Examen de passage au Sénat du projet de loi école de Blanquer
Le Sénat à majorité de droite a entamé mardi l'examen en première lecture du projet de loi "pour une école de la confiance",...

Examen de passage au Sénat du projet de loi école de Blanquer

Le Sénat à majorité de droite a entamé mardi l'examen en première lecture du projet de loi "pour une école de la confiance",...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

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Le Sénat à majorité de droite a entamé mardi l'examen en première lecture du projet de loi "pour une école de la confiance", défendu par Jean-Michel Blanquer comme "profondément social", mais dont plusieurs mesures rencontrent l'opposition des parents d'élèves, des enseignants ou encore des élus locaux.

Déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, le texte sera au programme des sénateurs toute la semaine, avant un vote solennel mardi prochain.

Sa mesure phare, l'abaissement de six à trois ans de l'âge de l'instruction obligatoire, qui traduit un engagement d'Emmanuel Macron et dont la portée est essentiellement symbolique, fait globalement consensus.

"Il est important de faire de l'école maternelle une véritable école", a affirmé le ministre de l'Education nationale. "C'est là qu'il est possible d'attaquer les inégalités à la racine".

D'autres points font polémique, comme l'article premier qui fixe un devoir d’exemplarité des enseignants, ou encore la création, par voie d'amendement à l'Assemblée, des établissements "des savoirs fondamentaux".

Cette loi "est d'abord et avant tout une loi profondément sociale", a souligné le ministre. Elle crée "les conditions de l'existence d'une véritable ascension sociale par l'éducation".

Mais les sénateurs de droite comme de gauche ont fustigé "un manque de concertation, de dialogue".

"L'école méritait mieux", a jugé le rapporteur LR Max Brisson, réaffirmant la "ferme résolution" de la majorité sénatoriale "d'améliorer ce texte".

- L'"exemplarité" validée -

Le groupe CRCE à majorité communiste a défendu sans succès une motion tendant à son rejet en bloc, Pierre Ouzoulias réclamant au gouvernement de "donner le temps de préparer ensemble, avec tous les acteurs de l'éducation, la grande loi dont l'école de la République a besoin".

Une petite centaine de personnes se sont rassemblées devant le Sénat dans l'après-midi, à l’appel de plusieurs syndicats comme le Snuipp-FSU Paris (premier syndicat du primaire), FO, Sud, la CGT ou la FCPE Paris (fédération de parents d’élèves).

"Il y a aujourd’hui une vraie défiance", a déclaré à l’AFP Jérôme Lambert (Snuipp-FSU), pour qui l'objectif est d'"obtenir l’abandon d’une loi Blanquer qui vise à mettre au pas le système éducatif".

Le ministre a souhaité que les débats au Sénat puissent "permettre de rectifier certaines erreurs", voire "mensonges" qui ont circulé.

L'occasion lui en a été donnée dès l'examen de l'article 1, dans lequel les syndicats voient une perte de la liberté d'expression du professeur.

Malgré une réécriture en commission, des sénateurs CRCE, PS mais aussi LR ont proposé sa suppression, "pour calmer les craintes de la communauté éducative" (Sylvie Robert, PS), pour se concentrer "sur l'essentiel" (Philippe Dallier, LR).

Voulant dissiper "un malentendu", le ministre a lui défendu "un article de respect profond du professeur", soulignant que la rédaction de la commission "apporte une amélioration". Elle indique que "l'exemplarité nourrit le respect qui est dû à l'autorité" de l'enseignant, a dit le rapporteur.

L'article ainsi réécrit a été adopté à main levée.

Un second point a toutes les chances d'être âprement débattu : il instaure la possibilité d'un regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'un nouveau type d'établissement "des savoirs fondamentaux".

La commission a voulu "envoyer un signal fort" en supprimant cette disposition.

Le Sénat examinera néanmoins un amendement du sénateur LR Jacques Grosperrin qui la réintroduit en "donnant de solides garanties aux élus locaux, aux enseignants et aux parents", selon M. Brisson.

"Nous ne saurions accepter de la réintégrer sous une écriture plus habile, mais tout aussi néfaste", a prévenu Marie-Pierre Monier (PS).

Parmi les autres mesures du texte, figurent notamment l'obligation de formation de 16 à 18 ans, une refonte de la formation des professeurs et des dispositions pour les élèves handicapés.

En début de soirée, le Sénat a adopté, contre l'avis du gouvernement et malgré une levée de boucliers à gauche, un amendement du chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, prévoyant la possibilité d'une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l'absentéisme. "Un serpent de mer", a regretté David Assouline (PS).

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