Européennes: Jadot pourfend les « belles paroles » écologiques à Villeurbanne
Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a salué mercredi lors de son premier grand meeting à Villeurbanne (Rhône)...

Européennes: Jadot pourfend les « belles paroles » écologiques à Villeurbanne

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a salué mercredi lors de son premier grand meeting à Villeurbanne (Rhône)...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a salué mercredi lors de son premier grand meeting à Villeurbanne (Rhône) les "écologistes qui combattent", fustigeant a contrario les "belles paroles" de ceux pour qui elle est une "mode".

"Aujourd'hui tout le monde est écolo (...) tant mieux, c'est notre victoire. Nous aimerions tellement que cette musique soit vraie !", a lancé le député européen sortant devant environ 700 personnes au Double Mixte.

"Trop de belles paroles, trop peu d'actions. Nous qui sommes ici (...) nous savons que l'écologie n'est pas une mode ou un prétexte. L'écologie c'est une conviction, c'est une cohérence, c'est une détermination de chaque instant !", a clamé M. Jadot.

Alors qu'il s'agit du premier meeting de la campagne --le second ayant lieu à Paris le 22 mai-- beaucoup de chaises sont restées vides au fond de la salle. Cela n'a pas empêché les militants de scander tout au long de la soirée avec enthousiasme le cri des manifestants des marches climat: "On est plus chaud, plus chaud que le climat !".

L'ancien directeur des campagnes de Greenpeace a particulièrement pris pour cible dans son discours la liste de La République en marche, conduite par Nathalie Loiseau, en tandem avec l'ancien eurodéputé EELV Pascal Canfin.

"Ce n'est pas une liste mais un casting sans cohérence ! (...) Cette liste fonctionne comme les lobbies que nous combattons, qui prétendent agir alors qu'ils ne font que fabriquer le doute", a-t-il fustigé, en dénonçant les propos du président de la République sur le chlordécone, ou le double discours, selon lui, de Mme Loiseau sur les traités commerciaux.

M. Jadot a en revanche épargné à la tribune ses concurrents de gauche, Raphaël Glucksmann (PS/Place publique), Benoît Hamon (Générations), ou Manon Aubry (La France insoumise).

- Le soutien de Noël Mamère -

Plus tôt dans la journée, M. Jadot avait lâché ses coups contre la liste conduite par l'essayiste de 39 ans. "Notre chemin n'a jamais varié, on n'a pas été sarkozyste, libéral à une époque, maintenant socialiste", avait-il grincé au cours d'un point presse, visant sans le nommer M. Glucksmann -qui dément avoir été un soutien de Nicolas Sarkozy.

Il avait aussi vertement répliqué sur Twitter à la militante écologiste Claire Nouvian, engagée auprès de M. Glucksmann, après qu'elle eut comparé EELV à une "petite chapelle" incapable de "bousculer le jeu politique".

Des propos qui ont également provoqué l'ire de l'eurodéputée sortante Eva Joly. "Les campagnes électorales n'autorisent pas toutes les bassesses ou tous les mensonges (...) Les néoconvertis socialistes sont du même parti qu'Hubert Védrine et Pierre Moscovici, c'est-à-dire ceux qui n'ont rien fait lorsqu'ils pouvaient agir, que ce soit sur le génocide (ou Rwanda) ou sur la crise bancaire", a-t-elle torpillé mercredi soir à Villeurbanne.

L'ancienne magistrate avait entamé son discours sur un ton plus doux, invitant Marie Toussaint, numéro quatre de la liste, à prendre sa suite. "je luis dis, Marie, à toi de reprendre le flambeau, c'est ton tour, c'est votre tour", a-t-elle lancé à la jeune juriste, présidente de l'ONG Notre Affaire à tous qui a formé un recours contre l'État pour "inaction climatique".

A la tribune, lanceurs d'alerte et acteurs associatifs se sont succédé en début de soirée pour interpeller les candidats de la liste EELV, une manière selon le M. Loyal de la soirée, Julien Bayou, de montrer le lien entre ces écologistes de terrain et ceux qui les représenteront au Parlement européen. Le lanceur d'alerte Paul François a ainsi témoigné de son douloureux combat judiciaire contre Monsanto, et l'épidémiologiste Emmanuelle Amar de ses efforts pour éclairer le scandale des "bébés sans bras"

Surprise de la soirée, l'ancien candidat à la présidentielle Noël Mamère, qui avait accompagné le lancement de Générations, le parti de M. Hamon, a apporté son soutien à la liste EELV dans une vidéo. "Dans la mesure où toutes les tentatives de rassemblement ont échoué, je ne peux que soutenir ma famille politique quels que soient les reproches que je continue de lui adresser", a-t-il expliqué par SMS à l'AFP.

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