Fillon devant les parlementaires et sur le terrain
Après ses "excuses aux Français", François Fillon s'explique mardi face aux parlementaires LR avant de tenter de s'offrir un peu d'air, sur le...

Fillon devant les parlementaires et sur le terrain

Après ses "excuses aux Français", François Fillon s'explique mardi face aux parlementaires LR avant de tenter de s'offrir un peu d'air, sur le...
Public Sénat

Par Guillaume DAUDIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après ses "excuses aux Français", François Fillon s'explique mardi face aux parlementaires LR avant de tenter de s'offrir un peu d'air, sur le terrain, dans une campagne présidentielle quasiment à l'arrêt depuis 15 jours en raison des soupçons d'emplois fictifs de son épouse.

Devant plus de 200 journalistes massés à son siège de campagne à Paris lundi, le candidat de la droite a défendu la "légalité" des pratiques qui lui sont reprochées, l'emploi passé de sa femme Penelope et de deux de ses enfants comme assistants parlementaires à l'Assemblée et au Sénat.

Le vainqueur de la primaire voit sa légitimité remise en cause par l'enquête judiciaire dont il fait l'objet et par ses adversaires. Emmanuel Macron le moque, Marine Le Pen qualifie ses déclarations de "mensonge", Benoît Hamon lui reproche son "déni", Jean-Luc Mélenchon juge que "la droite et la France méritaient mieux".

Laurent Wauquiez à son arrivée au QG de Fillon pour la réunion des parlementaires le 7 février 2017 à Paris
Laurent Wauquiez à son arrivée au QG de Fillon pour la réunion des parlementaires le 7 février 2017 à Paris
AFP

Selon un sondage Harris interactive publié mardi, deux tiers des Français (65%) n'ont pas non plus été convaincus par ses explications.

Mardi matin, ses soutiens les ont en revanche saluées: pour Bruno Retailleau, son coordinateur de campagne, François Fillon "a prouvé qu'il était vraiment le patron"; pour l'ancien ministre Eric Woerth, Fillon "a montré (...) qu'il saura résister" même s'il faudra "des semaines et des semaines pour retisser (...) le lien" avec les Français. Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a salué une candidature "consolidée" et confortée".

En coulisses, pourtant, beaucoup se sont activés pour tenter de se mettre d'accord, en vain pour l'heure, sur une candidature alternative. Nicolas Sarkozy, renvoyé mardi en procès dans l'affaire Bygmalion, ne pourra pas être ce recours.

L'ancien chef de l'État Nicolas Sarkozy à sa sortie du Pôle Financier où il avait été entendu le 16 février 2016 dans le cadre de l'enquête sur le financement illégal de sa campagne électorale
L'ancien chef de l'État Nicolas Sarkozy à sa sortie du Pôle Financier où il avait été entendu le 16 février 2016 dans le cadre de l'enquête sur le financement illégal de sa campagne électorale
AFP/Archives

"Aucune instance n'a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire", a tranché lundi M. Fillon, qui espère avoir remobilisé ses troupes. Pour lui, c'est "une nouvelle campagne qui commence" après cette conférence de presse.

Mardi en fin de matinée, il a réuni les parlementaires LR à son QG. Dans l'Aube dans l'après-midi, il visitera une usine et aura un échange informel avec les salariés, puis discutera avec des entrepreneurs. Le tout accompagné de François Baroin, sénateur-maire de Troyes... cité comme "plan B" potentiel ces derniers jours.

- Questions encore en suspens -

Au même moment, l'équipe Fillon guettera aussi avec anxiété d'éventuelles nouvelles révélations du Canard enchaîné.

Deux semaines de tempête pour François Fillon
Deux semaines de tempête pour François Fillon
AFP

L'hebdomadaire satirique est à l'origine de la tempête politique dans laquelle est empêtré M. Fillon depuis deux semaines: le candidat de la droite, malgré sa victoire écrasante à la primaire fin novembre, est acculé en défense.

Lundi, il a une nouvelle fois évoqué sa "colère froide" et martelé la "légalité" des activités incriminées.

Mais assurant "comprendre" que cela suscitait "l'émotion légitime" des Français, il a fait acte de contrition en présentant ses "excuses" pour cette "erreur": une "collaboration de confiance qui suscite aujourd'hui la défiance".

Pour expliquer son retard à riposter, l'ancien Premier ministre a argué avoir "mis du temps à reconnaître que le ciel (lui) était tombé sur la tête" face au "coup dans l'estomac" des révélations du Canard.

François Fillon lors de sa conférence le 6 février 2017 à Paris
François Fillon lors de sa conférence le 6 février 2017 à Paris
AFP

Difficile d'imaginer pourtant qu'il parviendra mardi sur le terrain à faire comme si de rien n'était. Jeudi déjà, voulant s'éloigner du "microcosme" par une escapade dans les Ardennes, il avait fini par répondre longuement aux accusations.

Et des questions restent en suspens: l'entretien de 2007 de son épouse Penelope, diffusé jeudi dans un reportage d'Envoyé spécial, dans lequel elle dit n'avoir "jamais été réellement son assistante ni quoi que ce soit de ce genre", pèse sur sa version des faits.

M. Fillon n'a pas levé non plus tous les doutes sur l'emploi de sa femme par La Revue des Deux Mondes entre mai 2012 et décembre 2013, qui "n'a rien de fictif" selon Marc Ladreit de Lacharrière, patron de cette revue et ami proche du candidat. Le Monde affirmait lundi que les enquêteurs faisaient un lien entre son élévation au grade de grand'croix de la Légion d'honneur et l'emploi de Mme Fillon.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : suivez le premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : une multitude de candidats mais combien seront-ils réellement sur la ligne de départ ?

À huit mois de l’élection présidentielle, la course à l’Élysée donne l’impression d’une compétition sans limite. Une trentaine de personnalités, déclarées, pressenties ou envisagées, ambitionnent déjà de se présenter. Mais entre les primaires, le financement des campagnes et surtout les 500 parrainages d’élus nécessaires, la liste devrait rapidement se réduire.

Le