Geneviève Brisac : « Le confinement à la maison : longtemps une expérience de femmes »
Prix Femina en 1996, auteure également de littérature enfantine, Geneviève Brisac ne peut s'empêcher de penser à la guerre en cette période de pandémie. L'invitée de Guillaume Erner dans Livres & Vous y détaille son corollaire : la peur.

Geneviève Brisac : « Le confinement à la maison : longtemps une expérience de femmes »

Prix Femina en 1996, auteure également de littérature enfantine, Geneviève Brisac ne peut s'empêcher de penser à la guerre en cette période de pandémie. L'invitée de Guillaume Erner dans Livres & Vous y détaille son corollaire : la peur.
Public Sénat

Par Pierre-Henri Gergonne

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« L'épidémie pose la question de la peur. » Cette notion affleure dans chacune des phrases de l'auteure Geneviève Brisac. Il est vrai que cette peur s'était progressivement évanouie depuis les attentats de 2015.

Et pourtant, rappelle-t-elle, « les écrivains ont toujours réfléchi sur la peur. » Cet effroi s’accompagne d’un cortège de « honte et d'impuissance » et de son corollaire, « l'attente ».

Geneviève Brisac cite volontiers Nathalia Ginzburg, auteure de l'Italie du Nord réfugiée dans les Abruzzes avec ses enfants pendant la Seconde guerre mondiale. Dans son livre Les mots des tribus, elle y décortique ce sentiment de l’attente « que l'on retrouve aujourd'hui dans celle, encore hypothétique d'un déconfinement à venir ».

La pandémie renvoie aussi à la guerre et à la persécution, insiste le Prix Femina 1996. Avec cette idée confuse mais prégnante « qu'on ne sait pas d'où ça vient. Et ceci peut être terrifiant. »

Alors Marguerite Duras s'invite dans la réflexion. Pour elle, rappelle Geneviève Brisac, la guerre renvoie souvent et aussi à l'enfance. « Il y a dans l'enfance cette peur, cette impuissance et cette passivité. Il a aussi cette idée que le temps ne s'arrête jamais. »

Lire, lire, lire !

Et de poursuivre par cet autre aspect du confinement, peut-être négligé : cet enfermement « à la maison ». « Très longtemps, ce fût une expérience de femmes confinées à la cuisine et aux tâches ménagères. Avec le confinement, chacun retrouve un mode de vie banal où chacun est renvoyé à une situation domestique. Faire à manger, faire le ménage…et l'on s'aperçoit que finalement la vie est partout, y compris à la maison. »

Et c'est à la maison qu'il faut lire. Et lire quoi ? « Des gros livres », s'amuse Geneviève Brisac. Proust, Dostoïevski ou, conseil de l'auteure, le Journal de Virginia Woolf. Un seul leitmotiv pour l'invitée de Guillaume Erner : « Lire, lire, lire ! »

Voir l’intégralité de l’émission Livres & Vous du 11 avril, présentée par Guillaume Erner, avec Geneviève Brisac, William Marx et Jean-Christophe Rufin

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Geneviève Brisac : « Le confinement à la maison : longtemps une expérience de femmes »
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Geneviève Brisac : « Le confinement à la maison : longtemps une expérience de femmes »
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Geneviève Brisac : « Le confinement à la maison : longtemps une expérience de femmes »
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le