Accouchée dans la douleur, mal acceptée par l'opinion, la hausse de la CSG concentre les critiques, jusque dans la majorité qui cherche une...
Hausse de CSG: débat sous haute tension attendu à l’Assemblée
Accouchée dans la douleur, mal acceptée par l'opinion, la hausse de la CSG concentre les critiques, jusque dans la majorité qui cherche une...
Par Pierre ROCHICCIOLI
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Accouchée dans la douleur, mal acceptée par l'opinion, la hausse de la CSG concentre les critiques, jusque dans la majorité qui cherche une manière de compenser l'impact négatif de la mesure sur le pouvoir d'achat des retraités.
Un premier débat sur la contribution sociale généralisée a débuté jeudi dans la soirée dans l'hémicycle de l'Assemblée, dans le cadre de l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale.
Dès avant, le patron des députés LREM Gilles Le Gendre a prévenu que la proposition de certains membres de son groupe de moduler la CSG pour les retraités en fonction de leurs niveaux de revenus était "une erreur politique" et "une forme de trahison" du programme présidentiel.
Mesure clé du premier budget de l'ère Macron présenté en 2017, la hausse d'1,7 point du taux normal de CSG, portée depuis janvier à 8,2% pour toutes les catégories de revenus (salaires, retraites, revenus du capital), pour un montant total de 22,5 milliards d'euros, a toujours du mal à passer.
Destinée à permettre la suppression des cotisations maladie et chômage des salariés du privé afin de "récompenser le travail", la mesure reste une cible privilégiée des critiques de la droite et de la gauche.
Face à la colère et aux manifestations depuis un an de retraités, le gouvernement a prévu de "corriger" son dispositif dans le budget 2019 de la Sécurité sociale, actuellement en discussion à l'Assemblée en première lecture, en exonérant de la hausse 350.000 foyers parmi les plus modestes, pour un coût de 350 millions d'euros.
La question du pouvoir d'achat des retraités est d'autant plus sensible que le gouvernement a décidé de limiter à 0,3% la revalorisation des retraites et des prestations sociales en 2019 et 2020, bien en-deçà de l'inflation.
"La hausse de CSG a suscité tant de protestations que le Premier ministre fait marche arrière", soulignent Les Républicains. Il serait "sage" de "revenir véritablement en arrière, au lieu de faire semblant", jugent les communistes.
Pour les socialistes, huit millions de retraités vont perdre au total "l'équivalent d'un demi-mois de pension". Ils suggèrent de n'appliquer la hausse de CSG qu'"aux seules pensions supérieures à 3.000 euros par mois pour un célibataire".
Le coup de pouce du gouvernement, qui doit être validé cette semaine par l'Assemblée, est considéré insuffisant, y compris par certains dans la majorité, qui proposent une CSG progressive.
- "Incompréhensions" -
Manifestation contre la hausse de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) à Marseille, le 14 juin 2018
AFP/Archives
"Nous sommes nombreux à recevoir dans nos permanences des retraités pour qui cette augmentation créé un creusement des inégalités, une plus grande fragilité, davantage de vulnérabilité", malgré "le dégrèvement progressif de la taxe d’habitation", expliquent dans l'exposé de leur amendement les 32 signataires LREM, menés par le vauclusien Jean-François Cesarini.
Ils proposent la création de deux seuils supplémentaires: l'un pour les revenus modestes et moyens, compris entre 1.200 et 1.600 euros, taxés à 6,6%, et un autre à 9,2% applicable aux retraités les plus riches (au-delà de 3.000 euros) qui eux seraient davantage mis à contribution.
L'adoption de leur proposition la semaine dernière en commission, contre l'avis du rapporteur et du chef de file LREM Thomas Mesnier, a hérissé certains de leurs collègues.
Le gouvernement n'en veut pas. Selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn, "il faut arrêter de créer des seuils, qui génèrent ensuite des débats sans fin et des incompréhensions".
Et Marc Fesneau (Relations avec le Parlement), dont les anciens collègues MoDem ont aussi souhaité des "ajustements" sur la CSG, estime que "la progressivité n'est pas la bonne façon de répondre".
Signe de la sensibilité du sujet, quinze "marcheurs" ont aussi récemment défendu, en vain, une augmentation de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) afin de "compenser" cette hausse de CSG pour une partie des retraités.
Pour éviter un nouveau couac, les bancs des "marcheurs" étaient bien remplis jeudi soir lors de l'examen en séance de l'amendement de leurs collègues, qui se défendent d'être des "frondeurs".
L'enjeu politique est de taille, les plus de 60 ans qui représentent un quart de la population française sont pour tous les partis des électeurs courtisés.
Alors que plus de 60 % des Français placent le problème du logement en tête de leurs préoccupations, Dialogue citoyen donne la parole à une habitante des Côtes-d’Armor frappée de plein fouet par la crise du logement.
Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.
Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.
Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas élus directement par les citoyens. Leur désignation repose sur un suffrage universel indirect exercé par près de 162 000 grands électeurs, majoritairement issus des conseils municipaux. Un mécanisme central de la représentation des territoires, souvent méconnu du grand public.