Florian Philippot : « Macron se prend pour le président américain, c’est ridicule »
Le vice-président du Front national et député européen, Florian Philippot, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Selon lui, Emmanuel Macron n’est pas le président jupitérien qu’il dit être.

Florian Philippot : « Macron se prend pour le président américain, c’est ridicule »

Le vice-président du Front national et député européen, Florian Philippot, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Selon lui, Emmanuel Macron n’est pas le président jupitérien qu’il dit être.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ce lundi, à 15 heures, Emmanuel Macron s’exprimera devant le Congrès pour donner le cap de son quinquennat. Un discours qui intervient la veille de la déclaration de politique générale du Premier ministre. De quoi nourrir les allégations d’hyperprésidence, auxquelles Florian Philippot ne souscrit pas : « Macron serait Jupiter s’il avait vraiment des pouvoirs, or là on parle du Président d’une puissance qui ne maîtrise ni ses frontières, ni son budget, ni sa monnaie, ni ses lois, ni totalement sa diplomatie… »

Philippot : « Macron serait Jupiter s’il avait vraiment des pouvoirs »
00:30

En outre, le discours d’Emmanuel Macron devrait se rapprocher du fameux « discours sur l’état de l’Union » prononcé chaque année par le Président américain. Pour Florian Philippot, le chef de l’État «  veut faire un exercice de communication en singeant le Président américain » : « Il parle en anglais dès qu’il peut, il se prend pour le président américain, tout cela est un peu ridicule. » 

Contrairement aux Insoumis et aux parlementaires communistes, les députés FN seront présents cet après-midi à Versailles. « C’est une première, les députés FN veulent voir ce qu’il va dire tout en étant bien conscients des limites fortes de l’exercice »,  justifie le vice-président du Front national.

« LFI ne fait jamais l’analyse jusqu’au bout »

Et à la question de savoir si ce ne serait pas les Insoumis qui constitueraient la principale opposition à l’Assemblée, Florian Philippot assure que non : « La privatisation de Roissy et d’Orly, le gel du point d’indice des fonctionnaires, la hausse de la CSG : la matrice de ces décisions antisociales, antiéconomiques c’est la soumission à Bruxelles et à Berlin, et ça je ne suis pas certain que LFI le dira, LFI ne fait jamais l’analyse jusqu’au bout. » Il rappelle également que « 95% des cadres de la France insoumise ont appelé à voter Macron ».

Philippot : « LFI ne fait jamais l’analyse jusqu’au bout. »
00:46

Le Président pourrait évoquer devant le Congrès l’introduction d’une dose de proportionnelle, qui concernerait 100 députés : « Ce serait vraiment une dose, voire une dosette. Mais c’est mieux que rien je ne vais pas cracher dessus. » Le Front national réclame en effet depuis « des années » la mise en place de la proportionnelle intégrale, avec prime majoritaire. Mais le député européen reste sur ses gardes : « J’espère au moins qu’il dira quelque chose car sinon ce serait des centaines de milliers d’euros jetés par la fenêtre. » L’évènement devrait en effet coûter entre 200 000 et 600 000 euros, si on s’en tient au coût des interventions des prédécesseurs d’Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès.

Philippot sur la proportionnelle : « Ce serait vraiment une dose, voire une dosette. Mais c’est mieux que rien je ne vais pas cracher dessus. »
00:37

Par ailleurs, jeudi dernier, lors de l’inauguration de Station F, l’incubateur géant de Xavier Niel, Emmanuel Macron a lancé qu’ « une  gare c’est un lieu où on croise des gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien ». « La pire des petites phrases de Macron » pour Florian Philippot, qui la juge « indigne » : « C’est le banquier d’affaires qui n’a jamais cessé d’être qui reparle, où chaque homme et femme ne sont qu’une valeur marchande (…) Qu’il s’excuse (…) C’est terrifiant d’imaginer qu’on a ce genre de personnage à la tête de l’État. »

Philippot au sujet de Macron : « C’est terrifiant d’imaginer qu’on a ce genre de personnage à la tête de l’État. »
00:57

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: discussion on the adoption of the special bill at the National Assembly
5min

Politique

Encadrement du temps de parole sur les réseaux sociaux : « Une très mauvaise réponse à une très bonne question » 

A travers une proposition de loi, le député Renaissance Paul Midy souhaite encadrer le temps de parole sur les réseaux sociaux durant les périodes électorales et leur appliquer des règles similaires à celles que respectent les médias audiovisuels. Le texte suscite un certain scepticisme, tant sur le plan juridique que sur le plan technique.

Le

Philippe
7min

Politique

Présidentielle : Edouard Philippe met en place son organigramme pour « élargir au maximum le socle » et dépasser Horizons

Le candidat à la présidentielle réunit les cadres d’Horizons, ce dimanche, à Reims, pour montrer qu’il est prêt, avec la mise en « place d’une architecture de campagne ». Mais il s’agit aussi de « passer à une autre phase » et « ne plus être simplement le candidat Horizons et le président d’Horizons », décrypte un proche, pour mieux s’adresser à l’ensemble des Français, dans la perspective de 2027, mais aussi accueillir de futurs soutiens…

Le

Controles au Poste Frontiere Franco-Italien de Menton
6min

Politique

Pacte européen sur la migration et l’asile : les sénateurs alertent le gouvernement sur le « défi logistique et financier » de sa transposition dans le droit français

A quelques jours de l’examen, au Sénat, du projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration, la commission des affaires européennes a remis plusieurs recommandations, ce jeudi 7 mai. L’occasion pour les élus de rappeler à l’exécutif son insatisfaction sur la méthode employée.

Le