Hervé Marseille : « La réforme des retraites ne réapparaîtra pas prochainement »
Le Président du groupe Union Centriste au Sénat, Hervé Marseille s’inquiète de la pénurie de matériel médical. Il évoque aussi un plan de relance et l’impact sur le calendrier politique. Le sénateur des Hauts-de-Seine répond aux questions d’Oriane Mancini.

Hervé Marseille : « La réforme des retraites ne réapparaîtra pas prochainement »

Le Président du groupe Union Centriste au Sénat, Hervé Marseille s’inquiète de la pénurie de matériel médical. Il évoque aussi un plan de relance et l’impact sur le calendrier politique. Le sénateur des Hauts-de-Seine répond aux questions d’Oriane Mancini.
Public Sénat

Par Oriane Mancini

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Mis à jour le

Situation sanitaire :

« Tout le monde a conscience de la gravité de la situation. Le virus touche tout le monde. Les
dirigeants comme tout autre citoyen. On ne peut d’ailleurs que souhaiter un bon rétablissement au
Premier ministre britannique et j’espère qu’il va retrouver l’ensemble de ses facultés. »
 

Situation dans les Hauts-de-Seine :

« Notre département est évidemment affecté comme l’ensemble des départements de France. Il y
a 2000 cas recensés et les EHPAD paient un lourd tribut. Nous en avons 108 sur notre territoire et
l’on compte près de 200 décès dans nos établissements. Le personnel médical fait un travail
admirable et il faut vraiment que le confinement soit respecté. »
 

Mesures sanitaires :

« Il est évident qu’il y a eu beaucoup d’hésitations et de cacophonie au début de cette épidémie et
on peut le regretter.
Aujourd’hui encore, on manque de masques, de blouses, de gel, de tests... Et l’action des
soignants est d’autant plus admirable dans ces conditions. C’est d’ailleurs très bien de les saluer
chaque soir à nos balcons.
Il y a un léger mieux en matière d’approvisionnement en matériel mais il a fallu se battre pour que
les collectivités puissent passer commande par exemple. Un des premiers enseignements, c’est
que nous avons besoin de reconstruire une forme de souveraineté sanitaire et médicale alors que
la plupart de ces produits sont aujourd’hui fabriqués en Asie. 60 à 65% du paracétamol est ainsi
produit en Asie. L’Allemagne a par exemple une politique plus efficace avec un vrai tissu industriel.
Aujourd’hui on voit bien que durant le quinquennat Hollande la politique de Marisol Touraine n’a
pas été assez protectrice. »
 

Port du masque :

« Ce n’est pas vraiment un changement de doctrine. C’est surtout que nous allons avoir plus de
masques et donc, sans être docteur en médecine, on peut dire qu’il est préférable de les porter.
On se souvient des élucubrations de la porte-parole du gouvernement qui expliquait que ces
masques n’étaient pas utiles.
Je ne sais pas si il faut parler d’obligation mais en tout cas il faut vivement l’encourager et
notamment au moment du déconfinement encore faut-il qu’il y en ait en nombre suffisant.
Aujourd’hui encore, certains hôpitaux, cliniques et les personnels exposés manquent toujours de
masques. »
 

Édouard Philippe :

« Sa place n’est pas facile. Il doit combattre le virus et en même temps il fait preuve de
transparence. C’est très difficile. Au début de la crise, on a reproché beaucoup d’ambiguïté dans
la parole gouvernementale.
Aujourd’hui, il faut maintenir le confinement et réflèchir à sa fin mais cela prendra du temps et il
faudra que nous ayons un débat au Parlement sur ce sujet.
Ceci dit avant de parler déconfinement, il faudrait déjà que nous ayons des tests efficaces comme
les tests sérologiques en grand nombre.
Il faudra examiner les conditions région par région et probablement par classe d’âge.»

Géolocalisation des malades :

« On fait déjà beaucoup d’efforts en matière de libertés au nom de notre santé. Qui aurait pu
penser qu’il faudrait un papier pour se déplacer en 2020 ? Mais comme dans beaucoup d’autres
pays, ce que l’on appelle le tracking est une solution qui permet de favoriser le déconfinement
avec une gestion fine de cette sortie de crise. Ce doit rester quelque chose de temporaire et
d’encadré. Il faut des textes pour cela. Ce sont nos libertés fondamentales et l’on ne peut pas les
mettre entre les mains de n’importe qui. »
 

Rencontre Macron-Larcher :

« Le Président du Sénat est en lien quasi permanent avec les présidents de groupes
parlementaires et c’est important.
C’est une bonne chose que l’Élysée s’entretienne avec le Président du Sénat. Ils ont notamment
parlé de la sortie de crise et du calendrier politique et je pense que beaucoup de dossiers comme
la réforme des retraites n’ont pas nécessairement vocation à réapparaître prochainement et c’est
tant mieux.
Je ne sais pas si c’est acté mais ce qui est sûr c’est que la sortie de crise se fera progressivement
et il est évident qu’avec la situation économique et sociale, les premières décisions attendues
seront de savoir comment nous rétablirons notre économie.
 

La relance de l’économie :

« Des milliers d’entreprises vont devoir fermer et une forte baisse du pouvoir d’achat est à
craindre. On parle de 5 à 10% de PIB. Ce pourrait être la plus forte crise depuis 1929 comme le
dit Bruno Le Maire.
Il faudra des débats au Parlement pour imaginer les investissements massifs à faire avec
notamment une politique de grands travaux par exemple. Il faudra injecter de l’argent pour
soutenir l’investissement et garantir les emprunts.
Il faudra également une véritable politique européenne beaucoup plus solidaire et avec un effort
financier considérable. »
 

Municipales :

« Ce n’est pas l’urgence aujourd’hui. La vie démocratique continue. Il est indispensable que les
maires soient élus mais je crois qu’il n’est pas question de faire de nouvelles élections d’ici l’été. Il
faut au moins attendre l’automne. »
 
 
Pendant toute la période du confinement, retrouvez chaque jour de semaine à midi notre
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