Jeune loup du gouvernement issu de la droite, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin se retrouve en première ligne sur le prélèvement à...
Impôts: Gérald Darmanin, ministre chargé de convaincre un président indécis
Jeune loup du gouvernement issu de la droite, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin se retrouve en première ligne sur le prélèvement à...
Par Boris CAMBRELENG
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Jeune loup du gouvernement issu de la droite, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin se retrouve en première ligne sur le prélèvement à la source, qu'il défend ardemment face à un président en proie au doute.
En déplacement à Pau (Pyrénées atlantiques) jeudi après-midi, M. Darmanin diffusait sur son compte Twitter un message où on le voit "avec les agents qui répondent tous les jours à vos questions sur le prélèvement à la source".
Juste avant, Emmanuel Macron laissait transparaître son hésitation face à ce bouleversement fiscal déjà reporté une fois d'un an, déclarant avoir "besoin d'une série de réponses très précises" avant sa mise en place prévue au 1er janvier.
Alors que le budget 2019 prévoit une progression des retraites et de certaines prestations sociales plus faibles que l'inflation, le prélèvement de l'impôt directement sur la feuille de paie fin janvier risque de mal passer dans l'opinion.
Mais Gérald Darmanin souligne que "les tests effectués montrent l'efficacité du dispositif" ainsi que l'effet positif de la réforme sur la trésorerie des contribuables déjà mensualisés. Seul un ajustement technique pour les 250.000 employés à domicile est encore à l'étude, selon Bercy.
- Pas de dissension -
Le ministre et ses équipes continuent à travailler d'arrache-pied pour une mise en oeuvre du dispositif au 1er janvier.
Concernant un éventuel abandon du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu au profit d'un système de mensualisation obligatoire, évoqué notamment par Le Figaro vendredi, "il ne circule pas dans les notes cachetées entre l'administration fiscale, le ministère et Matignon. C'est de la fiction", selon Bercy.
"Il y a l'engagement personnel du ministre, une trentaine de déplacements depuis avril sur le thème du prélèvement à la source, autant d'interviews dans la presse régionale, et plus encore dans la presse nationale pour expliquer et faire la pédagogie de la réforme", explique-t-on au ministère.
"Appuyer sur le frein quand on vous demande d'être à la bonne vitesse, ce serait profondément contre-intuitif", selon la même source.
Le gouvernement a démenti vendredi toute dissension entre le chef de l'Etat et le ministre. "c'est simplement que les gens se parlent et discutent", a fait valoir son porte-parole, Benjamin Griveaux.
Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, à l'Elysée, le 12 juin 2018.
AFP
Il a assuré ne pas douter que "dans les quinze jours qui viennent Gérald Darmanin apportera les réponses précises, documentées, sur ce sujet, qui est important".
La porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale, Aurore Bergé, a quant à elle assuré que le prélèvement à la source "se fera" et que "sur la question de la date de janvier 2019, on se laisse 15 jours pour savoir exactement la date d'entrée en vigueur".
- Apprécié de Sarkozy -
L’enthousiasme de M. Darmanin pour la réforme ne relève pas de la "fébrilité" mais "au contraire d'une forme de pragmatisme" qui procède de son expérience d'élu local en tant que maire de Tourcoing (Nord) depuis 2014, d'après l'entourage du ministre.
Avec le ministre de l'Economie et des finances, Bruno Le Maire, M. Darmanin a constitué la deuxième prise d'Emmanuel Macron à l'UMP après sa victoire.
Ce proche de Xavier Bertrand est élu député du Nord en 2012, quitte son mandat en décembre 2015 et devient conseiller régional des Hauts-de-France, précisément lorsque M. Bertrand remporte la région dans un rude combat face au FN.
En 2016, il est coordinateur de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite, à l'issue de laquelle l'ex-chef de l’État se fait balayer au premier tour.
Celui-ci dit de M. Darmanin, nouveau poids lourd du gouvernement, qu'il est un "grand talent".
Début 2018, l'image du ministre, divorcé et sans enfant, a été ternie par deux démêlés judiciaires avec des femmes.
Dans le premier cas, une plainte pour viol a été classée sans suite et un juge a ordonné un non-lieu après une seconde plainte.
Dans le deuxième cas, une enquête préliminaire pour "abus de faiblesse" aprés la plainte d'une femme qui affirmait s'être "sentie obligée" d'avoir des relations sexuelles avec lui pour obtenir un logement et un emploi, a également été classée sans suite.
Gérald Darmanin de son côté a porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre ses deux accusatrices.
Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».
Face à la multiplication des feux en France, en particulier en Gironde et dans les Landes, le président de la République Emmanuel Macron a demandé l’activation du mécanisme de protection civile européen hier soir. Déjà utilisé par le passé à Mayotte ou en Ukraine, ce dispositif permet « de proposer une réponse d’urgence » face aux incendies sur le sol européen.
Le ministre de l’Intérieur a fait un point de situation, ce vendredi matin, sur « le plus feu gros de la saison » qui menace dangereusement le Cap-Ferret, en Gironde. « Le feu n’est pas maitrisé et continue de progresser », alerte Laurent Nuñez. Au total, 50 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année, « quasiment trois fois » plus que l’an dernier.
Le Conseil constitutionnel a censuré plusieurs dispositions de la loi sur la justice criminelle portée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, dont le recours à la généalogie génétique dans les enquêtes judiciaires, tout en validant l’essentiel de la réforme, selon une décision publiée jeudi.