Hamon veut désormais « entrer de plain-pied dans la vraie campagne »
La page des négociations avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon désormais tournée, Benoît Hamon veut "entrer de plain-pied dans...

Hamon veut désormais « entrer de plain-pied dans la vraie campagne »

La page des négociations avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon désormais tournée, Benoît Hamon veut "entrer de plain-pied dans...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La page des négociations avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon désormais tournée, Benoît Hamon veut "entrer de plain-pied dans la vraie campagne", même s'il n'en a pas encore fini avec les atermoiements des socialistes.

"J'ai vu (Jean-Luc Mélenchon). Il m'a confirmé (...) qu'il sera candidat. Dont acte. La situation est maintenant claire, et c'est pour cela que moi, maintenant, je me tourne vers les Français, (...) vers (...) tous les Français de gauche", a dit M. Hamon sur TF1 dimanche soir, quelques heures après avoir scellé son alliance avec le candidat EELV, Yannick Jadot.

De l'avis même de l'entourage du candidat socialiste, il était urgent de clore la phase des tractations avec MM. Jadot et Mélenchon, qui a duré plus de trois semaines, et a donné lieu à quelques échanges peu amènes avec le candidat de La France insoumise, le tout accompagné d'une stagnation dans les sondages.

"Ca a duré longtemps", convient un proche. A présent, "on sort de la période de discussions sur l'accord. On entre de plain-pied dans la vraie campagne. On part pour une nouvelle étape", dit cette source.

Cette semaine, le candidat va se démultiplier dans les médias et sur le terrain: meeting à Brest mercredi, Salon de l'Agriculture jeudi, "Agora Live" en province samedi, "Bourdin 2017" vendredi, "On n'est pas couché" samedi, "Punchline" dimanche.

Il devrait creuser son sillon sur deux thématiques: l'Europe, le thème sur lequel les désaccords sont les plus nets avec Jean-Luc Mélenchon, et la fonction publique, les services publics, qui lui permettront de mettre en exergue ses différences avec Emmanuel Macron.

Le candidat socialiste, qui avait qualifié la semaine dernière M. Macron de candidat du "centre-droit", a poursuivi sur sa lancée lundi en affirmant qu'Emmanuel Macron, "c'est le programme de Fillon, le sourire en plus".

Une stratégie qui divise au PS, où beaucoup préfèreraient voir M. Hamon se tourner vers l'ancien ministre de l'Economie, dont ils se sentent politiquement plus proches que de la gauche de la gauche, et en qui ils voient le meilleur rempart contre la droite ou l'extrême droite.

- 'Du mépris, du silence' -

Après le ralliement à M. Macron du député parisien Christophe Caresche, dimanche, d'autres membres du Pôle des Réformateurs du PS pourraient franchir le pas cette semaine. Le député Yves Blein soumettra mardi aux députés de ce groupe un projet de lettre ouverte, adressée au Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui rejette sans ambiguïté l'accord Hamon-Jadot.

"Nous souhaitons (...) que le Parti socialiste (...) s'exprime. Qu'il dise clairement que toutes (les) sensibilités (de la Belle Alliance populaire) doivent être rassemblées par le candidat qu'il soutient. Que le rassemblement à rechercher va plus sûrement de Hamon à Macron que de Hamon à Mélenchon", est-il écrit.

Proche de François Hollande, le conseiller régional Julien Dray a vivement critiqué dimanche sur Facebook l'accord conclu entre MM. Jadot et Hamon, qui sécurise les députés EELV sortants.

"La réalité triviale est là: un groupe a pris en otage le candidat désigné par deux millions d'électeurs... Pour permettre à tous ses sortants d'avoir une circonscription électorale", a-t-il ironisé.

Les proches de Manuel Valls, dont plusieurs sont montés au créneau ces derniers jours pour dire leur inconfort, doivent quant à eux se retrouver mardi soir à l'Assemblée.

M. Hamon "passe beaucoup de temps avec M. Jadot, peut-être demain avec Jean-Luc Mélenchon, mais pas avec ses amis socialistes", avait déploré vendredi le député PS Philippe Doucet. "On est acteur, on a fait des propositions, en face il y a du mépris, du silence", avait-il ajouté.

Soucieux de rassembler autant que possible la famille socialiste, Benoît Hamon a rendu publique dimanche soir la nouvelle "gouvernance politique" de sa campagne, où figure notamment en bonne place la secrétaire d'Etat au Numérique Axelle Lemaire, qui a annoncé lundi sa démission pour se consacrer à sa nouvelle mission, ainsi qu'à sa propre campagne pour les législatives.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le