Sauf coup de théâtre, les cinq ministres et responsables "Constructifs" pro-Macron - à commencer par Édouard Philippe -, devraient être finalement exclus mardi du parti Les Républicains, lors d'un nouveau bureau politique, même si certains d'entre eux pourraient déposer un recours contre leur éviction.
Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, le secrétaire d'État à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, le président du groupe UDI-Constructifs à l'Assemblée, Franck Riester, et le député du même groupe, Thierry Solère, sont visés par la procédure.
Subtilité langagière, s'agissant du Premier ministre Edouard Philippe, le bureau politique avait mardi dernier "pris acte" de son "départ".
"C'est une réunion purement formelle. La décision politique a été prise la semaine dernière à une large majorité. Pour des raisons de forme juridique, il faut une décision de pur formalisme administratif", a voulu relativiser mardi matin le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer.
Le député Thierry Solere à Paris le 17 octobre 2017
AFP/Archives
La décision d'exclure avait tourné à l'Arlésienne, ces dernières semaines, avec en point d'orgue la tenue la semaine dernière d'un premier bureau politique qui, faute de quorum, n'avait pu statuer.
Lors de ce deuxième bureau de mardi soir, un nombre minimum de participants n'est plus requis.
Parmi les reproches de Les Républicains aux pro-Macron, "leur ralliement individuel à la majorité présidentielle", à certains d'entre eux, d'avoir "soutenu des candidats contre les candidats" LR aux législatives, ou, à l'instar de M. Darmanin, de s'être présenté sur des listes La République en Marche aux sénatoriales.
"Pas banal, quand même, l'idée qu'un parti de gouvernement, celui de la droite française, exclue le bras-droit de Nicolas Sarkozy à la primaire, Gérald Darmanin, le bras droit d'Alain Juppé, Édouard Philippe, le plus jeune président d'un département de France, Sébastien Lecornu, et moi-même qui ai organisé les primaires", a ironisé mardi Thierry Solère, déplorant une "dérive de la droite française".
- Un nouveau parti ? -
Lors du bureau du 24 octobre, une large majorité des participants s'était prononcés pour l'exclusion. "Ceux qui nourrissent le FN, ce sont ceux qui entretiennent la confusion entre la droite et la gauche", avait notamment fustigé M. Accoyer, tandis que le favori pour prendre la présidence de Les Républicains, Laurent Wauquiez, considérait que "le feuilleton (avait) assez duré".
Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, le 5 juillet 2017 à Paris
AFP/Archives
L'un de ses concurrents à la future élection interne du parti, Maël de Calan, a suggéré mardi une idée médiane : acter que les LR qui sont entrés au gouvernement "ont quitté de facto" le parti, mais faire "une distinction avec les députés constructifs, dont il est "partisan de les garder dans le parti".
Autre reproche des Républicains contre les pro-Macron : avoir annoncé "la création imminente d'un nouveau parti politique, après avoir créé un groupe dissident à l'Assemblée nationale". Allusion à M. Riester, président du groupe "Constructifs" à l'Assemblée, qui avait annoncé la semaine dernière à l'AFP "la création, à court terme, d'un nouveau parti de droite, libéral, social, européen, réformiste et humaniste".
Interrogé mardi matin par l'Opinion.fr, M. Solère s'est montré moins affirmatif. "Il y a une offre politique à offrir", a-t-il dit. "Après est-ce que la forme habituelle d'un parti avec des fédérations, c'est exactement ce que les gens veulent, je ne suis pas certain".
S'ils sont exclus mardi soir, les cinq pro-Macron n'excluent pas de former des recours : "j'ai pas envie de me faire virer comme un malpropre", a indiqué mardi matin Sébastien Lecornu, qui a estimé que "sur le terrain juridique, (Les Républicains) n'ont pas d'argument". "J'ai demandé mon dossier : dedans , il n'y a rien", a-t-il encore affirmé.
"Le but, c'est de les emmerder", s'est montré davantage décidé l'un des cinq à l'AFP.
Ironie de l'histoire : la commission de recours compte parmi ses membres deux des futurs exclus, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu.
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