondages, tout ça ne veut plus rien dire!", a lancé le fondateur de Génération.s.

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