Benoît Hamon a fustigé mercredi le "jeu morbide" et la "vieille politique" de Manuel Valls, qui a apporté son soutien à Emmanuel Macron.
Le candidat socialiste à la présidentielle a appelé Jean-Luc Mélenchon et les communistes à "unir leurs forces aux (s)iennes".
Lançant un "appel solennel" aux électeurs de gauche, M. Hamon leur a demandé "de réagir", "de sanctionner ceux qui se prêtent à ce jeu morbide".
"Je vous demande en même temps de tourner la page de cette vieille politique, de tourner le dos à ces politiciens qui ne croient plus en rien et qui vont là où le vent va, au mépris de toute conviction", a encore déclaré le candidat PS, quelques heures après que M. Valls a apporté son soutien à M. Macron.
"Il n'y a plus ni excuse ni prétexte, les inspirateurs, les porte-parole et les théoriciens des décisions qui ont fait tant de mal à la gauche, sur la déchéance de nationalité ou la loi travail, ont trouvé refuge chez Emmanuel Macron", a-t-il encore souligné devant la presse, épinglant "le grand coup de plus" infligé à "la démocratie".
"La démocratie est la prunelle de nos yeux, qu'il faut respecter à tous les moments, grands et petits, de la vie politique. La parole donnée, la parole signée, devant le peuple, doit être scrupuleusement respectée", a martelé M. Hamon, sans jamais nommer son adversaire malheureux au 2e tour de la primaire organisée par le PS.
Après cette défection, M. Hamon a appelé la gauche à "se rassembler", "maintenant".
"J'appelle désormais tous les électeurs, ceux qui sont engagés dans la lutte contre les injustices, j'appelle les sociaux-démocrates intimement attachés au progrès social et à la démocratie, mais aussi le Parti communiste, les communistes et Pierre Laurent, les Insoumis et Jean-Luc Mélenchon, à réunir leurs forces aux miennes", a-t-il poursuivi.
Schéma illustrant la division de la gauche et de l'extrême gauche pour l'élection présidentielle et les "trahisons" dénoncées par le candidat officiel du PS, Benoît Hamon, en perte de vitesse dans les derniers sondages
AFP
Benoît Hamon est donné actuellement en cinquième position du 1er tour de la présidentielle par plusieurs sondages, derrière Marine Le Pen, M. Macron, François Fillon et M. Mélenchon, à trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle.
Vantant sa "position centrale à gauche", M. Hamon a cependant estimé être "le seul à pouvoir conjuguer des électorats différents, des radicaux aux plus modérés".
"Je suis aujourd’hui le seul à pouvoir les faire gagner ensemble et ainsi créer les conditions d’une majorité parlementaire pour gouverner", a-t-il assuré.
"Conscient de mes responsabilités, je fais cette adresse forte et fraternelle pour que nous ne laissions pas les forces de destruction, les forces de l’argent présider aux destinées de notre pays", a-t-il conclu sa courte allocution.
A quelques jours des élections municipales, Reporters sans frontières « tire la sonnette d’alarme », selon les termes de la responsable du rapport. Publié ce mercredi 11 mars, il révèle des nouvelles formes de pression subies par la presse régionale (économiques, sécuritaires et judiciaires) qui s’accroissent.
Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.
Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».
En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.