Fin de la visite en Guyane de Macron, prêt à des « aménagements constitutionnels » outre-mer
Emmanuel Macron a achevé samedi sa visite dans une Guyane toujours sous tension, six mois après un large mouvement social, en plaidant pour une ...

Fin de la visite en Guyane de Macron, prêt à des « aménagements constitutionnels » outre-mer

Emmanuel Macron a achevé samedi sa visite dans une Guyane toujours sous tension, six mois après un large mouvement social, en plaidant pour une ...
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Par Cécile AZZARO

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Emmanuel Macron a achevé samedi sa visite dans une Guyane toujours sous tension, six mois après un large mouvement social, en plaidant pour une "nouvelle page" des relations entre Etat et territoires ultramarins, "aménagements constitutionnels" à la clef.

Dans "ce morceau de la République plongé au cœur de l’Amazonie", le chef de l'Etat a, au terme d'une visite de 48 heures, affirmé qu'il voulait en finir avec "une relation asymétrique" faite de "promesses non tenues", "d'engagements budgétaires dont plus personne ne comprend même la logique" et de "milliards accumulés sans qu'on n'explique jamais les délais".

Dans un discours de plus d'une heure à la préfecture de Cayenne pour présenter le lancement des assises d'outre-mer, l'une de ses promesses de campagne, il a promis qu'à l'issue de cet exercice, l'exécutif prendrait, "à l'été prochain", des "décisions fortes".

"Je suis prêt à rouvrir des sujets constitutionnels s'il apparaît pertinent de le faire et que c'est utile. Si La Réunion veut revenir sur l'amendement Virapoullé (qui interdit à l'île l'évolution institutionnelle accordée aux départements français d'Amérique ndlr), je suis prêt à le faire", a assuré Emmanuel Macron.

"Si des territoires considèrent qu'il faut des aménagements constitutionnels, je suis prêt à les porter avec vous", a-t-il ajouté.

Enfin, M. Macron "veut qu'un véhicule législatif unique" fasse "la synthèse de tous ces besoins, de toutes ces adaptations" et "reflète les délégations réglementaires que nous sommes prêts à faire aux collectivités" qui le souhaitent.

Le président français Emmanuel Macron, le 27 octobre à Cayenne
Le président français Emmanuel Macron, le 27 octobre à Cayenne
AFP

Un peu plus tôt, le chef de l'Etat s'était rendu au commissariat de Cayenne qu'il avait renoncé à visiter la veille au soir où il était attendu par 150 manifestants du collectif Pou Lagwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle).

M. Macron a ensuite rejoint la préfecture à pied en déambulant dans les rues et en s'offrant un bain de foule, photos et selfies à l'appui. Il a même eu un échange -cordial- avec l'un des "Grands frères", collectif, non cagoulé, né d'une scission d'avec les "500 frères contre la délinquance.

"Je respecte" ceux qui sont "à visage découvert et s'expriment de manière responsable", "ils portent une voix, celle de la société civile, mais quand cette voix s’agrège à celle de ceux qui portent des cagoules, sont des délinquants ou viennent bousculer l'ordre républicain, cela ne me va pas", a-t-il commenté peu après.

- 'J'ai encore du nez !' -

Vendredi soir, le président de la République avait effectué une visite surprise dans deux quartiers défavorisés, le Rond-point des 100 boîtes aux lettres à Matoury et le quartier de la Crique à Cayenne, surnommé "Chicago", où l'accueil a été bon.

Le président français Emmanuel Macron, le 27 octobre à Cayenne
Le président français Emmanuel Macron, le 27 octobre à Cayenne
AFP

Dans ces lieux où vivent une majorité de clandestins, souvent des jeunes venus d'Haïti, du Surinam, du Brésil ou du Guyana, "je voulais venir voir, parce qu'il fallait expliquer à des jeunes qui disent +on demande des papiers+, qu'on ne peut pas donner des papiers à tout le monde", a expliqué Emmanuel Macron.

Il a insisté sur quelques mesures annoncées vendredi matin pour faire face aux difficultés de ce territoire français d'Amérique du sud de 83.000 km2: immigration clandestine massive, insécurité croissante, défaillances dans les services de santé et le système scolaire, taux de chômage très élevé (23%).

Pour dissuader l'immigration, le gouvernement va aussi réduire à deux mois le versement de l'allocation versée aux demandeurs d'asile et imposer 15 ans de résidence sur le territoire pour avoir accès au RSA, désormais géré par l'Etat et "démonétisé".

Le chef de l'Etat, qui avait prévenu dès son arrivée qu'il n'était "pas le Père Noël", a aussi réaffirmé que l'Etat respecterait son engagement d'investir plus d'un milliard d'euros sur ce territoire grand comme le Portugal, qui cumule difficultés et retards.

"L'intégralité des deux premiers volets" des accords conclus le 21 avril, sous François Hollande, pour mettre fin au vaste mouvement social du printemps "seront appliqués", a-t-il dit.

Au moment de se faire photographier, dans une ambiance très détendue, avec des jeunes, M. Macron a questionné : "Dis donc, il y en a qui ne fument pas que des cigarettes, hein ?". "J'ai encore du nez", a-t-il plaisanté, avant d'ajouter, face aux éclats de rire: "Ca, ça ne va pas vous aider à bien travailler à l'école (...) Il faut le dire aux plus jeunes !"

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