Gilets jaunes :« Il ne s’agit pas d’annuler la démocratie représentative mais il s’agit de s’appuyer sur les réseaux sociaux » estime Yves Roucaute
Invité de l’émission « On va plus loin », le philosophe Yves Roucaute estime que l’avenir de la politique tient dans « la conjonction » de la démocratie représentative et de la « démocratie des réseaux sociaux ».

Gilets jaunes :« Il ne s’agit pas d’annuler la démocratie représentative mais il s’agit de s’appuyer sur les réseaux sociaux » estime Yves Roucaute

Invité de l’émission « On va plus loin », le philosophe Yves Roucaute estime que l’avenir de la politique tient dans « la conjonction » de la démocratie représentative et de la « démocratie des réseaux sociaux ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Yves Roucaute, professeur de sciences politiques à Paris X Nanterre, est optimiste. A l’heure où la colère et la morosité envahissent notre société, il est confiant dans l’avenir. Et il l’explique dans son livre  « Le bel avenir de l’humanité » (éditions Calmann-Lévy). La société change, la façon de penser la politique aussi et il faut s’adapter.

D’ailleurs, le philosophe trouve la colère des Gilets jaunes légitime : « Ce qui est légitime c’est la forme de l’organisation (…) C’est la même chose que ce qu’il se passe au niveau des sciences. On a l’explosion de l’informatique, l’explosion du numérique, l’explosion des réseaux sociaux (Twitter, Facebook, etc.). Donc, on a un nouveau mode de pensée de la politique qui arrive. Le problème du gouvernement Macron c’est qu’il n’a pas compris cette explosion, cette nouvelle forme de démocratie qui est en train de naître. On a opposé la démocratie représentative avec la démocratie (…) des réseaux sociaux, des forums sociaux.  Alors qu’en fait, l’avenir c’est la conjonction des deux. Il ne s’agit pas d’annuler la démocratie représentative mais il s’agit de s’appuyer sur les réseaux sociaux. »

Pour Yves Roucaute, l’organisation de référendums n’est pas compliquée à mettre en place puisqu’il suffirait de le faire via internet : « Il y a 88% des Français qui sont sur internet. Ils sont plus proches d’internet que des urnes. Pourquoi est-ce qu’on n’organiserait pas à titre indicatif, par exemple, de grands forums, avec des votations ? Par internet, ça ne coûte rien ou quasiment rien. »

Le philosophe considère également que les élus doivent se remettre en question : « Le monde dans lequel on vivait qui consist(ait) à dire : « Vous nous avez élu pour cinq ans ou pour sept ans, maintenant vous la fermez et vous attendez sept ans après », ce monde-là est fini. Les individus prennent en main leur destin, ils ont envie de parler. »

Et il conclut : « Le temps politique de la représentation c’est un temps long (…) le temps numérique, c’est un temps court (…) Et il faut s’adapter. »

 

Vous pouvez voir et revoir l'entretien avec Yves Roucaute , en intégralité :

OVPL. Entretien avec le philosophe Yves Roucaute (en intégralité)
07:38

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le

Meeting of French centrist Renaissance party
8min

Politique

Présidentielle : Retailleau, Attal, Bertrand, Philippe… Les candidatures se multiplient à droite et au centre, mais l’hypothèse d’une primaire divise toujours autant  

Les appels à une candidature unique de la droite et du centre, pour éviter un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, se font de plus en plus pressants. Dernière initiative en date : une tribune signée par 200 élus en faveur d’une primaire ouverte. Mais du côté des partis, les équipes continuent à espérer un rassemblement sans avoir à passer par un tel processus.

Le

Voting session on the assisted dying bill at the National Assembly
10min

Politique

François Hollande, le pari du retour : peut-il redevenir président, 10 ans après ?

Après avoir renoncé à briguer un second mandat en 2017 puis écarté une candidature en 2022, François Hollande prépare méthodiquement son possible retour dans la course à l’Élysée. À huit mois de la présidentielle de 2027, l’ancien chef de l’État sort un livre avec 80 propositions, multiplie les apparitions et mise sur une gauche sociale-démocrate sans candidat naturel. Mais dans une Ve République où les anciens présidents ont rarement réussi leur retour, son pari consiste à transformer une popularité retrouvée en véritable désir de candidature.

Le