« Gilets jaunes »: un acte 16 samedi avant un appel à une mobilisation accrue en mars
Les "Gilets jaunes" manifestent samedi en France pour un acte 16 présenté comme un prélude à un "gros mois" de mobilisation le 9 et surtout le...

« Gilets jaunes »: un acte 16 samedi avant un appel à une mobilisation accrue en mars

Les "Gilets jaunes" manifestent samedi en France pour un acte 16 présenté comme un prélude à un "gros mois" de mobilisation le 9 et surtout le...
Public Sénat

Par Simon VALMARY avec les bureaux en région

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les "Gilets jaunes" manifestent samedi en France pour un acte 16 présenté comme un prélude à un "gros mois" de mobilisation le 9 et surtout le 16 mars afin de marquer la fin du Grand débat et les quatre mois du mouvement social.

"Vous allez avoir un mois de mars où vous allez pas beaucoup dormir", a lancé à Emmanuel Macron l'une des figures du mouvement, Eric Drouet, dans une vidéo postée vendredi.

"On a un très grand 16 mars qui arrive, plus organisé que jamais, plus motivé que jamais avec beaucoup de régions, beaucoup de pays qui vont monter sur Paris. J'espère que vous (Emmanuel Macron) êtes prêts. Nous on l'est, on attend cette date avec impatience", affirme-t-il.

Le président Emmanuel Macron lors du grand débat à Bordeaux le 1er mars 2019
Le président Emmanuel Macron lors du grand débat à Bordeaux le 1er mars 2019
POOL/AFP

Depuis Bordeaux, Emmanuel Macron, honni par les "Gilets jaunes", a, lui, appelé à un "retour au calme", quelques jours après avoir dénoncé la "démocratie de l'émeute".

Samedi se tiendront les désormais traditionnelles manifestations hebdomadaires aux quatre coins du pays. A Lille, les organisateurs ont appelé les "Gilets jaunes" des pays voisins (Belgique, Angleterre, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne), à "converger" vers la métropole du nord.

A Bar-le-Duc, la préfecture de la Meuse, qui craint des débordements, a pris un arrêté interdisant la vente et le transport "de produits combustibles et/ou corrosifs, carburants et gaz inflammable", de "pétards, pièces d'artifices et fusées de détresse" et "d'aérosols de peinture".

A Paris, un parcours de 12 km partant de l'Arc de Triomphe a été déclaré en préfecture.

Un groupe Facebook appelle, lui, à "bloquer la place de l’Étoile le plus longtemps possible" et à "revenir aux sources en ne déclarant pas les manifs pour retrouver ce côté spontané qui faisait peur au gouvernement". "Fini le pacifisme", lance-t-il.

Des organisations de forains ont également appelé à se mobiliser contre l'ordonnance du 19 avril 2017 qui menace leur profession.

- Le 16 mars, date "clé" -

Christophe Castaner à l'Elysée à Paris, le 27 février 2019
Christophe Castaner à l'Elysée à Paris, le 27 février 2019
AFP/Archives

Le ministre de l'Intérieur a relativisé l'ampleur des dernières mobilisations. "Il y a chaque semaine 40.000, 50.000 personnes qui manifestent (...). C'est ça la réalité, c'est-à-dire au fond plus grand monde", a déclaré Christophe Castaner sur France 2.

Le 17 novembre, ils étaient 282.000 dans la rue pour l'acte 1 de ce mouvement né sur les réseaux sociaux pour dénoncer la hausse des taxes et pour plus de pouvoir d'achat. Samedi dernier, ils étaient 46.600, selon les autorités, à dénoncer la politique du gouvernement et demander la démission d'Emmanuel Macron. Des chiffres régulièrement contestés par les manifestants.

"Il faut qu'ils (les "Gilets jaunes") se posent une question simple: quelle trace, au fond, ils veulent laisser ? C'est un mouvement social exceptionnel, on en a suffisamment parlé. Maintenant, la seule trace c'est celle des violences répétées", a ajouté M. Castaner.

Mais les "Gilets jaunes" entendent au contraire relancer leur mobilisation.

Priscillia Ludosky, initatrice d'une pétition contre la hausse du prix des carburants, a appelé à un sit-in à partir du 8 mars à Paris "pour installer nos rond-points au coeur de la capitale" et présenter les revendications récoltées sur leur plateforme le-vrai-débat.fr, alternative au Grand débat gouvernemental.

Ce rendez-vous, baptisé "Acte décisif: nous ne bougerons pas", sera précédé par "des actions de blocage dans la semaine qui précède", a-t-elle ajouté, évoquant laconiquement "trois grosses actions". Une bande-annonce vidéo appelle à "assiéger Paris à partir du 8 mars".

Mais l'échéance à laquelle travaillent les "gilets jaunes" est celle du 16 mars, lendemain de la clôture du Grand débat national, fustigé comme une "mascarade" et une "campagne de communication", et veille de l'anniversaire des quatre mois du mouvement.

Pour Eric Drouet, "le 16 va vraiment être une clé dans ce mouvement. Beaucoup de gens ont décidé de monter à Paris, cette fois en prenant le temps de s'organiser à l'avance. Il y a un élan pour cette date-là qui va faire du bruit".

Jeudi, il disait avoir "des retours de Hollande, de Belgique, d'Italie, de toutes les régions de France" et évoquait également de possibles actions en mars contre Starbucks et Facebook.

"Il ne faut pas lâcher", exhortait-il: "C'est une guerre d'usure".

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le