Fragilisé, Bayrou présente sa loi de moralisation de la vie publique
François Bayrou a présenté mercredi en Conseil des ministres sa loi de moralisation de la vie publique, au moment où lui-même est...

Fragilisé, Bayrou présente sa loi de moralisation de la vie publique

François Bayrou a présenté mercredi en Conseil des ministres sa loi de moralisation de la vie publique, au moment où lui-même est...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Bayrou a présenté mercredi en Conseil des ministres sa loi de moralisation de la vie publique, au moment où lui-même est confronté à des soupçons d'emplois fictifs visant des élus MoDem et vient d'être rappelé à l'ordre pour s'être plaint d'une enquête auprès de Radio France.

"Aujourd'hui, la situation est à mon sens totalement pacifiée" entre Édouard Philippe et François Bayrou, a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, pressé de questions sur le "cas Bayrou" lors du compte-rendu du Conseil des ministres. Les deux hommes ont ostensiblement quitté ensemble l'Élysée.

Le garde des Sceaux avait auparavant affirmé qu'il n'a "jamais existé" d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens au sein du MoDem.

Le maire de Pau a aussi à nouveau défendu mercredi sa "liberté de parole" au sein d'un gouvernement particulièrement soucieux de maîtriser sa communication.

"Cela va être le petit caillou dans la sandale", pronostique un élu centriste à propos de M. Bayrou, qui a rang de ministre d’État et qui, contrairement à nombre de ses collègues, bénéficie d'une solide expérience en politique.

Une loi de moralisation était une des principales exigences du maire de Pau pour s'allier au candidat Emmanuel Macron. Promesse tenue par le président. François Bayrou peut même se targuer de porter le premier grand chantier législatif du quinquennat.

L’exécutif prévoit notamment d'interdire l'emploi par des parlementaires de membres de leur famille, de supprimer la "réserve" parlementaire, et d'encadrer les activités de conseil des députés et sénateurs.

Le moment de gloire de celui qui ne s'est jamais privé de pourfendre les transgressions à la morale des politiques se voit cependant terni par l'affaire des assistants parlementaires européens qui secoue son parti.

Qui plus est, la presse le désigne comme le responsable du premier "couac" du gouvernement, après une passe d'armes mardi avec Édouard Philippe.

- 'Un principe absolu' -

Le Premier ministre avait rappelé M. Bayrou, accusé de pressions sur Radio France à propos du traitement médiatique de l'affaire des assistants parlementaires, à son devoir d'"exemplarité" en tant que ministre.

"Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, à des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", avait rétorqué le garde des Sceaux.

Christophe Castaner a estimé mercredi que "toute tentative d'influence" de ministres auprès de médias était "nocive au fonctionnement démocratique", "c'est un principe absolu".

L'allié d'Emmanuel Macron, qui a négocié ferme la place de son mouvement, se trouve sur la sellette à un bien mauvais moment. Le raz-de-marée annoncé de la République en Marche au second tour des législatives dimanche fragilise en effet sérieusement sa position.

Le président du MoDem avait dû se fâcher pour obtenir auprès de REM les investitures qu'il souhaitait, et si 69 candidats MoDem sont encore en course pour le second tour, ils pèseront bien peu au final dans la balance. Emmanuel Macron est assuré de passer haut la main le cap de la majorité absolue (289 élus) avec les seuls candidats labellisés REM.

"Il va y avoir un groupe (MoDem, ndlr) important, c'est la résurgence d'un mouvement très important dans l'histoire politique de la France", s'est rassuré François Bayrou mercredi.

"Je ne cherche pas à être latéral dans la majorité, je cherche à être central dans la majorité, enfin je veux dire le MoDem cherche à être central dans la majorité", a-t-il dit. "L'influence, vous l'avez quand vous êtes en phase avec le président de la République et que vous êtes créatif et entraînant dans la direction que vous avez ensemble défendue devant les Français".

"Il y a une règle qui a été édictée et qui ne dépend pas des ministres, régaliens ou pas. Un ministre ne démissionne que s'il est mis en examen", a rappelé l’Élysée auprès de l'AFP.

"Le président estime que c'est au chef du gouvernement de gérer le gouvernement", a-t-on ajouté de même source.

Partager cet article

Dans la même thématique

Green party leaders attend Stephane Baly campaign rally in Lille
7min

Politique

Municipales 2026 : l’heure est à « l’introspection » chez les écologistes au lendemain de la perte de plusieurs grandes villes  

Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Annecy… les écologistes ont subi de nombreuses pertes aux élections municipales après leur percée de 2020. Le signe d’un parti qui peine, à l’inverse d’il y a six ans, à apparaitre comme une force motrice à gauche, à l’heure où les propositions écologiques locales sont reprises par ses adversaires, y compris à droite.

Le

Gregory Doucet,Municipal and metropolitan elections in Lyon Vote
6min

Politique

Municipales à Lyon : victoire à la Pyrrhus pour les écologistes, qui perdent la Métropole

La victoire de Grégory Doucet à Lyon a médiatiquement éclipsé la défaite des écologistes à la Métropole, alors que celle-ci dispose d’un budget et de compétences bien plus importantes. La droite conduite par Véronique Sarselli dispose d’une majorité confortable, si la coalition formée autour de Jean-Michel Aulas se maintient telle quelle.

Le

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027
7min

Politique

« Un parti déjà solide et bien implanté » : malgré la perte de Nice, Horizons consolide son assise dans les villes et met le cap vers 2027

Le parti fondé par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe à l’automne 2021 a remporté 17 villes de plus de 30 000 habitants aux élections municipales. Sa présence dans la France très urbaine est globalement stable, bien que marquée par la perte brutale de Nice, cinquième ville de France. Grâce à son maillage de petites villes, Horizons revendique une progression territoriale.

Le

Paris : Rachida Dati after the results of the first round of France s  2026 municipal elections of Paris
11min

Politique

« On a fait tout ce qu’il fallait faire pour perdre » : Rachida Dati, anatomie d’une cuisante défaite à Paris

ANALYSE – Rachida Dati a perdu son pari électoral dans la capitale, même si elle reste maire du 7e arrondissement. Entre les effets de bord de la loi PLM, qu'elle a elle-même soutenue, et les tensions locales avec Horizons et Renaissance malgré un passage au gouvernement, retour sur une campagne où la cheffe de file de la droite parisienne, réputée pour son franc-parler et sa détermination, semble avoir fini par se couper d’une partie de son électorat.

Le