François Bayrou et Emmanuel Macron s’allient pour la présidentielle
Le président du MoDem a décidé de ne pas se présenter à la présidentielle et propose « sous conditions » de rejoindre l'ancien ministre de l'Economie. Ce dernier a accepté l'offre.

François Bayrou et Emmanuel Macron s’allient pour la présidentielle

Le président du MoDem a décidé de ne pas se présenter à la présidentielle et propose « sous conditions » de rejoindre l'ancien ministre de l'Economie. Ce dernier a accepté l'offre.
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Le président du MoDem François Bayrou ne sera donc pas candidat à l'élection présidentielle. Après un suspens de plusieurs mois, il a donc proposé « une offre d’alliance » à Emmanuel Macron, ce mercredi lors d'une déclaration à la presse. Ce dernier a rapidement accepté la main tendue soulignant à l’AFP qu’il s’agissait d’un « tournant de la campagne présidentielle ».

Dans un texte publié sur Twitter par la députée de Paris Anne-Christine Lang (rattachée au mouvement En marche), le candidat à la présidentielle a salué le « geste courageux et inédit » de François Bayrou. « Il a fait preuve d’un rare sens des responsabilités et de l’intérêt général. Sa proposition d’alliance est la preuve d’une fidélité sans faille aux valeurs qui fondent notre pacte social. » Il précise qu’il accepte les conditions émises par son nouvel allié, qu’il rencontrera ce jeudi.

Un peu plus tôt, François Bayrou s'exprimait devant les journalistes au siège de son parti. « J’ai examiné tous les éléments qui permettent de juger de l’état de notre pays et je veux vous dire à quel point la gravité de la situation m’a frappé » a-t-il lancé critiquant le candidat choisi par le parti socialiste et surtout François Fillon. « Le dévoilement des affaires révèle l’existence de privilèges et de dérives » souligne-t-il. « Mais ce qui est plus choquant, c’est l’acceptation tacite et presque unanime de ces abus. Toujours plus d'avantages et de privilèges pour ceux qui sont en haut et toujours plus d’efforts pour qui sont en bas. »

« Cette situation nourrit le pire des risques : une flambée de l’extrême-droite » assène-t-il. « Je mesure ma responsabilité personnelle. Deux voies s’offrent à moi : la candidature devant les Français, ou la recherche d’une option inédite. » C’est donc cette seconde qui a été privilégiée.

« A cette situation exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle (…) J’ai la certitude que la dispersion des suffrages ne peut qu’aggraver ces suffrages.  Parce que le risque est immense, j’ai décidé de faire à Emmanuel Macron une offre d’alliance. Je lui dis, le danger est trop grand. Il faut changer les choses et le faire d’urgence. Unissons nos forces pour y parvenir. »

Pour autant, cette offre d’alliance se fera sous conditions. « La première de ces exigences, je veux qu’il sache de ce qui est attendu de cette majorité nouvelle par les Français, c’est une véritable alternance, un vrai changement des pratiques et des orientations et non pas un recyclage des pratiques antérieures. Deuxième exigence, je demande expressément que le programme qui sera présenté comporte en priorité une loi de moralisation de la vie publique, en particulier de lutte déterminée contre les conflits d’intérêt. »

François Bayrou demande à Emmanuel Macron une loi de moralisation de la vie publique
01:18

« Troisièmement, » poursuit-il, «Je souhaite qu’il soit clair que la France résistera  à la pente universelle qui cherche à réduire sans cesse la rémunération du travail indépendant ou salarié. » Il a enfin réclamé une mise en place de la proportionnelle, sans en préciser l’étendue.

« Emmanuel Macron est brillant (...) C'est peut-être, enfin, le dépassement des clivages à portée de la main » s’est-il réjoui.« Mais je n’ai pas l’intention que le centre français entre dans une orientation qui n’est pas le sien » a-t-il néanmoins précisé. « Je pense très important qu’il y ait alliance et non pas ralliement ou confusion. »

François Bayrou précise qu'il s'agit d'une "alliance", et pas d'une "confusion"
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Une fois de plus, il ne s’est pas montré tendre avec François Fillon. « Je ne pouvais pas faire d’accord avec lui » précise le président du MoDem. « Son programme était un programme dangereux pour l’alternance et pour l’élan de la société française. Et s’y est ajouté ce dévoilement des affaires unanimement acceptée par les siens. »

"Je ne pouvais pas faire d’accord avec François Fillon" affirme Bayrou
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Interrogé par les journalistes, François Bayrou est aussi revenu sur la polémique provoquée par le candidat à l’élection présidentielle qui estimait que la colonisation française était un crime contre l’humanité. « J’ai exprimé à Emmanuel Macron mon incompréhension de l’utilisation de cette phrase (…) parce que je pense que c’est une phrase blessante pour beaucoup de Français et qui ne correspond pas à la réalité historique » explique François Bayrou rappelant que le crime contre l’humanité est « imprescriptible et qu’il vise à faire disparaitre de la surface de la terre une partie de l’humanité (…) cela ne correspond pas » à l’épisode de la colonisation française. Il en  a profité pour recadrer une deuxième fois son nouvel allié qui estimait qu’il n’existait pas une culture française. « Pour moi, la culture française est quelque chose de réel , d’existant et de très important. J’ai dit ça à Emmanuel Macron, je suis sûr qu’il l’aura entendu. »

Colonisation française : « J’ai exprimé à Emmanuel Macron mon incompréhension » affirme Bayrou
01:31

 

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