Fillon défend l’emploi « réel » de sa femme, et ne renoncera que s’il est mis en examen
François Fillon a fermement démenti jeudi que son épouse Penelope ait bénéficié d'emplois fictifs, une « accusation abjecte », assurant qu'il ne renoncerait à la présidentielle que s'il était mis en examen.

Fillon défend l’emploi « réel » de sa femme, et ne renoncera que s’il est mis en examen

François Fillon a fermement démenti jeudi que son épouse Penelope ait bénéficié d'emplois fictifs, une « accusation abjecte », assurant qu'il ne renoncerait à la présidentielle que s'il était mis en examen.
Public Sénat

Par AFP

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Il n'y a pas le moindre doute, mon épouse a travaillé pour moi comme collaboratrice parlementaire pendant des années », a dit M. Fillon, invité au journal télévisé de TF1.

« Ce travail est réel, je m'en expliquerai évidement avec la justice », a affirmé M. Fillon, alors que les fonctions d'assistante parlementaire de Penelope Fillon suscitent l'étonnement, notamment à l'Assemblée nationale depuis leur révélation mercredi par le Canard Enchaîné.

L'ancien Premier ministre, qui s'est défini comme ayant le « cuir épais » s'est insurgé contre une « accusation abjecte » destinée à « l'abattre en tant que candidat à l'élection présidentielle ».

« La seule chose qui m'empêcherait d'être candidat c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen », a-t-il précisé, comme il l'a « toujours dit ».

Après l'ouverture mercredi d'une enquête notamment pour « détournement de fonds publics » et « abus de biens sociaux », l'avocat de M. Fillon, Me Antonin Lévy, avait remis des documents jeudi après-midi au pôle financier à Paris, afin d'attester de la réalité du travail fourni par Mme Fillon, en tant que collaboratrice parlementaire mais aussi en tant que salariée de la Revue des Deux Mondes.

M. Fillon a décrit sur TF1 le travail accompli par sa femme, qui travaille avec lui « depuis toujours ».

Elle a « corrigé mes discours », « a reçu d'innombrables personnes qui voulaient me voir et que je ne pouvais pas voir », « m'a représenté dans des manifestations et des associations » et fait « la synthèse de la presse », et elle « me faisait remonter les demandes des gens, les évolutions de notre société », a-t-il énuméré.

L'enquête devrait s'accélérer vendredi avec les auditions de la journaliste Christine Kelly, auteure en 2007 d'une biographie de François Fillon, et celle de l'ex-directeur de la Revue des Deux Mondes, Michel Crépu, annoncées par les intéressés.

M. Crépu a enfoncé le clou jeudi soir en affirmant n'avoir jamais eu connaissance d'une mission de « réflexion stratégique informelle » confiée à Mme Fillon en 2012-2013. Il a jugé « totalement extravagante » et « pas plausible » une telle assertion, évoquée dans Le Monde par Marc Ladreit de Lacharrière, le propriétaire de la revue.

Marc Ladreit de Lacharrière « aura l'occasion de s'expliquer » sur un emploi de « conseillère » de Penelope Fillon à la Revue des Deux Mondes, a dit le député de Paris.

- « une cicatrice «  -

A trois mois de la présidentielle, l'affaire est embarrassante pour un candidat qui peinait déjà, depuis sa victoire fin novembre à la primaire de la droite, à trouver le ton de sa campagne.

Un député fillonniste voit déjà dans l'affaire « une cicatrice » que François Fillon « portera ensuite pendant la campagne ». « Il vaut mieux l'avoir maintenant qu'une semaine avant le premier tour », relativise toutefois cet ex-chiraquien.

« Dimanche, tout le monde n'aura que ça en tête », regrette un autre, alors que le candidat doit relancer sa campagne par un grand meeting parisien.

François Fillon a fait de sa probité, face à Nicolas Sarkozy notamment mais aussi à Alain Juppé qui a été condamné par le passé dans une affaire d'emploi fictif, un axe de campagne. Sa phrase « Qui imagine le Général de Gaulle mis en examen? », lui revient désormais comme un boomerang.

A gauche, à trois jours du second tour de la primaire socialiste élargie, Manuel Valls a réclamé « des explications particulièrement claires et rapides » du candidat de la droite. Il est tombé d'accord avec Benoît Hamon lors de leur duel télévisé de mercredi pour interdire l'embauche de proches par des parlementaires.

De son propre aveu, encore à l'automne dernier pendant la campagne de la primaire de la droite, Mme Fillon se disait en retrait des activités de son mari. Elle voulait dire « qu'elle n'était pas en première ligne », a expliqué son mari au JT.

Une proche de François Fillon, la député LR Valérie Boyer, avait cafouillé en tentant de défendre son champion. Elle avait indiqué mercredi à la télévision qu'il lui était arrivé « d'embaucher » et de « rémunérer » un de ses fils comme collaborateur, en ajoutant maladroitement: « mais pour des activités réalisées ».

Partager cet article

Dans la même thématique

NICE: Coronavirus Peur des Gens du Voyage
4min

Politique

Gens du voyage : une proposition de loi pour lutter contre les installations illicites arrive en débat au Sénat

Ce mardi, le Sénat examine la proposition de loi du Sénat visant à lutter contre les installations illicites des gens du voyage a été déposée au Sénat. Elle a pour objectif de revoir le cadre juridique afin d’aider les propriétaires des terrains et les élus « démunis » face aux « agressions » et à « l’impunité qui s’installe ».

Le

Paris : Press conference of the new Year of Jordan Bardella
9min

Politique

Jordan Bardella n’exclut pas des listes « d’union » au second tour des municipales : « Un piège » pour nuire à la droite, mettent en garde les LR

Alors que le président du RN n’exclut pas de « tendre la main » au second tour des municipales, pour faire barrage « à l’extrême gauche », plusieurs LR s’opposent clairement à tout rapprochement avec le parti d’extrême droite. Mais la ligne n’est pas unanime et certains, comme le sénateur LR Etienne Blanc, ne seraient « pas choqués une seconde » par « un désistement de la liste la moins bien placée », y compris en faveur du RN, pour « faire barrage à la gauche ».

Le

Paris : Session of questions to the government at the Senate
7min

Politique

Programmation pluriannuelle de l’énergie : le choix d’un décret par Sébastien Lecornu, passe mal au Sénat

Dans une interview donnée à la presse quotidienne régionale ce week-end, Sébastien Lecornu a tranché sur la forme que prendra la nouvelle feuille de route énergétique de la France. Alors qu’un texte d’origine sénatorial n’a toujours pas terminé son parcours législatif, le Premier ministre annonce la publication d’un décret d’ici la fin de la semaine.

Le

Boulogne: David Lisnard reunion publique
4min

Politique

Mariage sous OQTF : «  Il est indispensable de faire adopter une modification législative », alerte David Lisnard

A un peu plus d’un mois des élections municipales, le président de l’Association des maires de France a adressé un courrier au Premier ministre pour évoquer les « injonctions contradictoires » en matière de mariage pour les personnes sous OQTF. Contraints par le droit de célébrer les mariages, certains maires s’opposant à l’union d’un étranger sur le sol français se retrouvent piégés dans un imbroglio juridique, estime David Lisnard.

Le