France/présidentielle: un piratage massif touche la campagne Macron
A la veille du second tour dimanche entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la présidentielle française a connu un énième...

France/présidentielle: un piratage massif touche la campagne Macron

A la veille du second tour dimanche entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la présidentielle française a connu un énième...
Public Sénat

Par Thibauld MALTERRE

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

A la veille du second tour dimanche entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la présidentielle française a connu un énième rebondissement avec la fuite sur internet de milliers de documents de la campagne du candidat centriste, une "déstabilisation" aussitôt dénoncée par l'ancien ministre.

La révélation de ce piratage massif, "dans la dernière heure de la campagne officielle" (NDLR: la campagne a officiellement pris fin vendredi à 22h00 GMT), "relève manifestement de la déstabilisation démocratique, comme cela s'est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle", a dénoncé En Marche!, le mouvement de M. Macron, dans un communiqué.

Dès leur diffusion, via Twitter, ces documents piratés ont été relayés par l'extrême droite.

"Les #Macronleaks apprendront-ils des choses que le journalisme d'investigation a délibérément tues ? Effrayant, ce naufrage démocratique", a lancé Florian Philippot, le vice-président du Front National, le parti d'extrême droite de Marine Le Pen, juste avant minuit et la clôture de la campagne officielle.

Vendredi soir, ce sont au total 9 Go de documents internes à la campagne d'Emmanuel Macron qui ont été diffusés sur le web, par un internaute baptisé EMLEAKS.

- Parallèle avec Hillary Clinton -

Au total, il y a "des dizaines de milliers d'emails, de photos et de pièces jointes, datant du 24 avril au plus tard" (le lendemain du premier tour de la présidentielle), selon WikiLeaks. Le site fondé par Julian Assange, qui a relayé sur son compte Twitter le lien hypertexte menant à ces documents, a assuré ne pas être à l'origine de cette opération de piratage qu'il a aussitôt baptisée du hashtag #MacronLeaks".

Ces fichiers piratés sont des courriels ou des "documents comptables", tous "légaux", a précisé En Marche! dans son communiqué.

"Ceux qui font circuler ces documents ajoutent à des documents authentiques nombre de faux documents, afin de semer le doute et la désinformation", a affirmé l'équipe de M. Macron, en faisant un parallèle avec le piratage qui avait visé l'équipe de Hillary Clinton, la candidate démocrate à la présidentielle américaine de 2016.

Après enquête sur ce piratage, les agences de renseignement américaines avaient accusé la Russie d'avoir interféré dans la présidentielle des Etats-Unis afin de favoriser le candidat républicain Donald Trump, élu le 8 novembre.

- #MacronLeaks derrière #KohLanta -

En février, les serveurs d'En Marche avaient été coupés durant quelques minutes, à la suite d'attaques venant d'Ukraine selon le mouvement d'Emmanuel Macron. En mars, le mouvement d'Emmanuel Macron avait aussi été la cible de tentatives de hameçonnage ("phishing"), attribuées là à un groupe russe selon l'entreprise japonaise de cybersécurité Trend Micro.

Dans un communiqué aux premières heures samedi, la Commission nationale de contrôle de la campagne présidentielle (CNCCEP) française a recommandé aux médias "de ne pas rendre compte du contenu" de ces documents issus d'une "attaque informatique", rappelant que "la diffusion de fausses informations est susceptible de tomber sous le coup de la loi".

Ce piratage pourrait-il avoir une incidence sur le vote des électeurs français dimanche? Si le hashtag #MacronLeaks était très haut parmi les recherches des internautes dans la nuit de vendredi, il n'était cependant qu'en deuxième position, derrière celui de #KohLanta, une émission de téléréalité mettant en scène des aventuriers sur une île déserte.

Dans les derniers sondages publiés vendredi, avant la clôture de la campagne officielle, Emmanuel Macron était encore largement en tête, avec 61,5 à 63% des voix, contre 37 à 38,5% pour Marine Le Pen.

A deux jours du vote, la participation potentielle reste cependant relativement faible: seules 68% des personnes interrogées se disent certaines d'aller voter.

Avant les révélations sur ce piratage massif visant la campagne de M. Macron, ancien ministre de l'Economie du président socialiste François Hollande, la tension était déjà montée avec l'annonce de l'arrestation dans la nuit de jeudi à vendredi d'un ancien militaire converti à l'islam, à proximité d'une base aérienne militaire, à Evreux, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Paris.

- 'Sécurité maximale' -

Sous surveillance depuis 2014 pour sa radicalisation, l'homme avait prêté allégeance au groupe Etat islamique, selon une clé USB saisie dans son véhicule, où se trouvaient également des drapeaux de l'EI. Un fusil à pompe a aussi été découvert dans un fourré proche.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si le suspect était sur le point de commettre une action violente.

Le 20 avril, trois jours avant le premier tour de la présidentielle, un policier avait été tué sur l'avenue parisienne des Champs-Elysées. L'attaque avait été revendiquée par l'EI, à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait 239 morts dans le pays depuis janvier 2015.

Dimanche les deux candidats voteront dans le nord de la France, M. Macron dans la station balnéaire du Touquet Mme Le Pen dans son fief ouvrier d'Hénin-Beaumont.

Les mesures de sécurité seront renforcées dimanche autour des bureaux de vote, et des dizaines de milliers de policiers et gendarmes mobilisés, a annoncé le ministère de l'Intérieur, qui a promis que le scrutin se tiendra dans "des conditions de sécurité maximales".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Seance questions au gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Travail le 1er mai : une réforme quasi enterrée, que ses défenseurs cherchent à réanimer

Face au risque de censure et sous la pression des syndicats, le gouvernement a repoussé sine die la proposition de loi sénatoriale sur le travail le 1er mai, tout en ouvrant des discussions. Une décision dénoncée par Gabriel Attal chez Renaissance. Côté LR, Bruno Retailleau propose aux présidents de l’Assemblée et du Sénat de convoquer eux-mêmes la commission mixte paritaire, pour relancer le processus parlementaire. Si Gérard Larcher « était prêt à étudier » la question, l’idée serait en « stand by » face aux hésitations de Yaël Braun-Pivet.

Le

France/présidentielle: un piratage massif touche la campagne Macron
3min

Politique

Au nom du « soutien au peuple Vénézuélien », Gérard Larcher reçoit au Sénat la Prix Nobel de la paix et opposante María Corina Machado

Au lendemain de sa rencontre avec Emmanuel Macron, la lauréate du Prix Nobel de la paix María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est reçue mardi 14 avril par le président du Sénat Gérard Larcher. L’occasion d’échanger sur « les perspectives d’une transition pacifique et démocratique » au Venezuela plus de trois mois après la capture du président Maduro par les États-Unis.

Le

France/présidentielle: un piratage massif touche la campagne Macron
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le