Exclusion ou pas des Macron-compatibles: le feuilleton dure à LR
Exclusion ou pas des Macron-compatibles? Le feuilleton dure chez les Républicains, dont la direction ne devrait pas trancher avant d'avoir...

Exclusion ou pas des Macron-compatibles: le feuilleton dure à LR

Exclusion ou pas des Macron-compatibles? Le feuilleton dure chez les Républicains, dont la direction ne devrait pas trancher avant d'avoir...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK, Paul AUBRIAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Exclusion ou pas des Macron-compatibles? Le feuilleton dure chez les Républicains, dont la direction ne devrait pas trancher avant d'avoir examiné les situations individuelles, notamment celles des ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, qui veulent être entendus par le parti.

LR avait accordé mardi dernier huit jours de délai aux cinq responsables concernés, dont le Premier ministre Edouard Philippe, pour venir s'expliquer. Avant possible mise à la porte, ou plus exactement, "avant que l'on acte leur départ", selon le parti qui refuse de parler d'"exclusion".

Une commission avait été spécialement créée à cet effet lors d'un Bureau politique le 11 juillet dernier, formée des députés Patrick Ollier et Jean Leonetti.

Après des semaines d'embarras chez les Républicains, suite à la nomination d'un des leurs à Matignon et la création du groupe Macron-compatible Les Constructifs à l'Assemblée, le gong était finalement programmé pour retentir le 11 octobre au soir.

Sébastien Lecornu à Paris, le 22 juin 2017
Sébastien Lecornu à Paris, le 22 juin 2017
AFP/Archives

Mais apparemment, aucune décision, dans un sens ou un autre, ne sera prise mercredi, MM. Darmanin (ministre des Comptes publics) et Lecornu (secrétaire d'Etat à l'Ecologie) ayant écrit mardi matin à LR pour demander à être auditionnés par la commission.

"Ils ont attendu le dernier moment pour se manifester", s'exaspère la direction du parti, qui soupçonne les deux ministres de vouloir "faire traîner les choses jusqu'à décembre et l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence de LR, espérant ainsi faire un coup".

Mais "il n'en est pas question, ça n'a que trop duré!", ajoute-t-on de même source. Néanmoins, "on respectera nos statuts, ils seront entendus".

Bernard Accoyer, secrétaire général de LR, a chargé M. Ollier de les recevoir. "Ca ne sera pas avant la semaine prochaine", en raison d'un "agenda chargé", a indiqué à l'AFP le président de la Métropole du Grand Paris.

"Si on m'exclut, je ferai un recours", a affirmé mardi dans La Voix du Nord M. Darmanin, ex-maire de Tourcoing. L'ex-sarkozyste est déterminé à faire entendre sa "voix gaulliste". "Je suis toujours adhérent de LR. Ce sont eux qui devraient partir, pas moi", ajoute le ministre, inscrit sur une liste LREM aux dernières sénatoriales.

- "Des LR plus constructifs" -

"Je vais répondre à cette invitation parce que j'estime que je n'ai pas à partir" de LR, a expliqué de son côté M. Lecornu mardi sur RTL. En entrant au gouvernement, "j'ai préféré servir mon pays à mon parti", a-t-il ajouté.

Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances (G), et le Premier ministre Edouard Philippe (D) au Sénat, le 6 juillet 2017
Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances (G), et le Premier ministre Edouard Philippe (D) au Sénat, le 6 juillet 2017
AFP/Archives

Sur les cinq personnalités concernées, seul M. Philippe n'a pas répondu à l'invitation. A LR, on se s'attend d'ailleurs pas - on ne semble pas non plus s'en offusquer - à recevoir une demande d'audition de la part du locataire de Matignon, surtout après ses déclarations. "Les questions d'appartenance partisane, ce n'est pas mon sujet. Ce qui m'importe c'est que ça avance, que ça marche", affirmait M. Philippe le 28 septembre sur France 2.

En revanche, Franck Riester, président des députés Constructifs, et Thierry Solère, membre du même groupe, ont accepté de rencontrer M. Leonetti mardi "autour d'un café". La discussion fut "cordiale", selon le premier, "de grande qualité" pour le second. Ce qui n'a pas empêché les deux intéressés de réitérer leurs critiques contre LR.

"J'ai lui ai redit que la ligne politique autoritaire, identitaire, souverainiste, ultra conservatrice proposée par Laurent Wauquiez et mise en œuvre depuis un certain temps par la direction des Républicains est contraire à ma vision de la droite républicaine", a affirmé M. Riester devant la presse.

"Ce qu'on souhaiterait, c'est que l'ensemble des Républicains soient un peu plus constructifs", a affirmé M. Solère à l'AFP, qui réclame "une digue absolue avec l’extrême droite". "Mon objectif, c'est qu'à la fin du quinquennat, ça aille mieux".

Les Républicains organiseront un nouveau Bureau politique fin octobre. Avec une décision définitive à la clef, promet-on.

Partager cet article

Dans la même thématique

Exclusion ou pas des Macron-compatibles: le feuilleton dure à LR
4min

Politique

« Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle » : malgré sa condamnation, Marine Le Pen se lance et se pourvoit en cassation

En dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics, la leader du RN annonce sa candidature à la présidentielle. Elle a décidé de se pourvoir en cassation, ce qui rend suspensif la décision de la Cour d’appel, lui permettant de faire campagne sans bracelet électronique. Assurant former un « couple politique » avec Jordan Bardella, ils mèneront campagne « en binôme ».

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
7min

Politique

Condamnation de Marine Le Pen : une éventuelle candidature à la présidentielle attaquée sous l'angle de l'éthique, à gauche comme à droite

Le délibéré de la Cour d'appel dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN laisse le personnel politique dans l'expectative. Condamnée mais éligible, Marine Le Pen peut, en théorie, être candidate à l'élection présidentielle. À droite comme à gauche, on met en avant la dimension éthique et morale d'une potentielle candidature de Marine Le Pen à la présidentielle.

Le

Marine Le Pen Convicted in National Rally Appeal Trial
4min

Politique

Marine Le Pen peut-elle vraiment faire campagne sous bracelet électronique si elle décide d'être candidate ?

Dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d'appel de Paris a pris en compte « la liberté des candidatures » et « la liberté de choix de l'électeur » en condamnant Marine Le Pen à quinze mois ferme d'inéligibilité. Les juges ont aussi condamné la députée RN à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Une peine qui pourrait être suspendue si Marine Le Pen décidait de se lancer dans la course à la présidentielle.

Le

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques
6min

Politique

« Matignon, we are dans la mouise », réagit le rapporteur général du budget au Sénat à l’issue du comité d’alerte des finances publiques

Le sénateur (LR) Jean-François Husson ressort mécontent d’une réunion sur les perspectives des finances publiques, à laquelle a participé le gouvernement, des parlementaires, des représentants des collectivités locales ou encore de la Sécurité sociale. « Beaucoup de communication et très peu d’action », déplore le sénateur. Bercy annonce des mesures supplémentaires de freinage de la dépense, à hauteur de 3 milliards d’euros.

Le