Hidalgo: une main tendue vers La City, une autre vers les classes moyennes
Après six ans d'un premier mandat de maire au cours duquel elle estime avoir lancé de "grandes transformations", Anne Hidalgo -...

Hidalgo: une main tendue vers La City, une autre vers les classes moyennes

Après six ans d'un premier mandat de maire au cours duquel elle estime avoir lancé de "grandes transformations", Anne Hidalgo -...
Public Sénat

Par Ambre TOSUNOGLU

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Après six ans d'un premier mandat de maire au cours duquel elle estime avoir lancé de "grandes transformations", Anne Hidalgo - que les sondages placent en tête des intentions de vote aux municipales des 15 et 22 mars- veut rendre Paris plus accueillant à la fois envers les classes moyennes et populaires et envers le monde de la finance.

Q: A quelques semaines du Brexit, tendez-vous toujours la main au monde de la finance, et notamment à la City de Londres ?

Réponse: "Je leur ai dit et leur dis de venir. On a fait beaucoup pour les attirer, on a envoyé un message très positif. Je veux que la finance revienne à Paris, mais je veux de la finance verte, des gens qui viennent pour nous aider sur la transition écologique, et non faire de la prédation, ça non ! C'est une ville de valeurs Paris, une ville qui ne parle pas au monde de la même façon que d'autres villes.

Cette ville doit être une ville mixte, une ville de mélange, la rencontre des diversités où toutes les origines, toutes les nationalités, les religions et non-religions, et toutes les classes sociales peuvent vivre ensemble."

Q: Attirer la finance et en même temps, vouloir conserver des classes sociales populaires ou moyennes, n'est-ce pas incompatible ou difficile à concilier ?

R: "J'adore (le maire de Londres) Sadiq Khan, élu sur l'idée de faire revenir des classes moyennes et des catégories populaires à Londres. Il a vu aussi ce qu'était la conséquence d'une ville qui à la fin ne fonctionne plus que pour ceux qui vont très, très vite, et sont les hyper-ultra-gagnants de la mondialisation. Ceux-là, il nous les faut, et je les veux, mais pas tout seuls. Je les veux et, en même temps, je veux qu'ils aient cette conscience sociale et environnementale.

Paris doit d'abord se soucier des plus fragiles et notamment ceux qui peuvent avoir à un moment une difficulté dans la vie: vous perdez votre emploi, vous êtes seuls, vous n'avez plus les moyens de payer votre logement, (...) une personne en situation de handicap, les enfants, nos aînés ... Tous ceux-là doivent être pour nous une focalisation.

Une grande partie de nos politiques sont orientées vers ces personnes-là pour qu'elles restent dans la ville, parce que si elles ne restaient plus dans la ville ça ne serait plus Paris, ce serait la City. Et moi ce n'est pas mon modèle."

Q: Comment faire en sorte de ne pas avoir les mêmes difficultés que Londres, maintenir ou faire revenir les classes moyennes dans la capitale ?

R: "A Paris, il y a 80 % de classes moyennes et de catégorie populaires. Ce qu'on a fait sur le logement et logement social, même si ça ne règle pas tout et n'empêche pas d'avoir un prix sur le marché de 10.000 euros du mètre carré, a permis à 550.000 Parisiens de se loger dans ce parc social. Je veux poursuivre, avec comme objectif d'avoir 25% de logements sociaux et intermédiaires en 2025 et 30% d'ici 2030; intervenir sur le marché privé qui est trop spéculatif avec la société mixte dotée de fonds publics et privés pour loger des classes moyennes, à des loyers inférieurs à 20% environ du prix du marché privé. Paris est une ville mixte et je rentre volontairement par la question humaine. Pour moi l'écologie, c'est un humanisme, et ça ne peut pas être autre chose. Ce n'est pas juste de l'écologie pour un certain nombre qui peuvent se payer de l'alimentation bio, faire des rénovations énergétiques, avoir du plus haut de gamme technologique. C'est une ville dans laquelle chacune et chacun trouve sa place."

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