Alors que l’exécutif s’apprête à mettre la dernière touche à la révision constitutionnelle, Benjamin Griveaux défend la restriction du droit d’amendement des parlementaires.
Griveaux évoque les lobbies pour défendre la restriction du droit d’amendement
Alors que l’exécutif s’apprête à mettre la dernière touche à la révision constitutionnelle, Benjamin Griveaux défend la restriction du droit d’amendement des parlementaires.
Par Héléna Berkaoui
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Invité de Territoires d’Infos ce vendredi, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux défend la révision constitutionnelle préparée par l’exécutif et notamment l’encadrement du droit d’amendement des parlementaires, un des points les plus sensibles.
« J’étais à l’Assemblée nationale, au banc des ministres pour défendre le budget et ils nous arrivaient de passer 10 ou 12 heures d’affilée au banc », raconte d’abord le porte-parole du gouvernement avant d’évoquer « des amendements auxquels, très franchement, le ministre ne comprend pas grand-chose » pour la simple raison que « le parlementaire s’est fait remettre un amendement dûment préparé par des lobbies qu’on connaît bien et qui font œuvre pas toujours très utile sur les bancs de l’hémicycle ». En évoquant l’influence des lobbies sur les parlementaires, Benjamin Griveaux cherche à justifier la restriction du droit d’amendement qui sera sans doute inscrite dans la révision constitutionnelle. Une restriction très mal perçue par l’opposition qui y voit une volonté « d’enfermer les pouvoirs du Parlement » (lire notre article).
Le gouvernement est en train de parachever la révision constitutionnelle et devrait déposer le texte au Conseil d’État la semaine prochaine. Le texte doit recueillir les 3/5e des voix des parlementaires réunis en Congrès ou être porté par référendum pour être définitivement validé. Le Sénat - majoritairement à droite - et l’opposition en général pourraient donc bloquer la révision constitutionnelle. À plus forte raison si le droit d’amendement est effectivement encadré. L’introduction d’une dose de proportionnelle, la réduction du nombre de parlementaires et la limitation des mandats dans le temps font aussi débat (lire notre article).
« Ce n’est pas bâillonner, c’est à mon avis mieux travailler, plus efficacement »
« Est-ce que c’est une bonne manière de faire la loi ? », interroge encore le porte-parole du gouvernement pour défendre cette mesure. « Vous passez autant de temps sur un amendement important qui a du sens, qui mérite un beau débat politique que sur un amendement d’obstruction purement technique et qui n’apporte rien au débat politique », défend Benjamin Griveaux. Selon lui, même « les parlementaires ne sont pas très heureux de cette situation de multiplication d’amendements et d’obstruction ». « Ils seraient beaucoup plus heureux d’avoir un meilleur travail de contrôle, d’évaluation » évoquant la possibilité de mettre la Cour des comptes à disposition des parlementaires : « c’est un bel outil, c’est une belle arme, ce serait un beau bras armé pour permettre aux parlementaires d’exercer pleinement leur métier qui est aussi le contrôle et l’évaluation du gouvernement ».
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.