Le médiatique et controversé "gilet jaune" Éric Drouet a dénoncé une interpellation "politique", en sortant d'une garde à vue qui a provoqué l...
« Gilets jaunes »: Éric Drouet dénonce une interpellation « politique » avant de nouvelles manifestations
Le médiatique et controversé "gilet jaune" Éric Drouet a dénoncé une interpellation "politique", en sortant d'une garde à vue qui a provoqué l...
Par Marie GIFFARD avec les bureaux en région
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Le médiatique et controversé "gilet jaune" Éric Drouet a dénoncé une interpellation "politique", en sortant d'une garde à vue qui a provoqué l'indignation, à deux jours d'un huitième samedi de manifestations en France.
Interpellé mercredi soir près des Champs-Élysées pour "organisation d'une manifestation sans déclaration préalable", il affirme qu'il devait juste rencontrer d'autres "gilets jaunes" pour un "rendez-vous au restaurant".
"On cherche à nous mettre des responsabilités sur le dos, alors qu'il y en a pas du tout ", a déclaré jeudi le chauffeur routier de Seine-et-Marne, 33 ans.
Il a été convoqué devant le tribunal correctionnel pour le 15 février pour les faits de mercredi et pour ceux du 22 décembre, qui lui avaient déjà valu une garde à vue, où il sera jugé pour "organisation d'une manifestation sans déclaration préalable". Il sera par ailleurs jugé le 5 juin pour "port d'arme prohibé" lors de la manifestation du 22 décembre.
La garde à vue de trois autres personnes interpellées avec lui mercredi soir a été levée jeudi matin, selon une source proche du dossier.
"Éric Drouet est libre aujourd'hui, dans une opération purement et bassement politique, qui n'a rien de juridique", a commenté son avocat, Me Kheops Lara. À Lille, une cinquantaine de personnes s'étaient rassemblées pour réclamer sa "libération".
Son interpellation avait provoqué l'indignation de responsables politiques de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par le centre.
Eric Drouet, accompagné de son avocat, sort de sa garde à vue le 23 décembre 2018, après son interpellation lors d'une manifestation de "gilets jaunes" à Paris
AFP/Archives
Soutien affiché du mouvement, la responsable du Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé une répression de l'exécutif.
"Abus de pouvoir. Une Police politique cible et harcèle désormais les animateurs du mouvement gilet jaune", avait tweeté Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), juste après l'arrestation de celui pour lequel il avoue sa "fascination".
Taxant le gouvernement d'"amateurisme", le président des Centristes Hervé Morin a appelé à "sortir de l'arrogance et du mépris" vis-à-vis des "gilets jaunes", mobilisés depuis un mois et demi pour réclamer notamment plus de pouvoir d'achat.
Le gouvernement et la majorité ont justifié cette interpellation. "Quand quelqu'un organise une manifestation alors qu'elle n'est pas déclarée, c'est qu'il ne respecte pas l'État de droit", a estimé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.
- Trouver une "personnalité respectable" -
La mobilisation a nettement décru ces dernières semaines, mais de nouveaux appels à manifester samedi sur "les places symboliques" à Paris, à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Besançon, Clermont-Ferrand ou Nice, ont été lancés ces derniers jours sur les réseaux sociaux.
Dans la capitale, les "gilets jaunes" sont invités à se rassembler place de l'Hôtel de ville à 14H00, avant de marcher jusqu'à l'Assemblée nationale.
Le groupe de "gilets jaunes" dénommé "La France en colère", qui refuse de participer au grand débat national annoncé par Emmanuel Macron, a demandé jeudi au président, dans une lettre ouverte, la nomination d'une "personnalité respectable" pour "commencer les discussions (...) autour de la reprise de souveraineté du peuple".
"Trouvez donc une personnalité respectable qui n'ait pas été visée par des enquêtes judiciaires, qui n'ait été politisée en aucune façon, qui n'ait pas été l'objet de polémiques et qui soit sans reproches et non corrompue par le système financier", détaille ce collectif, lancé par Éric Drouet et Priscillia Ludosky.
"Drouet s'est fait arrêter pour rien", a affirmé à l'AFP Fabrice, un fonctionnaire "gilet jaune" lyonnais de 46 ans. "On ne lâche rien, les +gilets jaunes+ sont encore là. On est remontés après les vœux de Macron, qui pour nous ont été une déclaration de guerre. Il croit qu'on est une poignée, mais il ne voit pas qu'il parle au peuple", dit-il.
Après avoir annoncé le 10 décembre des mesures sociales et un débat national, Emmanuel Macron a adopté un ton offensif lors de ses voeux, en appelant à "l'unité retrouvée" et en affirmant que "l'ordre républicain sera assuré sans complaisance" face aux violences.
Une majorité de Français (55%, +1) souhaite que le mouvement des "gilets jaunes" se poursuive et l'amélioration du pouvoir d'achat est désormais en tête des attentes pour 2019, selon un sondage Odoxa Dentsu consulting publié jeudi.
45% des 1.004 personnes interrogées souhaitent au contraire que le mouvement s'arrête, soit un point de moins que lors d'une enquête réalisée début décembre.
Le Premier ministre souhaite rehausser les plafonds qui limitent le montant des franchises pour les médicaments et les consultations médicales. Une mesure impopulaire qui annonce la couleur des débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.
Mercredi, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole qui prévoit l'utilisation à titre dérogatoire, pour certaines cultures, de deux néonicotinoïdes interdits en France. Un texte qui va faire l'objet d'une saisine du Conseil constitutionnel par différents groupes politiques. L'année dernière, les Sages avaient censuré une disposition similaire issue d'un texte d'origine sénatoriale, mais les parlementaires ont, depuis, revu leur copie.
Les deux quinquennats d’Emmanuel Macron ont été marqués par un nombre important de gouvernements. Sur ces neuf ans, c’est le ministère de la Santé qui a connu le plus de ministres, talonné par les ministères en charge des Collectivités territoriales ou de l’Environnement. Les Armées, l’Economie et les Affaires étrangères sont ceux avec le plus de stabilité. Le reflet de choix politiques ou le fruit d’une instabilité politique ?