Favoritisme à Las Vegas: Macron « hors de cause » pour Sapin
Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère de l'Economie "sont totalement hors de cause" dans le possible délit de favoritisme concernant l...

Favoritisme à Las Vegas: Macron « hors de cause » pour Sapin

Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère de l'Economie "sont totalement hors de cause" dans le possible délit de favoritisme concernant l...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère de l'Economie "sont totalement hors de cause" dans le possible délit de favoritisme concernant l'organisation d'une soirée à Las Vegas en 2016, évoquée par le Canard Enchaîné, a indiqué mercredi le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin.

"C'est un dysfonctionnement de Business France. Il lui appartenait, si elle considérait que les délais étaient trop courts, de dire qu'elle ne pouvait pas organiser l'événement selon les règles, ce qui n'a pas été fait", ajouté le ministre, dans une réaction transmise à l'AFP.

Dans son édition datée de mercredi, le Canard enchaîné indique que l'Inspection générale des finances (IGF) s'intéresse à un possible délit de favoritisme concernant l'organisation d'une soirée à Las Vegas en 2016, où Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, avait rencontré des entrepreneurs français.

Dans sa déclaration, Michel Sapin reconnaît avoir "naturellement missionné l'IGF" lorsqu'il a été "informé de ces dysfonctionnements".

"Si l'inspection concluait à l'existence d'un non respect des règles, elle devrait saisir la justice mais cette saisine ne concerne en aucun cas Emmanuel Macron, son cabinet ou le ministère", a-t-il toutefois insisté.

Lors de cette soirée, qui s'était tenue le 6 janvier 2016, en plein Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas (Etats-Unis), grand-messe mondiale de l'innovation technologique, Emmanuel Macron avait été ovationné par plus de 500 personnalités et dirigeants de start-up françaises.

"Cette opération de séduction, montée dans l'urgence, à la demande expresse du cabinet du ministre, a été confiée au géant Havas par Business France", organisme de promotion des entreprises françaises à l'étranger, "sans qu'aucun appel d'offres ait été lancé", écrit l'hebdomadaire satirique.

Business France ou certains de ses salariés pourraient ainsi "être incriminés pour +favoritisme+" et Havas France ou ses dirigeants "au titre de la complicité ou du recel", précise le journal, reprenant les conclusions de l'IGF.

Dans un communiqué, Business France a reconnu une possible irrégularité dans le choix du prestataire, organisé dans l'urgence "au vu de l'ampleur constatée de la présence française et étrangère sur le forum", précisant toutefois avoir réagi en conséquence dès qu'elle a eu connaissance de cette situation.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron
AFP

"Il est apparu ultérieurement que, au vu des délais, le choix d'un prestataire capable de prendre en charge l'organisation de l'événement aux US et les actions de communication associées (...) avait été fait selon une procédure pouvant potentiellement être affectée d'irrégularité", écrit l'agence.

"Aussitôt qu'elle en a été informée, la direction générale de Business France a suspendu le règlement des prestations, et fait réaliser un audit par le cabinet EY afin d'évaluer la situation et mettre en place des actions correctives", ajoute le communiqué.

Les conclusions de cet audit, qui a notamment recommandé une "transaction" pour régler les factures dues à Havas, ont été transmises aux ministères de tutelle de Business France, précise l'agence. L'IGF a ensuite confirmé la transaction et son montant, validés en retour à l'unanimité par le conseil d'administration de Business France.

Interrogé sur cette affaire, Emmanuel Macron avait nié mardi soir toute responsabilité dans le choix du prestataire. "Je n'ai pas pris connaissance de cela (...) je ne pense pas que ce soit mon ministère qui ait organisé un événement sans appel d'offres", a-t-il déclaré.

"Mon ministère, lorsque j'étais ministre, a toujours respecté les règles des appels d'offres et des marchés publics", a également assuré le candidat d'En Marche! à la présidentielle.

Interrogé par franceinfo, le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a souhaité mercredi "que le PNF (parquet national financier) se saisisse rapidement" de ce dossier.

"J'aimerais bien que le PNF se saisisse rapidement. Ca va être intéressant de voir si Mme Houlette (procureur financier, ndlr) se précipite pour se saisir de cette affaire ou pas", a déclaré M. Jacob, dont le candidat fait lui-même l'objet d'investigations initiées par le PNF dans le cadre du "Penelopegate".

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le