Guerre en Ukraine : « Si on ne veut pas la 3e guerre mondiale, il faut arrêter les Russes tout de suite », avertit cette eurodéputée polonaise
Alors qu’un sommet européen vient de s’achever à Kiev pour notamment réaffirmer le soutien de l’Europe à l’Ukraine, des voix s’élèvent et s’inquiètent du risque d’embrasement du conflit. Une position qui tranche avec celles des opinions des pays limitrophes, où on prône un soutien inconditionnel face au danger russe qui menace l’Europe entière. Cette semaine, « Ici l’Europe » ouvre le débat.

Guerre en Ukraine : « Si on ne veut pas la 3e guerre mondiale, il faut arrêter les Russes tout de suite », avertit cette eurodéputée polonaise

Alors qu’un sommet européen vient de s’achever à Kiev pour notamment réaffirmer le soutien de l’Europe à l’Ukraine, des voix s’élèvent et s’inquiètent du risque d’embrasement du conflit. Une position qui tranche avec celles des opinions des pays limitrophes, où on prône un soutien inconditionnel face au danger russe qui menace l’Europe entière. Cette semaine, « Ici l’Europe » ouvre le débat.
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Cela faisait des mois que le président ukrainien Volodymyr Zelensky les réclamait à ses alliés. La semaine passée, Etats-Unis, Allemagne, Pologne et Royaume-Uni ont successivement annoncé la livraison de chars à Kiev. Une course à l’armement qui inquiète profondément Emmanuel Maurel. Pour l’eurodéputé de gauche, cette course à l’armement comporte de grands risques : « On s’arrête où ? Jusqu’à maintenant la position européenne était je trouve très équilibrée, consistant à dire il y a un agresseur, un agressé, c’est-à-dire l‘Ukraine. On l’aide financièrement, aujourd’hui il y a près de 50 milliards d’euros qui ont été donnés directement aux Ukrainiens, il y a l’aide humanitaire et il y a l’aide militaire, c’est-à-dire qu’on aide les Ukrainiens à se défendre par rapport à une agression. Ça, c’était la position européenne jusqu’à maintenant. Et moi je souhaite qu’on en reste là. »

« On va frapper la Russie ? »

L’élu français s’interroge sur la suite du conflit et sur le risque que l’Union européenne puisse être considérée comme cobelligérant par le président russe Vladimir Poutine.  « On nous parle d’avions ou de missiles à longue portée, mais ça veut dire quoi ? On va frapper la Russie ? Dans ce cadre-là, on change complètement la nature de la guerre. C’est-à-dire que l’Europe rentre en guerre contre la Russie. »

« Vous avez l’impression qu’à plus ou moins 1000 km, vous n’êtes pas en danger »

Une prudence qui tranche avec le discours de Roza Thun. Pour l’eurodéputée polonaise ; les 27 États membres doivent tout faire pour soutenir son voisin ukrainien. « Le débat chez nous [en Pologne] pour plus ou moins d’aide pour les Ukrainiens n’existe pas, car nous connaissons les Russes. Chez vous il existe, car vous avez l’impression qu’à plus ou moins 1000 km, c’est une telle distance que vous n’êtes pas en danger. Si on ne veut pas la 3e guerre mondiale, il faut arrêter les Russes tout de suite. Et les Ukrainiens ne vont pas le faire sans une aide la plus forte et la plus décisive possible. »

« C’est un conflit qui va laisser des traces y compris entre nous Européens »

Blindés bien sûr, mais aussi à livraison d’avions de chasse et coopération accrue sur le plan militaire, pour Rosa Thun il faut aller vite, sans toutefois aller jusqu’à l’envoi de troupes militaires européennes sur le front. « On en est bien loin », tempère-t-elle. Emmanuel Maurel, quant à lui, appelle l’Union européenne à poursuivre sur la voie diplomatique. « Il faut qu’il y ait des dirigeants européens, alors déjà que nous sommes aux côtés des Ukrainiens, qui puissent entrevoir des portes de sortie. Sinon c’est un conflit qui va durer, qui va être encore plus meurtrier, c’est un conflit qui va laisser des traces y compris entre nous Européens, parce qu’il y a des désaccords. »

» Lire aussi : Ruslan Stefantchuk, président de la Rada : « Les Ukrainiens vont tenir jusqu’à la victoire »

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