« Il ne faut pas se faire d’illusions », prévient Mélenchon sur une rencontre avec Hamon

« Il ne faut pas se faire d’illusions », prévient Mélenchon sur une rencontre avec Hamon

Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon pourraient se rencontrer. Il ne sera sans doute pas question de ralliement, mais de discussions sur le programme, sur lesquelles pèseront tout le poids du quinquennat.
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Un deuxième ralliement vers Benoît Hamon ? « Faut pas y rêver, ça n’aura pas lieu », affirme Jean-Mélenchon au lendemain du désistement de Yannick Jadot en faveur de Benoît Hamon. « D’ailleurs personne ne le proposait, le premier qui a dit qu’il maintiendrait sa candidature jusqu’au bout, c’est Benoît Hamon, je le comprends et je respecte ça », rappelle-t-il.

Cette mise au point faite, Jean-Luc Mélenchon tient toute de même à faire preuve de « bonne volonté » envers Benoît Hamon. « Sinon, je crois que ce ne serait pas bien compris que l’on n’ait pas cette démarche », a-t-il expliqué ce vendredi, aux côtés du communiste Pierre Laurent, avec qui il a déjeuné.

Le ralliement « n’aura pas lieu », considère Jean-Luc Mélenchon
01:17

« Ce matin, j’étais content de voir que le fait que j’ai dit que la porte n’était pas fermée a été entendu », a déclaré le candidat de la France insoumise, après avoir proposé jeudi soir à Benoît Hamon une rencontre dimanche ou lundi, proposition que ce dernier a accepté « volontiers ».

« Nous ne cessons de multiplier les gestes de bonne volonté, on verra ce qu’il en fait », a ajouté le secrétaire national du Parti communiste français, en parlant du candidat socialiste.

« Il n’est pas n’importe quel personnage : il est le candidat du PS »

La porte que Jean-Luc Mélenchon voyait « claquée dimanche dernier » serait donc à nouveau ouverte, une semaine après des échanges douloureux à distance. « Je n’ai pas l’intention de m’accrocher à un corbillard », déclarait encore vendredi dernier Jean-Luc Mélenchon au sujet du parti socialiste. « Je ne courrai pas après Jean-Luc Mélenchon », répliquait à Lisbonne Benoît Hamon.

En tant qu’ « homme exigeant », Jean-Luc Mélenchon martèle qu’il faudra des « garanties » sur la table dans l’optique d’une rencontre avec le socialiste, mais qu’il se « faut pas se faire trop d’illusions ». « Il n’est pas n’importe quel personnage : il est le candidat du PS, qui est actuellement au gouvernement et qui est responsable de ce que nous venons de vivre pendant cinq ans. »

Son allié du PCF acquiesce : « notre boussole restera l’exigence d’un contenu qui garantisse véritablement une politique de changement ». Ces garanties, le sénateur les a énumérées ce vendredi matin dans Parlement Hebdo. Elles pourraient constituer l’ossature d’un « contrat de majorité ». Sur ce point, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent réclament de la clarté de la part du socialiste.

Pierre Laurent souhaite « un contrat de majorité » avec Benoît Hamon
02:57

« Il ne faut pas compter sur nous pour la carabistouille à cause de l’accord PS-Verts »

En une semaine, un nouveau paramètre est venu se greffer dans l’équation : le projet d’accord conclu jeudi entre Benoît Hamon et Yannick Jadot. Si Jean-Luc Mélenchon attend de pouvoir consulter la version officielle du texte, il prend néanmoins ses distances avec ce qu’il nomme « la carabistouille à la sauce de l’accord avec les Verts » : « nous, on n’est pas là-dedans ».

Jean-Luc Mélenchon : « La meilleure des garanties à mon avis, c'est moi »
02:19

« Nous sommes un peu soufflés par ce qui s’est passé hier : un accord signé dont personne n’a le texte, le candidat se retire avant même que l’on vote, tout cela commence à sentir à nouveau l’arrangement des familles. »

Sur le contenu de l’accord, Jean-Luc Mélenchon rappelle que le parti socialiste n’a pas « donné son avis » et émet quelques réserves sur l’accueil au sein d’EELV :

« Je suis un peu amusé, je ne suis pas sûr que tous les écolos trouvent ça génial. » Et cela semble être le cas, lisez notre article.

Si le rendez-vous, repoussé depuis plusieurs jours, se produit, Jean-Luc Mélenchon observe à qui profiterait une convergence :

« C’est eux qui ont perdu la moitié de leurs suffrages, donc c’est normal qu’ils essayent de se trouver une solution. Il ne faut pas compter sur nous pour faire l’appoint d’une force politique qui a du mal à remonter sur le cheval. »

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