Forces de l’ordre « barbares »: polémique entre Mélenchon et Castaner
Nouvelle polémique entre Jean-Luc Mélenchon et le gouvernement: Christophe Castaner a demandé mercredi au chef de file de LFI de présenter des...

Forces de l’ordre « barbares »: polémique entre Mélenchon et Castaner

Nouvelle polémique entre Jean-Luc Mélenchon et le gouvernement: Christophe Castaner a demandé mercredi au chef de file de LFI de présenter des...
Public Sénat

Par Emmanuel DUPARCQ et Syvlie MALIGORNE

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Nouvelle polémique entre Jean-Luc Mélenchon et le gouvernement: Christophe Castaner a demandé mercredi au chef de file de LFI de présenter des excuses pour avoir qualifié de "barbares" les forces de l'ordre, l'intéressé lui répondant que sa démission "serait plus utile".

Sur des vidéos tournées lors de la manifestation contre la réforme des retraites mardi à Paris, M. Mélenchon discute avec des manifestants affirmant avoir été victimes de violences policières lors de la Marche pour le climat samedi: "Oui, oui, C'est des barbares, soyez prudents, parce qu'ils ne s'arrêtent plus maintenant", leur répond le leader de la France insoumise.

Ces propos ont immédiatement fait réagir des syndicats de policiers, le ministre de l'Intérieur, son secrétaire d'Etat et le préfet de police de Paris.

"Inacceptable insulte à nos forces de l'ordre mobilisées, chaque jour, pour protéger les Français, au péril de leur vie. @JLMelenchon leur doit le respect, et désormais des excuses", a tweeté mercredi Christophe Castaner.

"La seule manif climat au monde réprimée. Un déchaînement de violences disproportionnées", lui a répondu M. Mélenchon, également sur le réseau social. "Après 24 éborgnés, 5 mutilés et 2 morts, @CCastaner doit des excuses aux Français. Sa démission serait plus utile (...)", a-t-il ajouté.

Jean-Luc Mélenchon s'exprime devant la presse le 20 septembre 2019 à Bobigny après avoir comparu devant la justice
Jean-Luc Mélenchon s'exprime devant la presse le 20 septembre 2019 à Bobigny après avoir comparu devant la justice
AFP/Archives

Le député LFI Alexis Corbière s'est insurgé contre cette "nouvelle polémique fabriquée contre Jean-Luc Mélenchon", en insistant sur le côté "privé de la conversation", et qui n'était donc en rien "une déclaration".

Pour sa part, le syndicat de police Alliance a demandé à Christophe Castaner de déposer plainte contre M. Mélenchon, dénonçant des propos "provocateurs, d'intimidation et d'outrage". Même tonalité chez UNSA Police, tandis que Unité SGP Police a annoncé en fin de journée le dépôt d'une plainte contre le leader de LFI.

Alliance a en outre appelé à un rassemblement jeudi à 11H00 devant le siège de LFI à Paris. L'ex-candidat à la présidentielle a aussitôt demandé sur Twitter "la protection de la gendarmerie" et des "gilets jaunes" ont appelé à venir le "soutenir" jeudi.

- "Grave insulte" -

Côté gouvernement et préfecture de police, même condamnation: propos "inqualifiables" selon Laurent Nuñez, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, "portant atteinte à la dignité" des forces de l'ordre selon Didier Lallement, préfet de police de Paris. M. Mélenchon "distille du poison", estime Marc Fesneau, ministre des Relations avec le parlement.

Samedi dernier, la Marche pour le climat a été émaillée de violences et dégradations, et les forces de l'ordre ont utilisé leurs matraques, des gaz lacrymogène, et tiré au lanceur de balle de défense (LBD).

Au total 158 personnes ont été placées en garde à vue, dont une vingtaine déférées dimanche en vue d'éventuelles poursuites, selon le parquet.

Cette polémique intervient quelques jours après le procès très médiatisé du chef de file de LFI pour les incidents ayant émaillé une perquisition au siège de son parti en octobre 2018. Trois mois de prison avec sursis ont été requis contre M. Mélenchon, qui a dénoncé un "procès politique".

Les forces de l'ordre, régulièrement accusées de violences, ont été montrées du doigt pour leurs interventions ces derniers mois, notamment lors des manifestations de "gilets jaunes" qui ont parfois donné lieu à des scènes de dégradations importantes.

Près de 2.500 manifestants "gilets jaunes" ont été blessés depuis le début de ce mouvement social inédit. Certains grièvement, dont 24 éborgnés par des tirs de LBD et cinq qui ont eu la main arrachée, selon des journalistes indépendants et des collectifs de blessés. Beauvau évoque de son côté 1.800 blessés au sein des forces de l'ordre.

LFI et des "gilets jaunes" considèrent par ailleurs les forces de l'ordre responsables de deux décès depuis un an.

Une octogénaire, Zineb Redouane, est morte en décembre 2018 après avoir été touchée par une grenade lacrymogène en marge de manifestations de "gilet jaunes" à Marseille. Steve Maia Caniço, 24 ans, a disparu en juin à Nantes lors d'un concert de la Fête de la musique en bord de Loire où la police est intervenue avec des gaz lacrymogènes. Son corps a été retrouvé dans le fleuve cinq semaines plus tard.

emd-sm-kap-pol/blb/cbn

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