Européennes: le PS se lance… et se déchire déjà sur l’hypothèse Moscovici
Le PS a lancé samedi son "chantier" sur la question européenne, devant lui permettre d'aboutir à un projet à l'automne, un...

Européennes: le PS se lance… et se déchire déjà sur l’hypothèse Moscovici

Le PS a lancé samedi son "chantier" sur la question européenne, devant lui permettre d'aboutir à un projet à l'automne, un...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le PS a lancé samedi son "chantier" sur la question européenne, devant lui permettre d'aboutir à un projet à l'automne, un préalable selon Olivier Faure à la question des candidatures, ce qui n'empêche pas de premières divisions sur l'hypothèse Pierre Moscovici.

Deux mois après son investiture à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le premier secrétaire a donné le coup d'envoi de ce chantier inaugural, qui, au terme d'une grande consultation citoyenne, doit déboucher mi-octobre sur un vote ouvert à tous les Français sur le projet que portera le PS.

Ce chantier sera coprésidé par les députés européens Christine Revault d'Allones et Emmanuel Maurel, représentants de l'aile gauche du parti. Les députés Boris Vallaud et Marietta Karamanli seront co-rapporteurs.

"Nous inaugurons une méthode radicalement nouvelle, avec cette co-présidence. On nous demande de travailler ensemble, c'est ce que nous faisons", s'est félicité auprès de la presse Boris Vallaud. La blessure est en effet restée profonde, depuis le référendum sur la Constitution européenne de 2005, entre les tenants du "oui" et ceux du "non".

La question des candidatures ne pourra être envisagée qu'à l'issue de ce processus, selon M. Faure. "Je suis de ceux qui pensent qu'il faut procéder par étapes. Avant de savoir qui, il faut savoir quoi. La question c'est comment on fait coïncider un objectif politique avec une incarnation humaine", explique-t-il.

- Quelle alternative ? -

Malgré ce point de méthode, le Landerneau socialiste se déchire depuis le congrès d'Aubervilliers sur l'hypothèse de la candidature du commissaire européen Pierre Moscovici.

L'ancien ministre de l'Economie et des Finances, qui cherche à convaincre les sociaux-démocrates européens de le désigner "Spitzenkandidat" pour briguer la présidence de la commission européenne, y avait prononcé un discours quasiment programmatique, en invitant ses camarades à s'engager sur la voie de l'"eurosocialisme", "celle d'un socialisme vraiment européen et vraiment de gauche".

L'aile gauche du PS a aussitôt pris ses distances, faisant de cette candidature un casus belli. Et le corps central du PS ne se montre pas vraiment plus enthousiaste.

Si l'ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis défend en privé cette solution, soutenant que le PS doit adopter une ligne très pro-européenne pour récupérer l'électorat social-démocrate déçu par Emmanuel Macron, plusieurs ténors expriment des réticences, tels l'ancien secrétaire d'Etat Christian Eckert, ou plus récemment Michel Sapin.

"Je pense qu'il n'y a que lui qui y croit vraiment. Tout le problème pour le PS est de trouver quelqu'un à la fois extrêmement européen et qui ne soit pas une provocation pour l'aile la plus eurosceptique du parti. Ce n'est pas tout à fait son cas", a-t-il déclaré à Challenges.

Ancien secrétaire national du PS, Luc Broussy a pris samedi la plume pour défendre la candidature de M. Moscovici, fustigeant sur Facebook un "ridicule et contre-productif Mosco-bashing", d'autant qu'il n'existe guère d'"alternative".

"Tous les noms y passent pour à chaque fois conclure que ces scénarios ne sont pas possibles (Taubira, Aubry, Vallaud-Belkacem) ou ne sont pas souhaitables (Eckert)", ironise-t-il.

Une autre hypothèse a récemment émergé, celle d'une candidature d'Olivier Faure lui-même -un piège pour mieux faire porter le chapeau de la défaite au nouveau patron du parti, selon un ancien député. L'intéressé a de toute façon écarté cette solution.

Que pense-t-il de la candidature de M. Moscovici ? Difficile de le savoir, même si certains comme Marie-Noëlle Lienemann sont convaincus qu'il y est opposé.

Quand on lui a demandé le 27 mai, au Grand Jury, si M. Moscovici était un "bon candidat", il a répondu qu'il "fai(sait) partie des candidats qui existent". "Franchement ce n'est pas comme ça que je veux procéder et je conseillerais à chacun de rester très mesuré dans ses ambitions", a-t-il ajouté.

Contacté par l'AFP, M. Moscovici a souligné qu'il n'était "pas candidat" -en tout cas "à ce stade". "Je suis totalement consacré sur ma tâche (...) J'apprécie les marques d'estime ou de soutien, je regrette les réactions bêtement hostiles ou déplacées, mais tout commentaire à ce sujet est virtuel ou prématuré", a-t-il affirmé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le

L’Assemblée nationale valide la suspension de la réforme des retraites
4min

Politique

Travail le 1er mai : après son rejet à l’Assemblée, le texte file en commission mixte paritaire où députés et sénateurs devront s’accorder

Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.

Le