Harkis : « Ce sont des excuses que doit donner l’Etat français » affirme Garriaud-Maylam
Fille de pied-noir, la sénatrice (LR) Joëlle Garriaud-Maylam juge les démarches du gouvernement envers les harkis insuffisantes.

Harkis : « Ce sont des excuses que doit donner l’Etat français » affirme Garriaud-Maylam

Fille de pied-noir, la sénatrice (LR) Joëlle Garriaud-Maylam juge les démarches du gouvernement envers les harkis insuffisantes.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

56 ans après la fin de la Guerre d’Algérie, les blessures restent vives. En témoigne le geste d’Emmanuel Macron, le 13 septembre dernier, pour reconnaitre la responsabilité de l’Etat dans la disparition de Maurice Audin, ce mathématicien communiste torturé et tué par l’armée française en 1957. Cette décision avait suscité des remous à droite et à l’extrême-droite.

Désormais, le gouvernement souhaite se pencher sur le sort des harkis, ces combattants recrutés alors par l’armée française, qui réclament désormais réparation pour eux et leurs familles. 90 000 personnes avaient ainsi été accueillies en France dans des conditions précaires, tandis que des dizaines de milliers d’autres étaient restés en Algérie, subissant de sanglantes représailles. « C’est une honte, ce qui a été fait aux harkis » s’émeut la sénatrice (LR) Joëlle Garriaud-Maylam, elle-même fille de pied-noir. « Nous avons une dette envers eux. »

Ce mardi 25 septembre, Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées, a présenté une série de mesures destinées aux harkis. « Oui, il y a eu défaillance de la France. Ils ont été reçus ici dans des conditions souvent très difficiles, qu’ils ont parfois eu à subir toute leur vie » a-t-elle expliqué. Emmanuel Macron souhaite ainsi un « geste mémoriel très fort » en décembre et a promu d’anciens combattants harkis à la Légion d’honneur. Un premier pas, largement insuffisant pour les associations et la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam. « C’est une tâche indélébile et ce ne sont pas les décorations qui répareront ça » explique-t-elle.

Geneviève Darrieussecq a aussi évoqué le volet financier de ce sujet sensible, annonçant le déblocage d’une enveloppe de 40 millions d’euros sur quatre ans pour indemniser notamment les harkis de deuxième génération, qui subissent encore la précarité liée à leur statut. Ceux de première génération verront leur allocation augmentée de 400 euros, après des mois de colère. Encore une fois, la mesure ne convainc pas. « L’argent, ce n’est pas ça qui fermera les blessures » insiste Joëlle Garriaud-Maylam. « Ce sont des excuses que doit donner l’Etat français, en plus d’un travail historique impartial et objectif sur cette époque. »

Un autre volet de ce sujet épineux est à régler de l’autre côté de la Méditerranée puisque les harkis sont interdits de retour sur leur terre natale. « Le sort des harkis a déjà été tranché par l'histoire. (Ils) ont choisi leur camp. Les personnes ayant trahi leur pays et leurs frères n'ont aucune place sur notre sol » avait expliqué le ministre algérien des Moudjahidine, courant août. Si Paris assure que les discussions perdurent avec Alger sur cette question, elle demeure délicate.

Partager cet article

Dans la même thématique

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée
7min

Société

Lutte contre la fraude sociale et fiscale : des sénateurs appellent à « ne pas avoir la main qui tremble », à la veille d’une semaine décisive à l’Assemblée

Le rapporteur du projet de loi de lutte contre les fraudes, Olivier Henno, et sa collègue Nathalie Goulet, spécialiste de ces sujets, espèrent qu’un arsenal suffisamment « musclé » sortira des débats à l’Assemblée nationale. En commission, certaines dispositions votées par le Sénat en novembre ont été retirées.

Le

Paris : Illustration au Salon de l Agriculture
8min

Société

Salon de l’agriculture : un événement sans vache cette année… mais pas sans politique

C’est un Salon de l’agriculture un peu spécial, car pour la première fois sans vache, qui s’ouvre ce samedi. L’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, bien que maintenant terminée, a eu raison de la présence des bovins. Mais les politiques, eux, sont toujours autorisés à déambuler, malgré une épidémie de tensions ces derniers mois, sur fond de crise agricole.

Le