Grand débat : « Je souhaite qu’on redécouvre l’utilité des maires après les avoir méprisés » déclare Jean-Marie Bockel
Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin et Président de la délégation aux collectivités territoriales, est l’invité de Territoire Sénat. Le sénateur s’exprime sur les annonces du Président Macron et le rôle des élus dans la grande consultation annoncée.

Grand débat : « Je souhaite qu’on redécouvre l’utilité des maires après les avoir méprisés » déclare Jean-Marie Bockel

Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin et Président de la délégation aux collectivités territoriales, est l’invité de Territoire Sénat. Le sénateur s’exprime sur les annonces du Président Macron et le rôle des élus dans la grande consultation annoncée.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Jean-Marie Bockel rappelle la position des élus centristes au Sénat : le groupe votera le texte du gouvernement. Le sénateur précise : « Nous ne sommes pas dans la politique du pire. Il en va de la paix civile et de la cohésion sociale. »

Sur le contenu du texte, le sénateur est plus sceptique : « Ce qui est fait dans l’urgence n’est jamais bien. » Il considère que « l’exécutif aurait dû réagir plus tôt » et qu’il y a eu un problème de remontée d’informations. La crise couvait, mais, pour le voir, « encore faut-il être sur le terrain et à l’écoute. »

Le sénateur est assez dur avec l’équipe en place : « Il y a eu un raté dû à l’enfermement de l’exécutif, avec peu de conseillers et peu d’objectifs, comme le désendettement. » Il conclut : « Il est temps de sortir du Palais [de l’Élysée]. »

Sur les couacs, il est plus indulgent : « Ce n’est pas de l’amateurisme. » Il considère que les critiques sont « un peu faciles » et que, « si depuis un an et demi il y avait eu de l’amateurisme, on s’en serait aperçu. » Il préfère la pondération : « Il y a eu des points positifs et des points critiquables. »

Pourtant, sur la gestion de la crise, « il y a eu un gros dysfonctionnement. » Selon le sénateur, cela est dû à deux choses : la réaction tardive et « un hiatus entre l’Élysée et Matignon. » « Ce n’est pas un problème de personnes, mais un désaccord entre Matignon et l’Élysée. »

À propos de la grande consultation, Jean-Marie Bockel « croit au débat. » À titre personnel, il n’est pas favorable au référendum, sur le modèle Suisse, mais est d’accord pour débattre. Seulement, déplore-t-il, « dans la précipitation, c’est compliqué. »

Dans ce débat, les maires seront en première ligne. Le sénateur s’en félicite et « souhaite que l’on redécouvre l’utilité des maires après les avoir méprisés. » Sur l’organisation, il souhaite l’émergence de nouvelles têtes, afin « que l’on n’entende pas toujours les mêmes. » Les élus doivent être « représentatifs de la diversité du pays. »

La crise des territoires est liée à « une succession de textes désordonnés qui se superposent. » Jean-Marie Bockel plaide pour une décentralisation : « Tout ne peut pas venir de l’exécutif. » Il propose de reprendre les Conférences des territoires ainsi que de s’adosser sur le Sénat. « À ce moment-là, on pourra sortir de la crise des territoires. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Screenshot
5min

Politique

Au Cirque d’Hiver, Pierre-Yves Bournazel s’offre Edouard Philippe et Gabriel Attal pour relancer sa campagne

À un peu plus d’un mois du premier tour des municipales parisiennes, Pierre-Yves Bournazel a sorti l’artillerie lourde. En réunissant Édouard Philippe et Gabriel Attal sur la même scène du Cirque d’Hiver, le candidat centriste tente de redonner de l’élan à une campagne en difficulté, marquée par des sondages poussifs, un déficit de notoriété et le récent départ de son directeur de campagne. Reportage – Paris XIe

Le

Grand débat : « Je souhaite qu’on redécouvre l’utilité des maires après les avoir méprisés » déclare Jean-Marie Bockel
8min

Politique

OnlyFans, Mym : dans un climat parfois tendu, le Sénat vote un texte contre l’exploitation sexuelle en ligne

Le Sénat a adopté une proposition de loi de la sénatrice LR Marie Mercier, qui vise à lutter contre les « proxénètes 2.0 », qui sévissent sur les plateformes proposant des services sexuels personnalisés. Le texte a été largement modifié, avec la création d’« une nouvelle infraction inspirée de la traite des êtres humains ». Mais cette définition sera inefficace, selon la sénatrice PS Laurence Rossignol, dont les échanges avec la rapporteure Lauriane Josende ont été particulièrement tendus.

Le

Rachida Dati, copyright : Romain David pour Public Sénat
8min

Politique

Police municipale, désendettement, métro… Rachida Dati détaille son programme pour Paris et appelle Pierre-Yves Bournazel au rassemblement

Sommée de quitter le gouvernement d'ici la fin de la semaine, Rachida Dati accélère sa campagne parisienne. Elle a dévoilé mardi 10 février un programme de rupture pour la capitale, marqué notamment par des mesures sur la propreté, la sécurité et la réduction de la dette de la ville. Derrière le socialiste Emmanuel Grégoire dans les sondages, elle exhorte Pierre-Yves Bournazel, candidat de centre-droit, à l'unité pour mettre fin à l'hégémonie de la gauche dans la capitale.

Le

Paris: Questions au gouvernement Assemblee nationale
6min

Politique

La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : « Un choix politique en forme de provocation », pour Jean-François Husson

Emmanuel Macron s’apprête à nommer la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Un choix contesté par les élus de la chambre haute. Si les qualités de la quarantenaire ne sont pas remises en cause, les élus pointent le risque de conflit d’intérêts alors que la Cour des comptes présentera dans les mois à venir un rapport sur l’exécution du budget qu’Amélie de Montchalin a défendu.

Le