Européennes: Jadot pourfend les « belles paroles » écologiques à Villeurbanne
Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a salué mercredi lors de son premier grand meeting à Villeurbanne (Rhône)...

Européennes: Jadot pourfend les « belles paroles » écologiques à Villeurbanne

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a salué mercredi lors de son premier grand meeting à Villeurbanne (Rhône)...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes, a salué mercredi lors de son premier grand meeting à Villeurbanne (Rhône) les "écologistes qui combattent", fustigeant a contrario les "belles paroles" de ceux pour qui elle est une "mode".

"Aujourd'hui tout le monde est écolo (...) tant mieux, c'est notre victoire. Nous aimerions tellement que cette musique soit vraie !", a lancé le député européen sortant devant environ 700 personnes au Double Mixte.

"Trop de belles paroles, trop peu d'actions. Nous qui sommes ici (...) nous savons que l'écologie n'est pas une mode ou un prétexte. L'écologie c'est une conviction, c'est une cohérence, c'est une détermination de chaque instant !", a clamé M. Jadot.

Alors qu'il s'agit du premier meeting de la campagne --le second ayant lieu à Paris le 22 mai-- beaucoup de chaises sont restées vides au fond de la salle. Cela n'a pas empêché les militants de scander tout au long de la soirée avec enthousiasme le cri des manifestants des marches climat: "On est plus chaud, plus chaud que le climat !".

L'ancien directeur des campagnes de Greenpeace a particulièrement pris pour cible dans son discours la liste de La République en marche, conduite par Nathalie Loiseau, en tandem avec l'ancien eurodéputé EELV Pascal Canfin.

"Ce n'est pas une liste mais un casting sans cohérence ! (...) Cette liste fonctionne comme les lobbies que nous combattons, qui prétendent agir alors qu'ils ne font que fabriquer le doute", a-t-il fustigé, en dénonçant les propos du président de la République sur le chlordécone, ou le double discours, selon lui, de Mme Loiseau sur les traités commerciaux.

M. Jadot a en revanche épargné à la tribune ses concurrents de gauche, Raphaël Glucksmann (PS/Place publique), Benoît Hamon (Générations), ou Manon Aubry (La France insoumise).

- Le soutien de Noël Mamère -

Plus tôt dans la journée, M. Jadot avait lâché ses coups contre la liste conduite par l'essayiste de 39 ans. "Notre chemin n'a jamais varié, on n'a pas été sarkozyste, libéral à une époque, maintenant socialiste", avait-il grincé au cours d'un point presse, visant sans le nommer M. Glucksmann -qui dément avoir été un soutien de Nicolas Sarkozy.

Il avait aussi vertement répliqué sur Twitter à la militante écologiste Claire Nouvian, engagée auprès de M. Glucksmann, après qu'elle eut comparé EELV à une "petite chapelle" incapable de "bousculer le jeu politique".

Des propos qui ont également provoqué l'ire de l'eurodéputée sortante Eva Joly. "Les campagnes électorales n'autorisent pas toutes les bassesses ou tous les mensonges (...) Les néoconvertis socialistes sont du même parti qu'Hubert Védrine et Pierre Moscovici, c'est-à-dire ceux qui n'ont rien fait lorsqu'ils pouvaient agir, que ce soit sur le génocide (ou Rwanda) ou sur la crise bancaire", a-t-elle torpillé mercredi soir à Villeurbanne.

L'ancienne magistrate avait entamé son discours sur un ton plus doux, invitant Marie Toussaint, numéro quatre de la liste, à prendre sa suite. "je luis dis, Marie, à toi de reprendre le flambeau, c'est ton tour, c'est votre tour", a-t-elle lancé à la jeune juriste, présidente de l'ONG Notre Affaire à tous qui a formé un recours contre l'État pour "inaction climatique".

A la tribune, lanceurs d'alerte et acteurs associatifs se sont succédé en début de soirée pour interpeller les candidats de la liste EELV, une manière selon le M. Loyal de la soirée, Julien Bayou, de montrer le lien entre ces écologistes de terrain et ceux qui les représenteront au Parlement européen. Le lanceur d'alerte Paul François a ainsi témoigné de son douloureux combat judiciaire contre Monsanto, et l'épidémiologiste Emmanuelle Amar de ses efforts pour éclairer le scandale des "bébés sans bras"

Surprise de la soirée, l'ancien candidat à la présidentielle Noël Mamère, qui avait accompagné le lancement de Générations, le parti de M. Hamon, a apporté son soutien à la liste EELV dans une vidéo. "Dans la mesure où toutes les tentatives de rassemblement ont échoué, je ne peux que soutenir ma famille politique quels que soient les reproches que je continue de lui adresser", a-t-il expliqué par SMS à l'AFP.

Partager cet article

Dans la même thématique

Européennes: Jadot pourfend les « belles paroles » écologiques à Villeurbanne
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
9min

Politique

Sénatoriales : après les municipales, le groupe LR pourrait « perdre de 3 à 5 sièges », face à la poussée du RN

Les municipales permettent déjà de faire des projections sur les sénatoriales de septembre 2026. Sur le papier, les LR craignent de perdre 3 à 5 sièges, mais le scrutin de 2029 s’annonce meilleur. Au groupe centriste, son président Hervé Marseille mise sur une « forme de stabilité ». Globalement, le sénateur LR Roger Karoutchi assure qu’« il n’y a pas de risque sur la majorité sénatoriale », qui restera « très large ».

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
4min

Politique

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 

Le