Emmanuel Macron a assuré mercredi "entendre la colère" de ceux qui veulent manifester samedi contre l'augmentation du prix des carburants,...
« Gilets jaunes »: Macron « entend la colère » mais dit « méfiance » face aux récupérations
Emmanuel Macron a assuré mercredi "entendre la colère" de ceux qui veulent manifester samedi contre l'augmentation du prix des carburants,...
Par Eric LAGNEAU, Marie HEUCLIN
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Emmanuel Macron a assuré mercredi "entendre la colère" de ceux qui veulent manifester samedi contre l'augmentation du prix des carburants, baptisés "gilets jaunes", mais les a mis en garde face aux récupérations politiques.
"Respect et considération", a résumé le chef de l'État, qui a dit vouloir "comprendre". "Ensuite, je dis méfiance: parce qu'il y a beaucoup de gens qui veulent récupérer ce mouvement", a-t-il fait valoir lors d'un entretien sur TF1 depuis le porte-avions Charles de Gaulle où il allait passer la nuit, au large de Toulon.
Le président de la République a également admis ne pas avoir "réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants", ajoutant que le pouvoir ne leur a "sans doute" pas assez apporté de "considération".
Emmanuel Macron s'est exprimé à trois jours des manifestations de grogne sociale sur le pouvoir d'achat et quelques heures après les mesures déclinées dans la matinée par le Premier ministre Edouard Philippe pour tenter d'apaiser cette colère.
Restant ferme sur la taxe des carburants, M. Philippe a annoncé sur RTL une augmentation des aides aux plus modestes pour changer de véhicule et payer ses factures d'énergie.
Mais sans convaincre les collectifs de citoyens, baptisés "gilets jaunes", qui ont maintenu leur appel à une journée de blocage des routes et de points stratégiques samedi.
- "Poujadisme contemporain" -
"Les trois-quarts de la hausse du carburant, ce sont les cours mondiaux. Les taxes du gouvernement sont légitimes, je les assume complètement", a souligné Emmanuel Macron, depuis un hangar du Charles de Gaulle, assis à côté d'avions de chasse Rafale. "Je voudrais qu'on sorte d'une forme de poujadisme contemporain", a-t-il martelé.
Protestation de "gilets jaunes" le 9 novembre 2018 à Albert (Somme)
AFP/Archives
Concernant les manifestations prévues samedi, M. Macron a dit qu'il fallait les "respecter". Mais il a mis en garde contre "beaucoup de gens, beaucoup de partis politiques qui veulent récupérer ce mouvement".
En citant notamment La France insoumise et "une partie des socialistes", il a dénoncé ceux "qui sont en train de s'opposer à des choses qu'ils avaient (autrefois) eux-même voté". "Bonjour tristesse et salut la cohérence", a-t-il ironisé.
"Quand vous avez ensemble des gens qui veulent plus d'emplois publics et des gens qui veulent moins d'impôts", en visant cette fois-ci les responsables de droite. "Je dis juste aux Français, on est en train de vous mentir et vous manipuler", a-t-il ajouté.
Dans la matinée, le Premier ministre avait lancé un avertissement à ceux qui veulent "mettre le bobolo partout", un synonyme de "bordel", assénant que "la loi s'applique" et que "l'entrave à la circulation" sera "sanctionnée".
En annonçant 500 millions d'euros de mesures d'accompagnement centré sur les foyers modestes, le gouvernement veut utiliser deux leviers: le chèque énergie et une "super prime" à la conversion des véhicules.
- "Sourd et aveugle" -
Le chèque énergie, versé aux ménages modestes pour les aider à payer leurs factures d'énergie sera élargi. "On va passer de 3,6 millions à 5,6 millions" de foyers, a déclaré M. Philippe, confirmant la hausse déjà prévue de 150 à 200 euros de ce chèque l'an prochain. Soit un coût supplémentaire de 140 millions d'euros.
Le gouvernement a également décidé de créer une "super prime" à la conversion pour les véhicules pour 20% des ménages les plus modestes ou ceux qui roulent plus de 60-70 km par jour et qui sont non imposables, qui atteindra jusqu'à 4.000 euros doublant ainsi la prime existante.
Présentation du chèque énergie, aide de l'Etat aux foyers précaires pour régler leurs dépenses en électricité, gaz, fioul après l'élargissemnt annoncé par le premier ministre à 5,6 millions de foyers
AFP
Autre engagement: faire disparaître les chaudières individuelles au fioul d'ici la fin du prochain quinquennat.
Si le centriste François Bayrou a salué "une recherche de ce qui est juste", les "gilets jaunes" en revanche ne décolèrent pas.
"Ce gouvernement est sourd, aveugle et ne voit pas l'état actuel du pays", fustige Fabrice Schlegel, coordonnateur du mouvement des "gilets jaunes" à Dole où près de 1.500 véhicules sont attendus samedi, dénonçant de "l'enfumage".
Même message des partis de droite, d'extrême droite et d'extrême gauche qui soutiennent le mouvement et rivalisent de contre-propositions, tout en se défendant de toute "récupération politique" dont les accuse Emmanuel Macron.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.