Impôt des grandes sociétés : échec de la CMP après la décision du Sénat de supprimer la surtaxe
Députés et sénateurs ont constaté l’impossibilité de trouver un accord lors d’une commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances rectificative. Le Sénat a décidé jeudi soir de supprimer la surtaxe de 10 milliards d’euros sur les grandes entreprises, décidée par le gouvernement.

Impôt des grandes sociétés : échec de la CMP après la décision du Sénat de supprimer la surtaxe

Députés et sénateurs ont constaté l’impossibilité de trouver un accord lors d’une commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances rectificative. Le Sénat a décidé jeudi soir de supprimer la surtaxe de 10 milliards d’euros sur les grandes entreprises, décidée par le gouvernement.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Moins de 10 minutes. Il n’a pas fallu beaucoup de temps aux députés et sénateurs pour constater leur désaccord vendredi matin, lors de la commission mixte paritaire – qui rassemble 7 députés et 7 sénateurs – sur le projet de loi de finances rectificative prévoyant une surtaxe exceptionnelle sur les grandes sociétés.

« Nous avons fait un constat de désaccord, le Sénat n'acceptant pas » l'article 1 du projet de loi qui définit le dispositif prévu en urgence par le gouvernement, a annoncé à l’AFP le président PS de la commission des Finances du Sénat, Vincent Eblé. Désaccord annoncé aussi sur Twitter par le sénateur LREM Julien Bargeton.

Pas vraiment une surprise. Jeudi soir, les sénateurs ont carrément rejeté la surtaxe. Ils sont en réalité allés plus loin que le rapporteur général de la commission des finances, le sénateur LR Alberic de Montgolfier. Lui ne voulait que diminuer de moitié la surtaxe. Mais les sénateurs LR ont décidé de tout simplement supprimer l’article qui autorise la surtaxe, au nom de la défense des entreprises.

Bruno Le Maire : « Dans le fond, vous proposez de ne pas respecter les engagements européens »

« Dans le fond, vous proposez de ne pas respecter les engagements européens. Je veux juste que chacun, au moment de voter, ait conscience que cela mettra le déficit en 2017 au-dessus de 3%, (…) au moins à 3,1% » a mis en garde le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, jeudi soir. « Il faut que les Français qui nous regardent sachent que vous êtes prêts, ce soir, à prendre le risque que la France ne respecte pas ses engagements européens » a-t-il ajouté (voir la vidéo).

Mais pour Philippe Dominati, qui a pris la parole pour le groupe LR, « Bercy a ressorti ses vieilles recettes ». Pire, à ses yeux, il s’agit d’une « mesure de nature socialiste »... « Le gouvernement fait semblant d'écouter le monde économique » estime le sénateur de Paris.

Dernier mot à l’Assemblée

Cette surtaxe de 10 milliards d’euros a été décidée suite à la censure par le Conseil constitutionnel, début octobre, de la taxe sur les dividendes. Le texte prévoit qu'au lieu du taux normal de 33,3%, les bénéfices des 320 plus grands groupes, réalisant plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, seront taxés à 38,3%, et même à 43,3% pour ceux dont l'activité dépassera 3 milliards d'euros cette année.

Le texte devra à nouveau être examiné en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale lundi, puis au Sénat mardi, avant une lecture définitive dans la semaine devant les députés, qui auront le dernier mot et adopteront la mesure du gouvernement.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Assemblee nationale questions au gouvernement
4min

Politique

Après avoir fracturé le camp présidentiel, le projet de loi d’urgence agricole revient au Sénat : le sort de Monique Barbut en suspens

Après un vote tumultueux à l’Assemblée nationale, qui a vu les soutiens du gouvernement se fracturer autour de la question des pesticides, le projet de loi d’urgence agricole est soumis à un dernier vote du Sénat ce mardi. Son adoption définitive pourrait pousser la ministre de la Transition écologique vers la sortie.

Le

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le