Le grand oral lundi de François Fillon, pour s'expliquer sur l'affaire des emplois présumés fictifs de sa femme, n'a pas totalement convaincu mais lui permet de reprendre en main ses troupes et de relancer sa campagne, estiment mardi les éditorialistes.
"Le plaidoyer n’apporte pas de fait nouveau. Le message principal délivré est ailleurs. Il s’adresse à son propre camp: vous pouvez faire ce que vous voulez, je reste", résume Laurent Joffrin, dans Libération.
Cette conférence de presse à son QG de campagne, à Paris, a été "l’occasion de faire un acte d’autorité et de contrition et un appel au pragmatisme politique", note Dedonat Vidal Revel, du Parisien avant d'ajouter : "a-t-il convaincu ? L’histoire le dira".
C'est certes un "Mea culpa, mais en demi-teinte", juge Xavier Brouet, du Républicain Lorrain. "Un mea culpa a minima", relève Hervé Favre, dans la Voix du Nord. "L’ancien Premier ministre n’a pas raté son rendez-vous. Mais on ne peut pas considérer non plus qu’il l’a parfaitement réussi", pense Olivier Pirot, de La Nouvelle République du Centre-Ouest.
Deux semaines de tempête pour François Fillon
AFP
"Faute avouée est à moitié pardonnée, la ficelle paraît un peu grosse pour obtenir un retour en grâce", prévient Jean-Michel Servant, du Midi Libre. "Il est venu. Mais il est loin d’avoir vaincu", estime Yves Harté, dans Sud-Ouest.
Pour Alexis Brézet, du Figaro, François Fillon "a fait la démonstration de sa détermination intacte". Et "désormais, la droite qui se demandait si elle avait encore un chef a sa réponse", assure-t-il.
- 'A l'offensive' -
Et sur ce thème, les éditorialistes se rejoignent pour souligner que François Fillon "est passé à l'offensive" et "a repris en main ses propres troupes". Cela signifie pour eux "la relance de la campagne" du candidat de la droite à l'élection présidentielle.
"L’heure de la riposte a sonné" s'exclame dans l'Alsace, Laurent Bodin pour qui M. Fillon : "a rappelé à l’ordre ses troupes tentées par un plan B." Une "manoeuvre audacieuse", reconnaît Hervé Favre (La Voix du Nord). "Un coup d’éclat", renchérit Didier Rose (Dernières Nouvelles d'Alsace).
"Cette contre-attaque est l’arme ultime pour reprendre les commandes", explique Hervé Chabaud, de l'Union/L'Ardennais.
Il peut désormais "repartir en campagne sur le terrain", affirme Bernard Stéphan, dans la Montagne. "A entendre François Fillon c’est incontestablement une nouvelle campagne électorale qui a commencé ce lundi", relève Nicolas Beytout, pour L'Opinion.
"François Fillon a tiré l’échelle à tous ceux qui rêvaient de grimper aux barreaux pour l’en faire dégringoler", ironise Jean-Louis Hervois, de la Charente Libre.
"Un message fort" qui lui permet maintenant de commencer une "nouvelle campagne", écrit pour sa part, Daniel Muraz, du Courrier Picard.
Une "décision de rester candidat" qui est "un coup de poker", estime cependant Michel Urvoy, dans Ouest-France. Avant d'expliquer en guise de conclusion que: "c’est seulement dans les jours à venir que l’on verra s’il est parvenu à maîtriser l’incendie."
Devant environ 5.000 personnes, Edouard Philippe a réussi son pari de mobiliser pour son premier grand meeting de campagne. Montrant un peu plus de sa personne, le candidat entend « baisser les dépenses » et promet « des efforts justes », tout en récusant l’idée du « sang et de larmes ». Il veut entièrement « repenser » l’école, en donnant plus de liberté aux établissements et en réduisant les grandes vacances.
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Le violent incendie qui a frappé jeudi Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) a entraîné l’évacuation de près de 3 000 personnes et détruit des centaines de bungalows dans plusieurs campings. Si le feu est désormais maîtrisé, les autorités redoutent une saison des incendies particulièrement intense, sur fond de canicule et de sécheresse persistante.