« J’ose espérer que ce qu’on me montre, c’est les pires horreurs… » Auditionnée au Sénat, la ministre de la Transition écologique et solidaire veut revoir les règles d’implantation des parcs éoliens pour éviter toute « saturation visuelle » ou « phénomène d’encerclement ».
Face au « développement anarchique de l’éolien », Elisabeth Borne veut « changer les règles »
« J’ose espérer que ce qu’on me montre, c’est les pires horreurs… » Auditionnée au Sénat, la ministre de la Transition écologique et solidaire veut revoir les règles d’implantation des parcs éoliens pour éviter toute « saturation visuelle » ou « phénomène d’encerclement ».
Par Public Sénat
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Au moment où la France arrête un premier réacteur nucléaire à la centrale de Fessenheim, le gouvernement veut mieux encadrer le développement de l’éolien. C’est l’idée qu’a soutenue mercredi 18 février la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, auditionnée par la commission des affaires économiques du Sénat sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).
« C’est vraiment un énorme sujet »
Répondant à une question de la sénatrice UDI (groupe Union centriste) de Côte-d’Or, Anne-Catherine Loisier, Elisabeth Borne s’est montrée particulièrement critique sur les installations d’éoliennes en France. « Je partage ce que vous avez dit sur le développement anarchique de l’éolien. C’est vraiment un énorme sujet. Je l’ai dit aux acteurs de la filière » a lancé la ministre (voir la vidéo).
La ministre de la Transition écologique et solidaire ne cache son étonnement face à la situation existante. « J’ose espérer que ce qu’on me montre, c’est les pires horreurs… Et j’ai demandé à mes services de me montrer des endroits où ça se passe bien, mais il y a vraiment des implantations de parcs éoliens en co-visibilité avec des monuments historiques. Je ne comprends même pas comment on a pu arriver à ces situations. On a des territoires où on a une dispersion de petits parcs de tailles et de formes variables, qui donnent une saturation visuelle voire un phénomène d’encerclement autour de certains bourgs, qui est absolument insupportable » dénonce la ministre. C’est à se demander ce que fait le gouvernement depuis 2017.
« Définir des zones propices et d’autres qui ne le sont pas »
L’exécutif compte justement agir pour éviter de reproduire ce genre de chose. « On est en train de travailler avec les élus concernés, au premier rang desquels le président de la région Haut-de-France, qui a une part très importante du potentiel actuel d’éolien, pour changer les règles, s’assurer de définir des zones propices et d’autres qui ne le sont pas, avoir un guichet unique par département, avoir des mécanismes qui nous amènent à des répartitions plus équilibrées sur le territoire. Effectivement, en ex-Aquitaine, il n’y a pas d’éolien et dans les Deux-Sèvres, il y en a sensiblement plus. Et on doit réfléchir à un mécanisme qui fait que les porteurs de projet ne vont pas systématiquement dans les zones où il y a déjà beaucoup d’éolien » soutient Elisabeth Borne.
Répartition de l'éolien selon les régions (document PPE)
Si ces propos peuvent donner l’impression que la ministre souhaite freiner le développement des éoliennes, la programmation pluriannuelle de l'énergie prévoit au contraire leur augmentation. Le gouvernement veut en effet passer de 8.000 mâts en 2018, à un parc de 14.200 à 15.500 éoliennes en 2028, soit plus de 6.000 éoliennes de plus en 10 ans. Mais pour l’exécutif, l’enjeu est l’acceptabilité de l’éolien terrestre.
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