Ile-de-France: vers la fin des Autolib’
Les Autolib' bientôt à la casse ? Le syndicat gestionnaire va proposer à la centaine de communes adhérentes au service d...

Ile-de-France: vers la fin des Autolib’

Les Autolib' bientôt à la casse ? Le syndicat gestionnaire va proposer à la centaine de communes adhérentes au service d...
Public Sénat

Par Sami ACEF

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les Autolib' bientôt à la casse ? Le syndicat gestionnaire va proposer à la centaine de communes adhérentes au service d'autopartage, dont Paris, de résilier le contrat passé avec le groupe Bolloré, en conflit ouvert avec la capitale, sur fond de grave déficit.

"Le groupe Bolloré ne nous a pas laissé le choix", a déploré vendredi dans un communiqué Catherine Baratti-Elbaz, présidente du Syndicat Autolib’ Métropole et maire PS du 12e arrondissement de Paris, invoquant la rupture "il y a un mois (de) la procédure de conciliation" par le groupe Bolloré, concessionnaire du service de voitures électriques.

Au coeur du litige, une réclamation déposée fin mai par l'industriel, qui demande aux collectivités adhérant au service dans la métropole, en particulier Paris, de lui verser 46 millions d'euros par an, pour éponger la dette d'exploitation du service lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë (PS), jusqu'à la fin du contrat en 2023.

Après des débuts prometteurs, ce dispositif, très novateur pour l'époque, fait désormais face à une révolution des façons de se déplacer, avec le vélo électrique, le VTC, la location de véhicules privés. Sans compter son image dégradée, avec des voitures souvent sales.

La dette est estimée par le groupe à 293,6 millions - une somme contestée par la Ville - mais qu'il est contractuellement obligé de donner de sa poche 60 millions d'euros.

"Les communes de la métropole ne verseront pas les 233 millions d’euros que le groupe Bolloré exige", a rétorqué Mme Baratti-Elbaz, qualifiant ces sommes d'"astronomiques" et jugeant qu'elles mettraient "en péril l’équilibre budgétaire des communes".

Le Conseil syndical, qui fédère la centaine de communes adhérentes d’Autolib' se prononcera par vote le 21 juin sur la résiliation du contrat.

"Selon les premières estimations réalisées par le syndicat, le coût de cette résiliation pour les communes sera de plusieurs dizaines de millions d’euros, soit un coût considérablement inférieur aux 233M€ exigés par le groupe Bolloré", assure la présidente du Syndicat.

Le groupe Bolloré, qui a "pris acte" en début de soirée de cette éventuelle résiliation, estime de son côté qu'elle coûterait quelque 300 millions d'euros aux collectivités.

- Quelle solution de remplacement ? -

La Mairie, qui doit déjà faire face à la crise du Vélib depuis le début de l'année, avait fait l'objet d'un feu nourri de l'opposition LR au Conseil, dénonçant sa "gestion hasardeuse", et estimant que "les services rendus ne sont pas à la hauteur de la capitale de la France".

"Après le fiasco Velib, le fiasco Autolib", avait également ironisé la conseillère LFI Danièle Simonnet.

Autolib' a été en son temps "une belle invention, avec une vision révolutionnaire qui a offert et offre un service apprécié aux Parisiens et métropolitains" mais qui devient désormais "un peu moins séduisant", avait déclaré la maire de Paris Anne Hidalgo, qualifiant alors d'"abracadabrantesque" la somme demandée par le groupe Bolloré.

Anne Hidalgo avait déjà réuni lundi après-midi des constructeurs automobiles pour discuter d'alternatives à Autolib' comme "Renault, PSA, BMW, Volkswagen, Daimler, Drivy, Ubeeqo, Zipcar, Citiz, Communauto, Car2Go, Vulog, Zencarz, Sixt, Hertz et Clem’", selon la Ville.

"Il ne s’agira pas de remplacer Autolib’ par un seul acteur, mais par plusieurs qui proposeront des solutions complémentaires", précise le communiqué, citant en exemples "des trajets intramuros", des trajets vers et depuis la petite couronne, mais aussi des locations longue durée pour "partir en week-end".

Les premières "solutions" seront "initiées avant la fin de l'année" selon Mme Baratti-Elbaz.

Le groupe PCF/Front de gauche du Conseil de Paris s'est félicité que "la Ville de Paris ne cède pas au chantage de Bolloré". "Désormais, avant de se lancer tête baissée dans de nouveaux projets alternatifs, prenons le temps de la réflexion" et "de la concertation", a fait valoir le groupe UDI/MoDem.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le