Immigration: Castaner relance le débat sur des quotas
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a relancé dimanche le débat sur l'épineux sujet des quotas d'immigration, juste...

Immigration: Castaner relance le débat sur des quotas

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a relancé dimanche le débat sur l'épineux sujet des quotas d'immigration, juste...
Public Sénat

Par Ingrid BAZINET

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a relancé dimanche le débat sur l'épineux sujet des quotas d'immigration, juste après l'annonce par Edouard Philippe d'un débat annuel sur ce sujet, dont le premier est prévu en septembre.

Le ministère de l'Intérieur prend soin de réfuter l'idée d'instaurer des quotas pour les demandeurs d'asile mais n'exclut pas que la question soit posée pour "d'autres modes d'immigration légale", dans une interview au Journal du Dimanche.

"En matière d’asile, les quotas sont contraires à nos engagements internationaux – et à mon éthique personnelle. Toute demande d’asile doit être examinée, ce qui ne veut pas dire acceptée", déclare Christophe Castaner.

"Mais la question des quotas pourra être posée dans le cadre du débat pour d’autres modes d’immigration légale", nuance-t-il ensuite, sans préciser quel type d'immigration pourrait être concerné (familiale, économique, étudiante...).

"Sur l'immigration économique, nous aurons ce débat" au parlement concernant les quotas, a abondé dimanche sur France 3 le patron des députés du parti présidentiel LREM Gilles Le Gendre.

Des discussions qui s'inscriront dans le débat annuel au parlement sur la politique d'asile et d'immigration annoncé mercredi par le Premier ministre Edouard Philippe dans son discours de politique générale.

- "Objectifs annuels" -

En janvier, le chef de l'Etat Emmanuel Macron avait, dans sa Lettre aux Français, évoqué l'idée d'"objectifs annuels" migratoires qui pourraient être fixés par le Parlement. Sans toutefois évoquer le terme de quotas défendus par Les Républicains, une droite à laquelle la majorité multiplie les appels du pieds.

En revanche, le Rassemblement national, qui lorgne également les voix de LR après la débâcle de ce parti aux européennes, y est fermement opposé.

"C'est un moyen d'endormir les électeurs". "C'est le marronnier de la vie politique, les quotas. Je crois que Nicolas Sarkozy nous avait déjà fait ce coup-là pour essayer de faire passer la pilule d'une immigration légale de plus en plus importante", a ironisé la chef du RN Marine Le Pen, à l'issue du Conseil national (parlement) de son parti à La Rochelle.

"Notre problème en France est l'immigration illégale", a-t-elle estimé, affirmant que "le premier vecteur d'immigration illégale c'est le tourisme" permettant selon elle à des migrants d'entrer en France avec un visa de touriste pour ensuite y rester de façon illégale.

Signe que le sujet fait débat, le maire de Béziers dans l'Hérault, Robert Ménard, élu avec le soutien du Front national (devenu RN), a lui estimé qu'il s'agissait "d'une bonne idée".

"Est-ce que cela suffit à limiter l'immigration de masse, je n'en suis pas sûr mais tout ce qui la limite, j'y suis évidemment favorable", a-t-il déclaré sur BMFTV.

Dans son interview au JDD, M. Castaner rappelle qu'un rapport sur les quotas rédigé en 2009 par Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, avait "conduit à écarter cette idée".

La "commission Mazeaud sur les quotas d'immigration" en France, qui avait été initiée par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, avait jugé ces quotas "inefficaces", "irréalisables ou sans intérêts". Elle avait aussi estimé que ce mécanisme était synonyme de "fixation unilatérale et opportuniste de contingents d'entrée".

"Veillons aussi à ce que le débat sur l’immigration ne se focalise pas que sur le nombre d’immigrés : parlons aussi de la qualité de l’intégration, c’est prioritaire", insiste également Christophe Castaner dans le JDD.

Il n'estime cependant pas nécessaire une nouvelle loi sur l'immigration. "Il faut utiliser tous les outils dont nous disposons. Par exemple, notre objectif était d’instruire les demandes d’asile en six mois au maximum. Nous n’y sommes pas encore", dit-il.

"Il y a un autre sujet qui passe par des solutions très largement européennes", a ajouté M. Le Gendre, soulignant qu'il y avait "plutôt un ralentissement des entrées en Europe mais une accélération des entrées en France", y voyant "un problème de régulation avec nos partenaires européens".

Partager cet article

Dans la même thématique

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le

Immigration: Castaner relance le débat sur des quotas
4min

Politique

Dette : « Nous approchons à grand pas d’un accident financier majeur », alerte Bruno Le Maire

Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien ministre de l’Economie a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière de la France. Bruno Le Maire met sur la table plusieurs mesures d’économies sur les retraités et les fonctionnaires - tout en proposant une réforme institutionnelle profonde de la procédure budgétaire, réduisant notamment le droit d’amendement des parlementaires.

Le