Tout juste revenu d'Amérique du Sud, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a tenu jeudi un discours plus radical que jamais...
Il pourfend la justice et défend Ferrand: le virulent retour de Mélenchon
Tout juste revenu d'Amérique du Sud, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a tenu jeudi un discours plus radical que jamais...
Par Baptiste BECQUART
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Tout juste revenu d'Amérique du Sud, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a tenu jeudi un discours plus radical que jamais sur la justice et le pouvoir, tout en défendant Richard Ferrand, mis en examen.
Les conférences de presse de M. Mélenchon sont rares désormais, du moins en France. Et celle de jeudi à la maison de l'Amérique latine de Paris, initialement dédiée à son voyage sud-américain et aux persécutions judiciaires dont il s'estime victime comme l'ex-président brésilien Lula, a été parasitée par la mise en examen du président LREM de l'Assemblée nationale.
Il a donc fallu faire le lien, ce à quoi M. Mélenchon s'est attelé avec énergie. Il a d'abord consacré de longues minutes au "procès politique", selon lui, auquel le dirigeant de LFI est convoqué avec cinq proches, les 19 et 20 septembre à Bobigny, pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de LFI en octobre 2018.
"Je sais qu'il s'agit de me condamner, nous sommes convoqués à une condamnation publique!", a-t-il clamé, avertissant la ministre de la Justice, "Mme Belloubet, qui a décidé d'organiser un spectacle": "il lui en cuira politiquement".
Il a expliqué pourquoi les Insoumis, lui en premier lieu, ont tenté avec virulence d'accéder à la partie des locaux de LFI en train d'être perquisitionnés, il y a presque un an: "Nous voulions être présents pour empêcher qu'on nous vole notre fichier, car il est prouvé que les fichiers se retrouvent chez les journalistes."
"Je n'ai pas peur, ni des campagnes de presse, ni des policiers, ni des magistrats, vous pouvez me mettre en prison, me rendre inéligible, je n'ai pas peur!", s'est-il exclamé en regardant la presse avec défi.
Jean-Luc Mélenchon a aussi raconté le voyage quasi initiatique qu'il a entrepris en Amérique du Sud, couronné par une visite à Lula dans sa prison, dont il a fait le symbole des persécutions politiques.
"Lula m'a dit: + Ils (le pouvoir) ne savent plus quoi faire de moi+. Eh bien nous en sommes au même point: ils ne savent plus quoi faire de nous", a affirmé M. Mélenchon.
- Les juges, "des menteurs" -
Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon après avoir rendu visite en prison à l'ex-président brésilien Lula, le 5 septembre 2019 à Curitiba, au Brésil
AFP
Cela l'a conduit du même coup à défendre Richard Ferrand, avec lequel il ferraille pourtant à l'Assemblée nationale et qui est une des incarnations du pouvoir dont il condamne la "dérive autoritaire". "Peut-être qu'il y a un an, je vous aurais donné raison (à la question si M. Ferrand doit démissionner, ndlr). Maintenant, je sais que c'est des menteurs (les juges), peut-être que M. Richard Ferrand est tombé dans un piège", a-t-il assené.
"Il existe dans ce pays la présomption d'innocence", a-t-il souligné, estimant: "M. Ferrand va être mis au pilori pendant plusieurs jours", comme "Quasimodo": "les gens passent et lui jettent des pierres, là c'est pareil, un premier juge déclare un non-lieu, un autre le met en examen".
"Je ne crois personne, je ne crois pas les juges, (...) je n'ai pas confiance dans la justice", a ajouté l'Insoumis.
Pour autant, Lula, Mélenchon, Ferrand, même combat? Dire "+ils sont tous inculpés donc c'est tous les mêmes+, ça c'est le fascisme de bas étage", a-t-il dit. "Nous, nous faisons l'objet d'une procédure d'exception. Nous sommes les seuls à avoir été perquisitionnés et traînés en correctionnelle (...) sur une simple et unique initiative du parquet".
Au PS, son ancien pire ennemi, deux discours sont apparus jeudi. L'ancien Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis a tweeté: "Le procès de @JLMelenchon ne s’imposait pas: violence verbale pas physique. (...) La judiciarisation de la politique la décompose."
Mais un député socialiste s'est fait plus sévère auprès de journalistes: "Laisser penser que ce qui se passe correspondrait à un complot mondial qui viserait les Insoumis (...), ce serait exagéré".
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez était auditionné par la commission des lois du Sénat pour présenter les contours du projet de loi sur les polices municipales et gardes champêtres, largement inspiré des recommandations d’une mission d’information sur le sujet. Le texte, examiné en séance publique début février, donne des compétences élargies aux policiers municipaux qui pourront dresser des amendes forfaitaires délictuelles, pour certaines infractions comme l’usage de stupéfiants.
Alors que Sébastien Lecornu a finalement recours au 49.3 sur le budget, il devrait sauver sa tête grâce à la non-censure des socialistes, qui revendiquent une série de « victoires pour les Français », comme dit Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, même si les socialistes n’ont « pas tout obtenu, loin de là ». Reste à voir si le numéro 1 du PS, Olivier Faure, peut sortir également renforcé de la séquence.
Une délégation de sénateurs LR accompagnait ce mardi le cortège d’agriculteurs venus protester devant le Parlement européen à Strasbourg contre l’accord avec les pays du Mercosur, la veille d’un vote des eurodéputés d’une résolution ayant pour but de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne.
Sébastien Lecornu a annoncé hier le recours au 49-3 pour faire passer le budget à l’Assemblée nationale. Au Sénat, les élus pourraient accepter ne pas faire durer les débats, à condition que le gouvernement reprenne la copie sur les collectivités territoriales sortie de la Chambre haute en décembre.