Gérard Longuet : « Macron a les moyens de gouverner, il ne faut pas qu’il ait un pouvoir stalinien »
Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Selon lui, tant le taux d’abstention que le raz-de-marée de La République en marche confirment l’ « hyperprésidentialisation » voulue par les électeurs. Il met toutefois en garde contre « un pouvoir stalinien ».

Gérard Longuet : « Macron a les moyens de gouverner, il ne faut pas qu’il ait un pouvoir stalinien »

Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse, était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Selon lui, tant le taux d’abstention que le raz-de-marée de La République en marche confirment l’ « hyperprésidentialisation » voulue par les électeurs. Il met toutefois en garde contre « un pouvoir stalinien ».
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les résultats du premier tour des législatives sont sans appel : le parti présidentiel arrive largement en tête. Avec son allié du Modem, La République en marche obtient 32,32% de suffrages, contre 21,56% pour la droite (LR et UDI).  Selon les premières projections pour le second tour, Emmanuel Macron devrait donc disposer de la majorité absolue au Palais Bourbon (entre 415 et 455 sièges sur 577). 

« Jusqu’à présent l’Assemblée nationale était élue par le peuple. Manifestement elle est nommée par le Président aujourd’hui », ironise Gérard Longuet.

« Jusqu’à présent l’Assemblée nationale était élue par le peuple. Manifestement elle est nommée par le Président aujourd’hui », ironise Gérard Longuet
00:24

Le sénateur craint la « disparition » du pouvoir législatif, dont la conséquence serait que « la parole sera(it) dans la rue ». Il assume toutefois une part de responsabilité, et notamment pour le taux mirobolant de l’abstention : 51% des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes dimanche. « Les formations politiques n’ont pas réussi à consolider leur électorat. Notre message ne porte pas assez », admet-il avant de reconnaître que son parti « n’a manifestement pas tout réussi » : « Quand on est au pouvoir de droite ou de gauche on a une part de responsabilité. »

Pour autant, il estime que « la lecture que (ses) compatriotes font des institutions » reste la principale raison de l’abstention. Il déplore une « lecture totalement présidentielle : « À partir du moment où ils ont choisi le président ils considèrent que l’affaire est faite. » Et d’ajouter : « L’opinion française veut que le Président puisse non pas présider mais gouverner. L’opinion lui donne les pouvoirs et la conclusion, c’est que ceux qui ne sont pas avec le Président sont balayés. »

Longuet sur l'abstention : « A partir du moment où (les électeurs) ont choisi le président ils considèrent que l’affaire est faite. »
00:33

« Il y aura forcément un débat, qui n’écarte pas l’implosion »  des LR

L’occasion de rappeler que nombre de LR sont justement avec le Président, voire même au sein du gouvernement. Une scission au sein du parti qui impliquera « un débat, qui n’écarte pas l’implosion », confie Gérard Longuet. « À l’origine, en 2002, lorsque l’UMP a été créée, l’idée était de constituer une force suffisante pour accéder au second tour. Manifestement cette unité ne suffit plus. »

Longuet sur l'avenir des LR : « Il y aura forcément un débat, qui n’écarte pas l’implosion »
00:25

Ce lundi, Les Républicains tiendront un bureau politique à 11h. Mais pas question d’aborder l’avenir du parti lors de l’entre-deux-tours. Il s’agira d’une simple formalité et le débat devrait être apaisé : « Nous aurions un débat difficile s’il y avait des triangulaires, or il y en a qu’une seule», dans la 1ère circonscription de l’Aube. Le député LR sortant, Nicolas Dhuicq, affrontera le candidat de La République en marche Grégory Besson-Moreau, arrivé en tête, et le frontiste Bruno Subtil.

Enfin, le sénateur de la Meuse a mis en garde les électeurs pour le second tour des législatives, qui se tiendra dimanche prochain : « Macron a les moyens de gouverner, il ne faut pas qu’il ait un pouvoir stalinien ou africain. » Il ajoute que « Les Républicains ont un rôle majeur à jouer » pour pallier cette hyperprésidentialisation.  « Je préfère Macron à Versailles que Hollande en scooter », finit-il toutefois par admettre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Aspartame demande d interdiction par la Ligue contre le cancer Foodwatch et Yuka
5min

Politique

Consigne pour recyclage des bouteilles plastiques : le Sénat se félicite de l'abandon du projet par le gouvernement

Vendredi, le gouvernement a, finalement, décidé de ne pas imposer la consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique. Une décision qui « répond aux inquiétudes légitimes exprimées de manière constante par le Sénat et les collectivités territoriales », a réagi, dans un communiqué, la commission de l'aménagement du territoire de la chambre haute.

Le

Stephanie RIST, premier vaccination grippe
6min

Politique

Santé : un rapport de la Cour des comptes pointe un manque de connaissance de la situation vaccinale des Français

Lors d'une conférence de presse organisée à l'hôpital Necker à Paris, la première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, a présenté un rapport sur la politique de vaccination en France depuis 2018. Elle recommande une plus grande mobilisation de l'ensemble des professionnels de santé et le déploiement d'un carnet numérique vaccinal complet.

Le