Hamon fustige à Grenoble le « repli identitaire » des Européens comme… d’EELV
Le fondateur de Générations, Benoît Hamon, a prononcé dimanche à Grenoble un discours à double détente, fustigeant le "repli...

Hamon fustige à Grenoble le « repli identitaire » des Européens comme… d’EELV

Le fondateur de Générations, Benoît Hamon, a prononcé dimanche à Grenoble un discours à double détente, fustigeant le "repli...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le fondateur de Générations, Benoît Hamon, a prononcé dimanche à Grenoble un discours à double détente, fustigeant le "repli identitaire" qui ronge l'Europe et s'en prenant aussi avec virulence à EELV, qui refuse une alliance avec son mouvement en vue des européennes.

Clôturant la convention nationale de son mouvement, un an après sa création, l'ancien candidat du PS à la présidentielle a demandé aux quelque 1.500 participants de respecter une minute de silence en mémoire des 34.361 hommes, femmes et enfants morts en tentant de rejoindre l’Europe, selon un décompte du Guardian.

"Françaises, Français, (...) vous êtes le grand peuple de la Révolution et de la Résistance, terre d'accueil des républicains espagnols et des boat-people vietnamiens. N'avez-vous, n'avons-nous pas honte ?", a demandé M. Hamon, en fustigeant la "défaite intellectuelle et morale (des) élites" face à la question migratoire.

"Je le dis à ceux qui ont le goût de la panthéonisation des autres, il faut parfois être à la hauteur des hommes et femmes d'Etat qu'on prétend honorer", a-t-il également lancé, dans une allusion à l'hommage rendu dimanche à Simone Veil.

"Osez entendre la vérité : nous devons prendre notre part d’hospitalité et d’accueil des migrants", a asséné l'ancien député PS, en rappelant le faible nombre de réfugiés accueillis par la France au regard de l'Allemagne (environ 40.000 en 2017).

Tout au long d'un discours combatif d'environ une heure, M. Hamon a lâché ses coups contre le président Emmanuel Macron, dont le le "seul fil rouge" est "l’insupportable mépris des plus faibles, des pauvres, des illettrés, des sans-costards, des +riens+".

Le macronisme est un "racisme social", a-t-il martelé.

Rendant hommage au député ex-PS Régis Juanico, qui a récemment rejoint les rangs de Générations, il a invité au passage les parlementaires à ne pas se rendre à la "convocation" du "monarque" à Versailles pour le Congrès le 9 juillet.

- Pas de réponse à Mélenchon -

À l'heure où Générations semble chercher un second souffle et apparaît isolé sur la scène politique, M. Hamon s'est également montré offensif contre ses anciens amis écologistes.

"Nous ne croyons pas au repli identitaire et encore moins au repli identitaire sur les petites chapelles et les petits appareils", a-t-il ironisé, alors qu'EELV a rejeté les offres de coalition de Générations pour se prononcer pour des listes autonomes aux européennes de 2019.

"Une liste unie aux européennes placerait l'écologie politique en premier opposant à Macron", a plaidé M. Hamon, fustigeant "la litanie des stratégies inavouables d'acteurs minuscules pour retarder le moment de cette unité". "Je vous l'annonce, elle se fera, cette unité", a-t-il affirmé.

Plus tôt dans la matinée, le fondateur du REV (Rassemblement des écologistes pour le vivant), Aymeric Caron avait dénoncé à la tribune "l'écologie molle" prônée, selon lui, par EELV, une écologie qui "voit la nature au service de l'Homme" et "fonctionne par quotas".

M. Hamon n'a en revanche pas répondu dans son discours à l'offre de Jean-Luc Mélenchon, qui lui avait proposé la veille via Twitter un "dialogue ambitieux". Bras droit de M. Hamon, le député européen Guillaume Balas avait toutefois rappelé les "divergences" entre La France insoumise et Générations sur l'Europe.

À ceux qui se demandent à quoi peut servir le jeune mouvement, dans un paysage déjà très fragmenté à gauche, M. Hamon s'est efforcé de répondre.

"Nous assumons d’être le nouveau mouvement des valeurs, oui le mouvement des valeurs de la gauche et de l’écologie politique. La gauche régénérée, ressuscitée par l’écologie politique, voilà notre identité", a-t-il résumé. Il a aussi proclamé la volonté de son mouvement, qui revendique 60.000 membres et 1.000 comités locaux, d'accéder au pouvoir.

M. Hamon avait affirmé dans une interview au Parisien vendredi son souhait de voir les listes de Générations figurer dans "le tiercé de tête" aux européennes. Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Cnews et Sud Radio publié vendredi, une liste tirée par M. Balas obtiendrait 3% des voix si l'élection avait lieu ce dimanche.

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustration of the posters for the first round of the municipal elections in Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : les enjeux du second tour parti par parti

De nombreux enseignements seront à tirer du second tour des municipales dimanche 22 mars. La France Insoumise et le RN vont tenter de confirmer leur implantation locale par des victoires dans quelques grandes villes. Au PS et chez les LR, une victoire à Paris sera déterminante. L’union des partis de gauche sera-t-elle payante à Lyon, Toulouse ou encore Nantes ? Le parti Renaissance pourra-t-il s’appuyer sur des victoires symboliques à Annecy et Bordeaux ?

Le

Hamon fustige à Grenoble le « repli identitaire » des Européens comme… d’EELV
5min

Politique

« Certains souhaitaient la fusion, d’autres non » : à Paris, le camp de Pierre-Yves Bournazel divisé sur le choix de rejoindre Rachida Dati au second tour

La décision du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel de fusionner avec la liste de Rachida Dati, tout en se retirant à titre personnel, pourrait relancer la droite dans un scrutin parisien très mal embarqué. Mais le choix de rejoindre Rachida Dati ne fait pas consensus dans son camp, ni chez ses électeurs, reconnait à Public Sénat l’ex-député macroniste Clément Beaune, qui a refusé de figurer sur la liste d'union et reste vague sur ses intentions de vote au second tour.

Le

Scenes from the Paris Municipal Elections: Polling in Action
4min

Politique

Paris, Le Havre, Toulouse : que disent les derniers sondages à deux jours du second tour ?

À l’approche du second tour, les équilibres restent fragiles dans plusieurs grandes villes. Entre triangulaires, alliances contestées et reports de voix incertains, les dernières enquêtes d’opinion confirment une chose : rien n’est encore joué. Paris, Le Havre et Toulouse sont les trois premières villes à avoir été sondées avant le deuxième tour.

Le