Européennes: les partenaires de LREM jouent des coudes pour placer leurs candidats
Soixante-dix neuf places, une vingtaine d'éligibles et beaucoup d'amis à satisfaire: l'équation de la "liste centrale" autour de...

Européennes: les partenaires de LREM jouent des coudes pour placer leurs candidats

Soixante-dix neuf places, une vingtaine d'éligibles et beaucoup d'amis à satisfaire: l'équation de la "liste centrale" autour de...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

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Soixante-dix neuf places, une vingtaine d'éligibles et beaucoup d'amis à satisfaire: l'équation de la "liste centrale" autour de La République en Marche pour les Européennes tourne au casse-tête pour la majorité, qui doit négocier avec des partenaires politiques décidés à placer un maximum de leurs troupes.

Théorisée par Emmanuel Macron, approuvée par Alain Juppé, la "vaste liste centrale" pro-Europe autour de la Macronie - qui cherche toujours sa tête de liste - doit agréger le MoDem de François Bayrou, le parti de centre droit Agir, fondé par d'ex-LR, et le Mouvement radical.

"L'équation, elle est simple: sur 79 places, 50 vont à LREM, 29 aux autres. Et sur ces 29, le MoDem en prend 50%, soit une quinzaine de sièges", résume un cadre d'Agir.

Mais en étant crédité de 24% des suffrages, selon un sondage Ifop-Fiducial paru mardi, la liste centrale peut tabler sur environ une vingtaine de sièges éligibles.

"Si on a quatre places MoDem éligibles, c'est bien", résume un député du Mouvement démocrate, qui évoque la sortante Nathalie Griesbeck ou Sylvie Brunet, membre du Conseil économique, social et environnemental.

"Pour l'instant, nos instances n'ont pas présenté ou validé de candidatures", rappelle François Bayrou.

Chez Agir, parti présidé par le ministre de la Culture Franck Riester, les négociations avec LREM s'annoncent également serrées.

La formation de centre droit a annoncé mercredi avoir sélectionné quatre premiers candidats. Il s'agit, "dans l'ordre", de la juppéiste Fabienne Keller, l'élu nantais Xavier Fournier, la sortante Elisabeth Morin-Chartier - une proche de Jean-Pierre Raffarin - et Nicolas Barnier, le fils de Michel Barnier.

L'autre eurodéputée sortante, Tokia Saïfi, avait pour sa part annoncé la semaine dernière qu'elle ne se représentait pas.

"Mais on ne peut prétendre à briguer que deux places éligibles", reconnaît une source du parti, qui "espère une troisième place sur la liste, non-éligible, mais qui pourrait finir par siéger à la suite de démissions."

- Quota de juppéistes -

Agir, qui compte neuf députés au Palais-Bourbon, tous ex-LR, craint par ailleurs que sa quote-part de candidats sur la liste aux Européennes soit obérée par "les juppéistes" que LREM entend également faire figurer en bonne place.

En ligne de mire: Gilles Boyer, conseiller d'Édouard Philippe après avoir été directeur de la campagne d'Alain Juppé à la primaire de 2016, et qui rêve de l'hémicycle de Strasbourg. "L'une de nos angoisses, c'est qu'on se fasse avoir et qu'on nous dise: +Vous n'avez qu'à la prendre sur votre quota+", résume un ponte d'Agir.

L'hypothèse Maël de Calan, candidat malheureux à la présidence de LR en 2017 contre Laurent Wauquiez et proche de Valérie Pécresse, semble en revanche être caduque après avoir été longuement évoquée.

Au Mouvement radical, issu de la réunification des Valoisiens et du PRG, qui doit entériner sa participation à liste centrale lors d'un congrès le 9 mars, on négocie pour trois noms éligibles: le sortant Dominique Riquet, la Valoisienne Olga Johnson, élue parisienne, et Mélanie Fortier, une conseillère régionale du Centre-Val-de-Loire issue du PRG. En désaccord, l'ancienne présidente du PRG Sylvia Pinel a annoncé qu'elle retournait dans sa formation d'origine.

Enfin, l'Union des démocrates écologistes (UDE, classé au centre gauche) a lui-aussi "entamé une grosse réflexion pour participer à un rassemblement", explique son secrétaire général, Christophe Madrolle. Avec une candidature sur la liste centrale? "C'est possible, à condition que ça s'accompagne par la création d'un pôle écolo dans la majorité", poursuit-il.

Reste une inconnue: la tête de liste. Si personne n'avance un nom, d'aucuns sortent leur veto. "Jean-Yves Le Drian, c'est non: trop à gauche!", met en garde Agir. Qui pousse pour que la première place revienne à l'un des autres noms qui circulent dans la macronie, celui de la ministre de l'Europe, Nathalie Loiseau: encore une proche d'Alain Juppé.

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