« Hollande et Sarkozy, honnêtement, on ne les voit pas lire Hegel. Soyons sérieux » tacle Brice Couturier
Invité de l’émission « On va plus loin », le journaliste Brice Couturier, est venu parler de son livre « Macron, un président philosophe » (éditions de l’Observatoire) où il explique que le président de la République, fonde sa politique sur de grands penseurs comme Hegel ou Ricoeur.

« Hollande et Sarkozy, honnêtement, on ne les voit pas lire Hegel. Soyons sérieux » tacle Brice Couturier

Invité de l’émission « On va plus loin », le journaliste Brice Couturier, est venu parler de son livre « Macron, un président philosophe » (éditions de l’Observatoire) où il explique que le président de la République, fonde sa politique sur de grands penseurs comme Hegel ou Ricoeur.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 « Président des riches ». C’est l’étiquette qui colle aux basques d’Emmanuel Macron, depuis son élection. « Président monarque » est celle qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux depuis le week-end dernier où le président de la République est allé fêter son anniversaire à Chambord. Pour le journaliste Brice Couturier, Emmanuel Macron est surtout le « président philosophe ». Gageons que cela plaise plus à l’intéressé. « Chez Hegel, il a trouvé la pensée de la rupture » explique le journaliste. « [C’est] l’idée que (…) quand on change d’époque, il faut savoir profiter des opportunités, si on veut jouer un rôle historique soi-même. Je pense que Macron est un personnage historique au sens hégélien du terme. C'est-à-dire que c’est quelqu’un qui saisit le moment où il y a un basculement, où un système politique arrive à sa fin (…) J’ai eu le sentiment que ses compétiteurs, ses concurrents sur cette scène politique, n’avaient pas saisi l’ampleur du changement en cours. Lui, il a été capable de le penser parce qu’il a été frotté d’hégélianisme » ajoute-t-il. « Hollande et Sarkozy, honnêtement, on ne les voit pas lire Hegel. Soyons sérieux, tout de même. C’était des gestionnaires au jour le jour » balance-t-il, vachard.  

 

Une politique sociale inspirée du prix Nobel Amartya Sen

Quant à la politique sociale de Macron, elle lui est inspirée du Nobel d’économie  indien Amartya Sen, selon le journaliste : « Ce qui compte c’est d’équiper les gens de « capabilities » [ou « liberté substantielle » NDLR] comme dit Sen, en amont. Faire en sorte que sur un marché du travail qui va être libéralisé, car Macron est un libéral, chacun puisse trouver l’opportunité de se réaliser soi-même (…) On est dans une société individualiste, on n’est pas dans une social-démocratie, comme autrefois où il s’agissait, en aval, quand c’est trop tard, quand les gens ont déjà échoué, d’essayer de faire en sorte qu’ils survivent. »

Interrogé sur les limites de cette philosophie appliquée à la politique, avec pour risque de trop s’affranchir d’un principe de réalité, Brice Couturier répond : « Bien entendu. Un des grands problèmes de quelqu’un qui a une armature intellectuelle aussi puissante que celle de Macron, c’est de faire rentrer les idées qu’il a, dans la pratique politique au quotidien (…) Je ne sais pas s’il va réussir car on n’est qu’au début du quinquennat mais je sais qu’il est conscient du problème (…) Pour l’instant, on ne peut pas se prononcer ».

 

Pour voir l'entretien de Brice Couturier, en intégralité :

OVPL : entretien avec Brice Couturier en intégralité
07:45

Partager cet article

Dans la même thématique

6min

Politique

Présidentielle : Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire du PS, désormais face à la difficile question du rassemblement à gauche

Avec plus de 66% des suffrages, Raphaël Glucksmann s’offre une victoire suffisamment large pour enclencher une dynamique de rassemblement au sein du PS, où sa candidature était loin de faire l’unanimité. En revanche, rassembler au-delà du pôle social-démocrate risque de s’avérer plus compliqué pour le fondateur de Place Publique.

Le

RG
4min

Politique

« Ce soir, la bataille de France commence » : après sa victoire à la primaire de la gauche, Raphaël Glucksmann assure que « rien » ne le « fera lâcher »

Après sa victoire écrasante à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann « mesure l’immense responsabilité que cela représente ». « Je suis aujourd’hui le candidat du Parti socialiste », soutient le leader de Place Publique, qui veut aussi être « le candidat de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française » et « le candidat qui pourra battre l’extrême droite ».

Le