Autolib', Vélib, fermeture des voies sur berge... La maire de Paris Anne Hidalgo publie un plaidoyer écologique dans un livre à paraître la...
Hidalgo sort un livre sur l’environnement et promet de « gagner »
Autolib', Vélib, fermeture des voies sur berge... La maire de Paris Anne Hidalgo publie un plaidoyer écologique dans un livre à paraître la...
Par Ambre TOSUNOGLU
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Autolib', Vélib, fermeture des voies sur berge... La maire de Paris Anne Hidalgo publie un plaidoyer écologique dans un livre à paraître la semaine prochaine, et riposte aux multiples attaques dont elle est la cible, promettant à ses soutiens de "gagner".
"Ce n'est pas un lancement de campagne pour les municipales de 2020", martèle son entourage.
Annoncé depuis le printemps, son livre "Respirer" publié mercredi 26 septembre aux éditions de l'Observatoire/ Humensis, et dont l'AFP a obtenu un exemplaire, traite du climat, "le premier des grands défis de la Ville de Paris", précise-t-elle dans l'ouvrage. Dans ce livre de 80 pages, vendu en format poche à 8 euros, "elle explique la stratégie mise en place", selon son entourage.
Une pédagogie rendue nécessaire après les différentes difficultés sur la question des transports survenues ces derniers mois.
La piétonnisation des berges de Seine - décriée par une partie de la population - fait partie de "ces batailles difficiles, épuisantes et parfois douloureuses" mais qui "méritent d'être menées", estime Anne Hidalgo dans son livre, dont les bonnes feuilles ont été publiées par Le Point.
Elle précise "ne pas (se battre) contre la voiture (mais) pour une ville justement partagée".
Sur la disparition cet été de l'Autolib', l'édile dénonce des "bornes de recharge en maintenance, véhicules sales, réservations annulées au dernier moment, stations pleines ou stations vides. Le service s'est peu à peu dégradé".
"J'assume le risque politique (mais) refuse le risque financier pour les Parisiens", prévient-elle dans une allusion à l'ardoise présentée par le groupe Bolloré et estimée à plusieurs dizaines de millions d'euros.
Bruno Julliard et Jacques Hidalgo en avril 2013
AFP/Archives
"En colère" et "désolée" concernant les difficultés après Vélib', la maire estime que le nouvel opérateur "Smovengo n'était pas prêt".
Sur ces volets, et celui de l'environnement, "il faudra un deuxième mandat à la maire de Paris pour parachever son œuvre", analyse auprès de l'AFP un des piliers de l'exécutif, sous couvert d'anonymat.
Alors que les potentielles candidatures se multiplient depuis plusieurs mois de la République en marche aux Républicains, Anne Hidalgo doit gérer une nouvelle crise en interne: le départ et la charge venue lundi de son premier adjoint Bruno Julliard.
- "Nous allons gagner" -
"Au moins son départ aura clarifié les choses", a répliqué la maire qui se dit "pas isolée", dans un entretien au Figaro mercredi.
Taclée par M. Julliard entre autres sur son image et son autoritarisme, Anne Hidalgo estime dans son livre - bouclé avant cette démission - : "Je sais le décalage qui existe entre ce que je suis réellement et ce qu'on perçoit de moi (...) L'autorité d'un homme devient l'autoritarisme d'une femme."
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, salue lui "une femme qui depuis près de cinq ans (...) a fait avancer Paris. Elle a fait en sorte que les JO soient à Paris, que la question climatique soit au premier plan".
La maire de Paris "a mené une cause très juste sur la lutte contre la pollution, mais il reste beaucoup à faire", a réagi Gaspard Gantzer, autre intéressé à la mairie de Paris, sur Europe 1.
"Les municipales sont dans un an et demi", relativise son entourage, qui n'envisage pas une déclaration officielle avant la rentrée 2019.
En attendant, "il faut créer les conditions du regain", estime-t-on, faire oublier les couacs et poursuivre le déploiement des vélos, pistes cyclables, voitures électriques, et livraison des travaux lancés sur les places emblématiques de la capitale.
Dimanche, un sondage Ifop publié par le Journal du dimanche plaçait Anne Hidalgo en tête (entre 23 et 25%), talonnée par la République en Marche (entre 17 et 23%) et les Républicains (entre 21 et 23%).
Qu'importe. Comme une prophétie sur ses engagements climatiques ou les prochaines élections, Anne Hidalgo clôt ainsi son livre: "On me dit que je vais perdre. Pourtant, nous allons gagner."
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.