Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon: trois principaux candidats se disputent les faveurs des électeurs de gauche pour la...
Hamon, Mélenchon, Macron: la gauche scindée en trois blocs
Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon: trois principaux candidats se disputent les faveurs des électeurs de gauche pour la...
Par Stéphanie LEROUGE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon: trois principaux candidats se disputent les faveurs des électeurs de gauche pour la présidentielle, avec un avantage fragile au premier, qui incarne un renouveau en politique mais n'a pas dévoilé la totalité de son programme.
- Macron, le vote utile à gauche? -
L'ancien ministre de l'Economie de François Hollande traverse une phase paradoxale. Ses meetings font souvent salle comble et il n'a jamais semblé autant en capacité de supplanter le candidat de la droite François Fillon pour le second tour, selon l'ensemble des sondages des dernières semaines.
Mais cette position est fragile. D'abord, parce que cette avance diminue sensiblement si le président du MoDem François Bayrou se lance finalement. Ensuite, en raison de la volatilité de son électorat. Selon plusieurs enquêtes, moins d'un de ses électeurs sur deux affirme que son choix est définitif.
Une incertitude peut-être liée au fait que le fondateur d'En marche! tarde à faire connaître l'intégralité de son programme et son chiffrage. Ce devrait être chose faite le 2 mars, même si certains de ses proches l'encouragent à accélérer le pas.
Benoît Hamon, candidat de la gauche à la présidentielle, lors d'une conférence de presse à Lisbonne, le 18 février 2017 au Portugal
AFP
"Je ne crois pas à la candidature d'Emmanuel Macron. C'est purement artificiel", attaque un membre du gouvernement. Le même reconnaît cependant que s'il parvient à creuser durablement l'écart avec le candidat socialiste Benoît Hamon, il bénéficiera à plein de l'effet "vote utile". "S'il y a sept points entre les deux, ça change la donne."
- Hamon, le rassemblement vaille que vaille -
Depuis sa victoire à la primaire de la Belle Alliance populaire le 29 janvier, Benoît Hamon a bondi dans les intentions de vote.
Pris en sandwich entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, le candidat socialiste a fait de sa capacité à rassembler à gauche un de ses principaux arguments. Son entourage et celui du candidat EELV, Yannick Jadot, font savoir qu'un accord entre eux pourrait être conclu "dans les prochains jours".
Les choses sont beaucoup plus difficiles avec Jean-Luc Mélenchon, qui souffle le chaud et le froid. M. Hamon ne croit à vrai dire pas à un retrait du candidat de La France insoumise, mais il espère bien récupérer ses électeurs, en lui faisant porter le costume du diviseur.
Autre tâche délicate à laquelle est confronté le candidat: rassembler la famille socialiste sans se renier, alors qu'il a combattu la politique du gouvernement ces deux dernières années.
Dans ce domaine, un ministre accorde à M. Hamon un zéro pointé: regrettant qu'il n'ait pas choisi le secrétaire d'Etat Matthias Fekl comme directeur de campagne après l'avoir approché, il estime que le candidat n'a pas fait les gestes nécessaires pour ramener à lui les députés loyalistes. "Ses choix d'équipe de campagne sont des choix de recroquevillement", tranche-t-il.
- Mélenchon, une dynamique enrayée -
Jean-Luc Mélenchon le 15 février 2017 à Strasbourg
AFP
Parti tôt en campagne, il y a un an, le candidat de la gauche radicale arriverait en cinquième position au premier tour de la présidentielle, selon les sondages.
Lui aussi affiche complet pour ses meetings, avec quelque 18.000 participants revendiqués à Lyon et Aubervilliers pour son meeting "hologramme", le 5 février. Assis sur une base militante solide, le candidat de La France insoumise peut se targuer d'une présence massive sur les réseaux sociaux.
Reste que la désignation de Benoît Hamon par quelque 1,2 million d'électeurs lors de la primaire socialiste élargie est une bien mauvaise nouvelle pour celui qui se réjouissait par avance d'un face-à-face avec François Hollande ou Manuel Valls.
Ces derniers jours, il est apparu sur la défensive. "On ne se paiera pas ma tête en me faisant des bisous partout pour ensuite essayer de me faire avaler des Carvounas, des Valls, des El-Khomri, des Marisol Touraine et tous ces gens", a-t-il lancé.
Jean-Luc Mélenchon espère faire la démonstration de sa force à gauche avec un grand meeting place de la Bastille à Paris, le 18 mars, cinq ans jour pour jour après celui de la présidentielle de 2012.
Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.
S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.
Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.