Hamon s’inspire du Portugal pour son projet de légalisation du cannabis
Benoît Hamon a défendu samedi à Lisbonne son projet de légalisation du cannabis, en s'appuyant sur l'exemple du Portugal, qui a...

Hamon s’inspire du Portugal pour son projet de légalisation du cannabis

Benoît Hamon a défendu samedi à Lisbonne son projet de légalisation du cannabis, en s'appuyant sur l'exemple du Portugal, qui a...
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Benoît Hamon a défendu samedi à Lisbonne son projet de légalisation du cannabis, en s'appuyant sur l'exemple du Portugal, qui a dépénalisé avec succès l'usage des drogues depuis plus de 15 ans.

"La légalisation du cannabis est un moyen de tuer les trafics, plutôt que les trafics tuent", a déclaré M. Hamon à l'issue d'une rencontre d'environ une heure avec João Goulão, directeur de l'organisme qui chapeaute l'opération, la Sicad.

Se disant "déterminé sur ce sujet", mais aussi respectueux et prudent, M. Hamon a expliqué que "cela supposera un travail spécifique, auquel le ministère de la Santé devra se consacrer" et promis qu'il ne se lancerait pas dans le processus "la fleur au fusil".

"C'est bien de dire moralement +non+. Mais encore ? On laisse notre jeunesse en contact avec des dealers qui peuvent leur vendre des drogues dures, dans un système qui ne protège pas, mais qui impose", a-t-il détaillé.

Le Portugal a choisi en 2001 de décriminaliser le cannabis et les drogues dures, en raison d'une très forte consommation qui concernait alors jusqu'à 1% de la population pour l'héroïne.

Concrètement, a expliqué M. Goulão, l'usage n'est plus illégal, ni la possession pour son propre usage, et les consommateurs disposent de possibilités de prise en charge, médicale, ou sociale et psychologique.

Outre une division par deux des consommateurs d'héroïne, le Portugal compte aujourd'hui, selon cet ancien médecin devenu une référence sur la question dans le pays, seulement quelque 5.000 personnes hors du système de prise en charge. Soulignant l'unanimité politique, il s'est félicité que ce soit le fruit d'une "politique d'État, davantage qu'une politique de gouvernement".

De son côté, M. Hamon défend la légalisation du seul cannabis en France. Outre l'arrêt de la répression pour consommation, il s'agit donc en plus de réguler le marché, en organisant la vente. "Ce n'est pas en 2018 qu'on aura des débits de cannabis partout le territoire", a prévenu le candidat socialiste, mais c'est l’objectif à terme.

"C'est parce que je pense qu'il est dangereux de se droguer qu'il faut légaliser", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les débats pendant la primaire autour de cette question, M. Hamon a rappelé qu'il l'avait "emporté avec près de 60% des voix". "Maintenant, je suis dans la présidentielle, je veux me projeter vers l'avant, ce qui m'importe aujourd'hui, c'est de parler aux Français, pas aux dirigeants du Parti socialiste", s'est-il agacé.

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