Quelques milliers de "gilets jaunes" ont de nouveau manifesté en France pour le 22e samedi consécutif, indifférents aux prochaines annonces du...
France: nouvelles manifestations de « gilets jaunes » avant les annonces de Macron
Quelques milliers de "gilets jaunes" ont de nouveau manifesté en France pour le 22e samedi consécutif, indifférents aux prochaines annonces du...
Par Hugues JEANNAUD avec Arnaud BOUVIER à Paris
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Quelques milliers de "gilets jaunes" ont de nouveau manifesté en France pour le 22e samedi consécutif, indifférents aux prochaines annonces du président Emmanuel Macron, censées mettre un terme à une crise sociale qui dure depuis près de 5 mois.
Le recul de la mobilisation observé la semaine dernière semblait se confirmer, notamment à Paris avec un cortège clairsemé. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, régulièrement contestés par les gilets jaunes, les manifestations rassemblaient 7.500 personnes en France à 14H00, dont 1.300 à Paris.
"Le grand débat, grand blabla", "Macron on n'attend rien de vos annonces", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants dans la capitale, où les forces de l'ordre ont procédé à 15 interpellations et 5.885 contrôles préventifs, selon la préfecture.
A Toulouse (sud-ouest), "capitale" du mouvement ce samedi, la tension est un peu montée entre le cortège et les forces de l'ordre, qui ont lancé gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes pour réduire le périmètre de la manifestation, interdite au centre-ville.
En début d'après-midi, dans le centre, une remorque de chantier et une camionnette ont été incendiées.
"Manifester est un droit fondamental et doit le rester", affirmait une banderole en tête du petit cortège de Bordeaux, autre ville du sud-ouest, où de très nombreux axes menant au centre-ville avaient été bloqués par les forces de l'ordre.
"Résistance!", "Liberté! Liberté de manifester!", scandaient les quelque 1.800 contestataires à Montpellier (sud).
Les manifestations de ce samedi étaient les premières depuis l'entrée en vigueur de la loi anticasseurs, instaurant notamment un délit de dissimulation du visage dans les manifestations.
Jean-Baptiste Reddé, figure familière des manifestations parisiennes connu sous le pseudonyme "Voltuan", brandit une pancarte lors de la manifestation des "gilets jaunes" à Toulouse le 13 avril 2019
AFP
Ce texte a été adopté le mois dernier dans le contexte de violences ayant émaillé les manifestations de "gilets jaunes" depuis le début du mouvement. Début décembre notamment, les images de chaos dans Paris et sur la célèbre avenue des Champs-Elysées avaient fait le tour du monde.
Il a été partiellement censuré par le Conseil constitutionnel, mais il était également dans le collimateur des manifestants parisiens samedi, réclamant l'abrogation intégrale de cette "loi liberticide". La loi "va ouvrir la voie à des dérives de la part de la police", s'est indignée Sophie Tissier, une manifestante dans la capitale, tandis qu'un autre dénonçait un "Etat répressif".
Régulièrement imposées depuis la mi-mars, les interdictions partielles de manifester ont été édictées dans certaines villes. A Paris, les Champs-Elysées sont de nouveau interdits aux manifestants.
- "Pas de seconde chance" -
Les rassemblements interviennent en tour de chauffe d'une nouvelle "grande journée" promise par les "gilets jaunes" le 20 avril, après les annonces attendues d'Emmanuel Macron dans les prochains jours.
Manifestants dans le cortège parisien des "gilets jaunes", le 13 avril 2019
AFP
Après plus de deux mois de consultation nationale, le chef de l'Etat doit en effet annoncer des mesures "puissantes" et "massives", selon l'exécutif, pour tenter d'apaiser le mouvement social, né à l'origine d'un ras-le-bol fiscal. La présidence n'a dévoilé ni la date exacte ni le format de cette prise de parole.
Plusieurs pistes sont évoquées, telles une baisse de l'impôt sur le revenu, une réindexation des petites retraites sur l'inflation, ou encore des réformes plus symboliques comme la suppression ou la réforme de l'ENA, école de formation des élites de l'Etat, la suppression des avantages des anciens présidents et ministres...
Reste à savoir si elles suffiront à sortir de la crise. Le président Macron "n'aura pas de seconde chance", a estimé samedi le président de droite du Sénat, Gérard Larcher, dans un entretien au Figaro.
"Les réponses ne pourront pas être uniquement cosmétiques ou purement institutionnelles. Il lui faudra faire preuve de pédagogie dans ses choix, présenter un calendrier et une méthode. Les Français ont besoin de confiance et de rassemblement, d'un nouveau souffle et pas de +coups+", a-t-il ajouté.
La semaine dernière, "l'acte 21" avait rassemblé 22.300 personnes dans les rues, selon le ministère de l'Intérieur, soit le plus faible chiffre officiel depuis novembre. Sur la page Facebook du "Nombre jaune", les "gilets jaunes" revendiquaient bien plus du triple.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.