Glyphosate : « Nicolas Hulot est très isolé » juge Yannick Jadot
Mardi dernier, Emmanuel Macron a annoncé une possible sortie du glyphosate « au plus tard dans 3 ans. » Invité de Territoires d’infos ce vendredi, l’eurodéputé écologiste redoute un revirement. La Commission européenne a elle reconduit la licence du glyphosate pour cinq ans, sans restriction ni plan de sortie.

Glyphosate : « Nicolas Hulot est très isolé » juge Yannick Jadot

Mardi dernier, Emmanuel Macron a annoncé une possible sortie du glyphosate « au plus tard dans 3 ans. » Invité de Territoires d’infos ce vendredi, l’eurodéputé écologiste redoute un revirement. La Commission européenne a elle reconduit la licence du glyphosate pour cinq ans, sans restriction ni plan de sortie.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Invité de Territoires d’Infos ce vendredi, Yannick Jadot regarde avec méfiance les avancées du gouvernement sur le glyphosate. Ce principe actif,  présent dans l’herbicide le plus vendu au monde, a été classé comme « cancérogène probable pour l’homme » par une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Certaines agences de réglementation, ayant garanti la non-dangerosité de cette substance, sont soupçonnées de conflits d’intérêts avec la firme qui commercialise ce produit, Monsanto.

« On est dans un monde qui a de plus en plus besoin de scientifiques et d’experts, si ces experts sont dans une logique de conflits d’intérêts, on a problème pour la protection de la santé » prévient Yannick Jadot. Il précise que « dans le dossier du glyphosate, c’est l’agence européenne de sécurité alimentaire, qui doit protéger notre santé », cela étant cette agence aurait utilisé « le rapport de l’agence allemande » pour évaluer la toxicité du glyphosate. Problème, l’agence allemande aurait repris « des paragraphes entiers » de documents produits par… « Monsanto. »

Lire aussi. Glyphosate : vers une interdiction dans 3 ans ? 

« Sur ces dossiers là, Nicolas Hulot est très isolé et malheureusement le reste du gouvernement prête peu attention à sa crédibilité vis-à-vis de l’opinion publique » juge Yannick Jadot. Il regrette que le tweet du président de la République (voir ci-dessous) ait été « contesté » par « l’ensemble des ministres. » Quelques jours après la décision du président, le ministre de l’Agriculture a tempéré en appuyant sur le fait que la France ne sortirait pas du glyphosate si les alternatives n’étaient pas trouvées. Yannick Jadot regrette également qu'Emmanuel Macron n'ait pas fait pression sur l'Allemagne qui a voté pour le renouvellement de la licence du glyphosate. Le vote de l'Allemagne a fait pencher la balance lors du vote des Etats membres (Lire notre article).  

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le