Femmes en politique: « tout est fait pour que nous culpabilisions », dit Pécresse
Les femmes continuent de souffrir de sexisme en politique et "tout est fait pour que nous culpabilisions", a affirmé la...

Femmes en politique: « tout est fait pour que nous culpabilisions », dit Pécresse

Les femmes continuent de souffrir de sexisme en politique et "tout est fait pour que nous culpabilisions", a affirmé la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Les femmes continuent de souffrir de sexisme en politique et "tout est fait pour que nous culpabilisions", a affirmé la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse dans une interview au Parisien de dimanche, journée internationale des droits des femme.

"On nous attaque d'abord sur notre compétence, avec l'idée que la femme n'est pas au niveau. Puis c'est notre physique, nos vêtements, notre famille" avec des questions comme "Qui s'occupe de vos enfants?", a déploré Mme Pécresse (ex-LR) pour qui "derrière, il y a le mythe de la mauvaise mère".

La présidente du mouvement Libres!, qui avait déjà dénoncé dans un ouvrage paru l'an dernier le sexisme en politique, a évoqué les attaques qui l'ont elle-même visée.

"Lors de ma première campagne régionale, le surnom dont mes adversaires de gauche m'avaient affublée, c'était +la blonde+. Ensuite, ça a été +serre-tête et jupe plissée+. C'est gratuit, méchant, en dessous de la ceinture" a-t-elle raconté, en soulignant n'avoir "quasiment jamais entendu un homme politique être attaqué sur son physique".

Selon elle, les femmes en politique sont "condamnées à avoir une autorité naturelle", et "c'est un leadership beaucoup plus compliqué" car "si un homme crie, c'est qu'il a du caractère (...), que c'est un chef. Une femme qui s'emporte, elle perd ses nerfs, ne tient pas la pression, c'est une hystérique".

Plaidant pour une "solidarité absolue des femmes entre elles" et "leur arrivée à certains postes de pouvoir, qui leur permettront d'influencer l'organisation du travail", Mme Pécresse a distillé quelques conseils aux débutantes en politique, notamment de ne "surtout pas se soucier du regard des autres".

"L'erreur fatale des jeunes femmes qui se lancent en politique, c'est qu'elles lisent ce qui est écrit sur elle", a-t-elle ajouté, alors que les réseaux sociaux "sont faits pour déstabiliser, démoraliser".

"Quand on tapait mon nom sur internet à mes débuts, la première chose qui tombait, c'est +Pécresse nue+ avec des montages ignobles", a-t-elle raconté.

Elle les a aussi invitées à "maîtriser leur voix, ne pas la forcer" quand "les hommes aiment couvrir les voix des femmes". "C'est un bizutage très dur car on a l'impression que personne ne vous écoute", mais il faut plutôt selon elle "baisser de ton, voire chuchoter, quand les types hurlent".

Partager cet article

Dans la même thématique

France Farmers’ Protest Continues in Central Paris
6min

Politique

Colère des agriculteurs : au-delà de la gestion de la mobilisation, le gouvernement attendu au tournant sur le fond

Signature du Mercosur, gestion de la dermatose nodulaire, des normes jugées pénalisantes… La mobilisation des agriculteurs est montée d’un cran ce jeudi. Une centaine de tracteurs ont rejoint Paris et l’Ile-de-France à l’appel de la Coordination rurale, malgré l’interdiction. Ce type de mobilisations spectaculaires met une pression supplémentaire sur le Premier ministre qui annoncera des mesures concrètes vendredi.

Le

Paris: Macron and Attal during a ceremony at the Mont-Valerien memorial
7min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans : la bataille des textes dans la « guéguerre » Attal–Macron

Ce jeudi 8 janvier, le Conseil d’État examine le projet de loi du gouvernement interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et l’usage des téléphones portables dans les lycées. Alors que le gouvernement et la majorité parlementaire défendent des mesures proches, la coexistence de plusieurs textes cristallise une rivalité entre exécutif et Parlement, et rend le calendrier législatif incertain.

Le

Femmes en politique: « tout est fait pour que nous culpabilisions », dit Pécresse
4min

Politique

Groenland : « Donald Trump nous met le couteau sous la gorge », estime Cédric Perrin

Au micro de Public Sénat, Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, estime que les déclarations de Donald Trump sur le Groenland visent à mettre la pression aux Européens, dans un contexte où les Etats-Unis viennent de redéfinir leurs objectifs stratégiques. Par ailleurs, l’élu sera reçu à l’Elysée ce jeudi en fin de journée, alors qu’Emmanuel Macron doit présenter les garanties de sécurité pour l’Ukraine.

Le