Hydroxychloroquine : Didier Raoult n’accepte pas la contradiction au Sénat

Hydroxychloroquine : Didier Raoult n’accepte pas la contradiction au Sénat

Auditionné par la commission d’enquête du Sénat sur le Covid, le professeur Didier Raoult a défendu une nouvelle fois l’usage de l'hydroxychloroquine. Une passe d’armes avec le sénateur Bernard Jomier a marqué l’audition. Il a rappelé que de nombreux pays ne recommandent pas ce médicament, ce qui a passablement énervé l’infectiologue marseillais.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’était l’une des auditions les plus attendues. Il est arrivé, entouré de journalistes. Le professeur Didier Raoult a été auditionné, ce mardi, par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de la crise du Covid-19 en France (lire notre article sur l'ensemble de l'audition). Une audition qui aurait dû se faire dans un cadre « contradictoire » avec une « table ronde », a rappelé René-Paul Savary, vice-président LR de la commission d’enquête. Mais l’infectiologue devenu star a refusé. Il voulait être seul. Il ne s’agissait pas de faire « un match de catch », mais de mettre en avant des « points de débats », a souligné le sénateur (apparenté PS) Bernard Jomier, co-rapporteur de la commission d’enquête.

« La liste des pays qui ne recommandent pas l'hydroxychloroquine est extrêmement longue » souligne le sénateur Bernard Jomier

Mais Didier Raoult accepte mal la contradiction, manifestement. L’audition en a apporté la preuve. Peut-être pas scientifique, mais le constat est là. Bernard Jomier a rappelé au chantre de l'hydroxychloroquine, molécule que le professeur de Marseille recommande et utilise depuis le début pour soigner du Covid, n’était pas recommandée par les autorités de nombreux pays. Mal lui en a pris.

« De nombreux pays, Etats-Unis, Japon, Allemagne, Chine, ne recommandent pas ce traitement. Il semblerait que la science a parlé. La liste des pays qui ne recommandent pas l'hydroxychloroquine est extrêmement longue. Ce n’est pas un jugement. (…) On constate que dans le monde entier, ce traitement n’est plus utilisé. Est-ce que ça signifie que le monde entier est aujourd’hui dans l’erreur ? » demande le sénateur de Paris, par ailleurs médecin généraliste encore actif.

Didier Raoult : « Je ne suis pas d’accord avec vous sur aucun des points »

« Je ne suis pas d’accord avec vous sur aucun des points » répond Didier Raoult, piqué au vif (voir la vidéo), « il y a 4,6 milliards de personnes qui vivent dans des pays où l'hydroxychloroquine est utilisée. (…) On ne peut pas dire ça à moi. Il y a des méta-analyses » lui lance le l’infectiologue, qui ajoute :

Vous émettez une opinion scientifique. Je ne suis pas d’accord. Que chacun fasse son métier et les vaches seront bien gardées.

Réponse du sénateur du groupe PS : « Je ne suis pas dans un débat d’opinion. Je suis rapporteur d’une commission d’enquête » recadre-t-il, avant de citer une liste encore plus longue de pays – Espagne, Canada, Corée du Sud, Suisse, Italie, Belgique, Portugal également – qui déconseillent la molécule. « Je réfute que vous transformiez ma question en opinion ».

Didier Raoult ne lâche rien et souligne qu’aux Etats-Unis, « Etat fédéral, il y a un tiers des Etats où l'hydroxychloroquine est recommandée, un tiers qui ne sait pas trop quoi faire et un tiers qui suit les recommandations » de l’autorité nationale. Pour lui, « les conflits sur l'hydroxychloroquine sont nombreux » dans le monde. Il renvoie le sénateur à sa dernière publication sur le sujet, qui appuie l’utilité de l’usage de la molécule. « Vous ne pouvez pas penser qu’avec la magie du Sénat, les gens seront d’accord à la fin. C’est le temps qui trie » soutient Didier Raoult. Reste que six mois après, on ne semble toujours pas sorti de ce débat.

Dans la même thématique

France Macron
10min

Politique

Européennes : comment l’accord entre l’UDI et Renaissance se « deale » au plus haut niveau

Ce sera officiel lors d’un conseil national de l’UDI, le 23 mars, mais le principe a été acté au plus au niveau. Le parti centriste va faire liste commune avec Renaissance pour les élections européennes. Emmanuel Macron a reçu en début d’année le sénateur Hervé Marseille, patron de l’UDI, pour conclure l’accord. Reste à définir les places sur la liste. Pour l’UDI, le nom de l’ex-sénatrice Valérie Létard est cité…

Le