Griveaux évoque les lobbies pour défendre la restriction du droit d’amendement
Alors que l’exécutif s’apprête à mettre la dernière touche à la révision constitutionnelle, Benjamin Griveaux défend la restriction du droit d’amendement des parlementaires.

Griveaux évoque les lobbies pour défendre la restriction du droit d’amendement

Alors que l’exécutif s’apprête à mettre la dernière touche à la révision constitutionnelle, Benjamin Griveaux défend la restriction du droit d’amendement des parlementaires.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Invité de Territoires d’Infos ce vendredi, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux défend la révision constitutionnelle préparée par l’exécutif et notamment l’encadrement du droit d’amendement des parlementaires, un des points les plus sensibles.

« J’étais à l’Assemblée nationale, au banc des ministres pour défendre le budget et ils nous arrivaient de passer 10 ou 12 heures d’affilée au banc », raconte d’abord le porte-parole du gouvernement avant d’évoquer « des amendements auxquels, très franchement, le ministre ne comprend pas grand-chose » pour la simple raison que « le parlementaire s’est fait remettre un amendement dûment préparé par des lobbies qu’on connaît bien et qui font œuvre pas toujours très utile sur les bancs de l’hémicycle ». En évoquant l’influence des lobbies sur les parlementaires, Benjamin Griveaux cherche à justifier la restriction du droit d’amendement qui sera sans doute inscrite dans la révision constitutionnelle. Une restriction très mal perçue par l’opposition qui y voit une volonté « d’enfermer les pouvoirs du Parlement » (lire notre article).

Le gouvernement est en train de parachever la révision constitutionnelle et devrait déposer le texte au Conseil d’État la semaine prochaine. Le texte doit recueillir les 3/5e des voix des parlementaires réunis en Congrès ou être porté par référendum pour être définitivement validé. Le Sénat - majoritairement à droite - et l’opposition en général pourraient donc bloquer la révision constitutionnelle. À plus forte raison si le droit d’amendement est effectivement encadré. L’introduction d’une dose de proportionnelle, la réduction du nombre de parlementaires et la limitation des mandats dans le temps font aussi débat (lire notre article).   

« Ce n’est pas bâillonner, c’est à mon avis mieux travailler, plus efficacement »

« Est-ce que c’est une bonne manière de faire la loi ? », interroge encore le porte-parole du gouvernement pour défendre cette mesure. « Vous passez autant de temps sur un amendement important qui a du sens, qui mérite un beau débat politique que sur un amendement d’obstruction purement technique et qui n’apporte rien au débat politique », défend Benjamin Griveaux.  Selon lui, même « les parlementaires ne sont pas très heureux de cette situation de multiplication d’amendements et d’obstruction ». « Ils seraient beaucoup plus heureux d’avoir un meilleur travail de contrôle, d’évaluation » évoquant la possibilité de mettre la Cour des comptes à disposition des parlementaires : « c’est un bel outil, c’est une belle arme, ce serait un beau bras armé pour permettre aux parlementaires d’exercer pleinement leur métier qui est aussi le contrôle et l’évaluation du gouvernement ».  

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Griveaux évoque les lobbies pour défendre la restriction du droit d’amendement
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le