Hollande: « La stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump »
"La stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump, puisque le cynisme, la vulgarité et l’égocentrisme sont les...

Hollande: « La stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump »

"La stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump, puisque le cynisme, la vulgarité et l’égocentrisme sont les...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

"La stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump, puisque le cynisme, la vulgarité et l’égocentrisme sont les ressorts de sa personnalité", a estimé mercredi François Hollande, au lendemain du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien.

"Il ne comprend que le rapport de force", ajoute l'ancien président français dans un entretien mis en ligne par le quotidien régional breton Le Télégramme.

Interrogé sur l'idée d'Emmanuel Macron d'élargir l'accord aux missiles balistiques, François Hollande dit "constater que Donald Trump n'en avait que faire et qu'elle a donc été inopérante". "Le chef de la Maison Blanche ne voulait pas améliorer l'accord, ni le compléter, mais le déchirer", observe-t-il encore.

"Ce qui est insupportable c'est que par cette décision unilatérale (de retrait de l'accord, ndlr), les entreprises continuant à commercer avec l'Iran ne pourront plus le faire en dollars aux États-Unis. Comment accepter un tel déséquilibre dans les échanges mondiaux?", interroge François Hollade, selon qui "il faut élever le niveau de notre opposition à cette asymétrie et notre refus des conséquences du rétablissement des sanctions en affirmant un principe de réciprocité par rapport aux intérêts américains en Europe".

L'ancien chef de l'État socialiste considère par ailleurs que le retrait des États-Unis de l'accord constitue "un acte unilatéral d'une extrême gravité", qui "peut conduire l'Iran à se délier de ses obligations en matière d'enrichissement d'uranium et provoquer ainsi une riposte israélienne".

Alors que l'accord sur le nucléaire iranien avait été signé en 2015 sous sa présidence, François Hollande rappelle que sa négociation "(avait) pris 12 ans" et que la France en avait été "partie prenante de façon extrêmement exigeante".

"La France, ses alliés européens et les autres signataires doivent préserver l'intégralité de l'accord et tel doit être maintenant notre premier objectif", exhorte encore M. Hollande, en appelant à "convaincre l'Iran que l'accord n'est pas mort au prétexte du retrait américain".

"Incontestablement, il y aura un avant et un après la décision du 8 mai. Les yeux se sont ouverts sur l'unilatéralisme absolu de Donald Trump depuis qu'il a rompu les accords sur le climat et désormais sur le nucléaire iranien", considère en outre celui qui a quitté l'Élysée il y a un an.

"Les Européens doivent en tirer les conclusions, notamment en renforçant l'Europe de la Défense et en rééquilibrant la relation transatlantique dans le cadre de l’Otan, dès lors que le président américain ne respecte aucun traité", poursuit-il, en notant qu'"il y a un défi à relever".

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Le Chambon-sur-Lignon, un legs pour l’Histoire » de Jérôme Lévy
5min

Politique

Les « docus de l’été » : « Face à la conspiration du mal, le bien peut vaincre » l’exemple de la commune du Chambon-sur-Lignon

Terre de refuge pour les protestants persécutés lors des guerres de religions, puis lieu d’accueil pour les républicains espagnols fuyant le régime de Franco et enfin village refuge pour les juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, la commune du Chambon-sur-Lignon et ses habitants ont dans leur histoire souvent aidé les personnes persécutées. En mémoire de cet engagement, il y a quelques années, un homme a fait du village son héritier. Mais qui était-il ? Pourquoi a-t-il fait ce legs ? Et qu’est-ce que cela nous dit que ceux qui ont lutté discrètement contre les nazis durant plusieurs années, c’est ce que raconte le documentaire "Le Chambon-sur-Lignon, un legs pour l'Histoire", de Jérôme Lévy diffusé cet été sur Public Sénat.

Le

MELUN:  Elections senatoriales
4min

Politique

Sénatoriales 2026 :  mode de scrutin, départements concernés, enjeux politiques...Tout comprendre des élections du 27 septembre en six questions 

Les sénatoriales sont les prochaines élections à se tenir en France. Tous les trois ans, le Sénat est renouvelé par moitié : ce sont ainsi 63 départements et une circonscription des Français de l’étranger qui sont concernés. La rédaction de Public Sénat fait le point sur le prochain renouvellement de la chambre haute.

Le

Hollande: « La stratégie de la séduction ne pouvait marcher sur Donald Trump »
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le