Georges Sarre, figure de la gauche parisienne, proche de Chevènement
Figure de la gauche parisienne et membre de plusieurs gouvernements socialistes, Georges Sarre, décédé jeudi à 83 ans, était un...

Georges Sarre, figure de la gauche parisienne, proche de Chevènement

Figure de la gauche parisienne et membre de plusieurs gouvernements socialistes, Georges Sarre, décédé jeudi à 83 ans, était un...
Public Sénat

Par Claude CASTERAN

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Figure de la gauche parisienne et membre de plusieurs gouvernements socialistes, Georges Sarre, décédé jeudi à 83 ans, était un proche de l'ancien poids-lourd socialiste, devenu souverainiste de gauche, Jean-Pierre Chevènement.

"Je ressens une peine immense après le décès de ce compagnon de combat depuis notre prime jeunesse", a déclaré M. Chevènement en annonçant son décès à l'AFP.

Ancien inspecteur des PTT, militant de gauche de longue date, depuis son adhésion à la SFIO en 1964, M. Sarre a été secrétaire d'État aux Transports dans les gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy. En 1989, il a notamment fait voter le permis de conduire à points, entré en application en 1992.

Né le 26 novembre 1935 à Chénérailles (Creuse), il était petit-fils d'instituteur et fils de fonctionnaire.

Marié à une institutrice et père de deux enfants, il commence son action militante par le syndicalisme, au sein de Force Ouvrière, débutant sa carrière professionnelle dans l'administration des Postes et Télécommunications. "Rien ne m'y prédisposait, dira-t-il, mais je trouvais que l'organisation (de la Poste, ndlr) était un peu trop rigide, qu'elle manquait de souplesse".

Après son service militaire en Algérie, il adhère en 1964 à la 14e section du Parti socialiste/SFIO, fédération de Paris. Le jour même de son adhésion, celui qui est alors un pilier de l'Association des postiers socialistes rencontre "par hasard" Jean-Pierre Chevènement, et quelques autres, "avec qui nous avons fortement sympathisé".

Dès 1966, autour de ces quelques amis, il participe à la création du CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste), l'aile gauche du PS. Très imprégné des "valeurs républicaines", ce courant connaîtra son apogée au congrès de Nantes, en 1977, lorsqu'il rassemblera quelque 25 % des votes des militants socialistes.

- Echec dans la Creuse -

Après l'arrivée de la gauche au pouvoir et l'élection de François Mitterrand à l'Elysée en 1981, le CERES devient "Socialisme et République" et fait des aller-retours de la majorité à l'opposition au sein du PS.

M. Sarre va devenir une personnalité incontournable de la gauche parisienne. Premier secrétaire de la Fédération socialiste de Paris de 1969 à 1971, conseiller de Paris dès 1971, il conduit les listes socialistes lors des municipales de 1977. La gauche est alors battue de peu par Jacques Chirac.

Député de Paris de 1981 à 1986, en 1988, puis de nouveau de 1993 à 2002, il a été maire du 11e arrondissement de 1995 à 2008. Il a aussi été député européen de 1979 à 1981.

En 1988, il entre dans le premier gouvernement de Michel Rocard comme secrétaire d'État chargé des Transports routiers et fluviaux, poste qu'il occupe jusqu'aux législatives de 1993. Il faisait de la sécurité routière son cheval de bataille.

En 1993, Georges Sarre quitte le PS, qu'il estime alors "sclérosé" et dont il dénonce la dérive libérale, pour rejoindre le Mouvement des Citoyens de M. Chevènement, qu'il présidera en 2001. Il est l'un des avocats les plus ardents de M. Chevènement lors de la présidentielle de 2002.

De 2004 à 2008, il est élu premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen (MRC, qui assure la continuité du Mouvement des Citoyens). En 2007, il tente en vain d'être élu député dans la circonscription de la Creuse où se trouvait le bourg où il était né. Un an plus tard, il devient adjoint au maire de Paris, Bertrand Delanoë, chargé de la sécurité et de la prévention, fonction qu'il quitte en 2010.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le